Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Maurice Ohana
Canat de Chizy Edith ; Porcile François
FAYARD
31,85 €
Épuisé
EAN :9782213624372
Pianiste au talent salué par André Gide qui lui demande de collaborer à ses Notes sur Chopin (1948), Maurice Ohana (1913-1992) n'aborde la composition qu'à la trentaine, au bout des cinq années de la Seconde Guerre mondiale passées sous uniforme britannique, de Madagascar jusqu'à Rome où il termine sa formation musicale avec Alfredo Casella. Il s'impose d'entrée de jeu avec un oratorio sur un poème de Federico Garcia Lorca, Llanto por Ignacio Sanchez Mejias (1950), considéré par Alejo Carpentier comme une révélation. Ce premier chef-d'oeuvre affirme une démarche singulière, en marge des courants dominants et antagonistes de l'époque (néoclassicisme et sérialisme), une volonté d'indépendance qui sera la règle pour toute l'oeuvre à venir de son auteur, au risque d'être ignoré ou rejeté par les tenants de ces esthétiques. Cette liberté périlleuse vaut aujourd'hui à Ohana, une douzaine d'années après sa disparition, l'admiration des jeunes générations de musiciens. Ses Préludes et Etudes pour piano sont aujourd'hui estimés à l'égal de ceux de Chopin et Debussy. Mais il fut, de son vivant, un "méconnu célèbre", pourtant sollicité et servi par les plus grands interprètes du moment: Ataulfo Argenta, Eric Ericson, Kent Nagano, Mstislav Rostropovitch, Bruno Maderna, Maurice Béjart, les Percussions de Strasbourg, Seiji Ozawa, Narciso Yepes... Il se définissait lui-même comme un "moderne archaïque", cherchant à retrouver les origines les plus lointaines de l'expression musicale, comme il aimait brasser dans un même "haut fourneau" musiques populaires et savantes, arabo-andalouses, afro-américaines et afro-cubaines, pour offrir cette spécificité musicale inimitable et reconnaissable entre mille: le "son Ohana". Biographie de l'auteur Compositeur, Edith Canat de Chizy a étudié avec Ivo Malec et Maurice Ohana. Son catalogue comporte à ce jour une quarantaine d'oeuvres, distinguées par de nombreuses récompenses, dont le Grand Prix Salem de la musique symphonique en 2004. Elle a été élue en janvier 2005 à l'Académie des beaux-arts. Réalisateur de films, conseiller musical de divers cinéastes dont François Truffaut, auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux rapports de la musique et du cinéma, François Porcile a publié chez Fayard La Belle Epoque de la musique française (1871-1940) et Les Conflits de la musique française (1940-1965). Ce dernier essai a été primé par le Syndicat de la Critique et l'Académie Charles Cros.
Carvalho de Magalhães Roberto ; Canal Denis-Armand
Un passionnant voyage dans le temps à la recherche de nos ancêtres, depuis la naissance de l'espèce humaine et nos lointaines origines africaines jusqu'à la création des villes et l'invention de l'écriture. C'est ce que nous propose l'album consacré à la préhistoire, dans cette série documentaire, destinée aux 9-14 ans qui présente une richesse iconographique exceptionnelle et des explications simples pour aborder les grandes civilisations. Dix thèmes passionnants à explorer : - L'invention des outils - La chasse et la cueillette - Les sépultures et les croyances - L'art et l'artisanat - Les premiers habitats - La naissance de l'agriculture - Du village à la ville - L'architecture de pierre - Les animaux de la préhistoire - La datation du passé
Le raffinement de la culture japonaise est parfaitement incarné par les estampes. Produites en masse au cours de la période Edo (1615-1868) ? très faste sur le plan culturel ?, elles étaient destinées à un public populaire. Elles ont connu une vogue fertile en Europe, notamment auprès des peintres français qui se sont largement inspirés de leur style comme de leurs motifs. Les célèbres ukiyo-e, ces " images du Monde flottant ", une référence aux quartiers de plaisir et de détente des grandes villes japonaises, ont en effet souvent pris pour modèles les prostituées et les acteurs de kabuki. Les estampes jouaient alors un peu le rôle des magazines populaires d'aujourd'hui, offrant à un large public des images de gens beaux et célèbres. Toutefois, les estampes ont aussi reproduit les merveilles de la nature (oiseaux, insectes, fleurs), les paysages si typiquement japonais ? on pense à la célèbre Vague d'Hokusaï ou à ses Vues du mont Fuji, ou encore les mythes et légendes. La vie quotidienne (jeux d'enfants, scènes de bains, pêche, etc.) n'est pas absente non plus.
Indiens d'Amérique du Sud ou d'Amérique du Nord, Dogons, Roms... autant d'évocations de peuples dont la richesse demeure dans la préservation de leur identité profonde. De ces hommes, la poète puise une vibration, lance une passerelle en un dialogue imaginaire, comme celui qui s'établit avec les morts, dans la tradition chamanique. Être ici, parfois dans le froid d'un manque de chaleur, et pouvoir se relier à d'autres présences, plus lointaines, en marge de notre monde occidentalisé, n'est-ce pas la capacité, par un état de vacuité intérieure, à être à l'écoute des signaux dont notre corps et notre esprit sont les récepteurs ? La poésie participe de cette forme d'attention aux messages de l'invisible. Le poème est ici épuré, presque «nu», dans le souci d'être au plus près de la juste perception, de la juste présence. Comme ces Indiens dont la peau luit au soleil, vibrant aux manifestations de la nature.
La Revue Blanche, dont l'aventure n'a guère duré plus de dix ans, a joué en France un rôle-charnière essentiel. La plupart des écrivains, peintres, musiciens, hommes politiques, intellectuels les plus marquants de la fin du XIXe et du début du XXe siècle y ont collaboré ou l'ont côtoyée. Créée, financée et dirigée par les trois frères Natanson, jeunes Juifs polonais, avec la complicité enthousiaste de leurs condisciples du Lycée Condorcet, la Revue Blanche devient vite un lieu de débat sur tous les sujets qui agitent la France. Elle mène des combats politiques sous l'impulsion d'anarchistes comme Fénéon, Mirbeau ; de socialistes, tels Blum, G. Moch, Péguy ; de dreyfusards et de fondateurs de la Ligue des droits de l'homme, comme Reinach et Pressensé. En témoignent ses campagnes dénonçant le génocide arménien, les dérives coloniales, la barbarie des interventions, européenne en Chine, anglaise en Afrique du Sud, et la diffusion des pamphlets de Tolstoï, Thoreau, Nietzsche, Stirner... Elle promeut les peintres Nabis, les Néo-impressionnistes et l'Art nouveau, anticipe le fauvisme, le futurisme et les arts premiers. Toulouse-Lautrec, Bonnard, Vuillard, Vallotton, Hermann-Paul, Cappiello illustrent les articles de la revue et les ouvrages publiés par ses Editions. Après avoir soutenu fidèlement Mallarmé, la Revue Blanche accueille Proust, Gide, Claudel, Jary, Apollinaire qui y débutent, tandis qu'elle édite une nouvelle traduction des Mille et une nuits et Quo Vadis, le premier best-seller du siècle. Elle salue l'innovation dramatique avec Antoine et Lugné-Poe, Ibsen, Strindberg et Tchékhov, sans oublier le triomphe de l'école française de musique avec Debussy. Humour et esprit de fête, liberté, engagement et créativité, pacifisme, laïcité, mondialisation sont les valeurs promues par cette génération emportée dans le sillage de la Revue Blanche. Cet ouvrage illustré et nourri de nombreuses citations décrypte l'histoire de cette avant-garde, nous familiarise avec ses membres, ses réseaux, ses utopies et ses réalisations. Il donne la mesure de l'étape majeure alors franchie par la société française vers le modèle culturel et politique qui est le sien aujourd'hui. . . Paul-Henri Bourrelier ; ingénieur général au corps des mines a dirigé plusieurs établissements publics. Chargé d'inspections aux ministères de l'industrie et de l'Ecologie et de missions de coopération internationales, il anime actuellement l'Association Française pour la prévention des catastrophes naturelles, et un programme d'économie d'énergies en Chine. Il a également fait des communications sur Mirbeau, Lorrain et l'affaire Dreyfus.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Le commissaire Gradenne prend froid dans l?hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine?Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d?une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts!Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d?un Poulsard?? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d?âge sans beaucoup d?affinage à la PJ, mais avec du? nez, avisé et goûteux!
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--