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L'Officine des sens. Une anthropologie baroque
Camporesi Piero
HACHETTE LITT.
27,50 €
Épuisé
EAN :9782010133091
De quel mystère diabolique le fromage est-il le coeur ? La pomme symbolise-t-elle la volupté charnelle ou la perfection ? Combien d'années peut-on vivre en se nourrissant exclusivement de racines ? Que découvre-t-on dans les abysses et les recoins des corps livrés à la dissection ? Sous ces questions en apparence hétéroclites, se dessinent peu à peu les contours d'une anthropologie à l'âge baroque. A peu près aveugle à la science naissante, peu soucieuse en tout cas de s'y confronter, elle s'organise à travers des catégories duelles qui laissent le champ libre à l'imaginaire débridé du temps : le haut et le bas, le bon et le mauvais, le pourri et le sain, le puant et le parfumé. Piero Camporesi retrace le cercle de cette anthropologie - comme il le fait de la théologie dans l'Enfer et le Fantasme de l'hostie (Hachette, 1989) -, explorant successivement les grandes questions que l'imagination baroque a privilégiées : l'alimentation, et donc la diète, la dissection, la terre... Dans un style flamboyant, commentant des textes qu'il excelle à exhumer, l'historien italien fait revivre sous nos yeux une culture disparue, mais non pas morte. Piero Camporesi est professeur de littérature italienne à l'université de Bologne. Historique, spécialisée dans la culture populaire ou l'art culinaire et pratiquant l'exégèse de texte enfouis mais sublimes, son oeuvre, déjà partiellement traduite en français (La Chair impassible, Le Pain sauvage), connaît un rayonnement croissant. Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher.
Comment stimuler les w ardentes impulsions de la chair » ou au contraire a atténuer les appétits désordonnés de Vénus »? De la Renaissance à l'âge baroque, le savoir diététique et la science thérapeutique se préoccupaient de ce double problème. Mille et une recettes furent mises au point par les médecins et alchimistes de l'époque (essences et élixirs mystérieux, mets savants et régimes draconiens), censées pimenter les nuits de leurs contemporains. Rien n'égalait, par exemple, les vertus aphrodisiaques de la cervelle de passereau... Erudit, mais drolatique, ce livre se savoure comme un fruit défendu. Il retrace l'histoire d'un préjugé et d'une illusion populaires, dont on prend soin, aujourd'hui, d'ignorer les avatars et les résurgences. En plongeant dans les doctes traités sur le bon usage du capital séminal ou dans les légendes les plus invraisemblables, il restitue un monde où chacun avait la sagesse de chercher à "suivre sa nature".
Tel un voyageur gastronome, Piero Camporesi nous entraîne à travers le paysage sensuel de la cuisine des Lumières. Le raffinement des sociétés galantes s'incarne dans ce goût du chocolat, auquel on prête les vertus les plus fantaisistes. Ce chapitre de l'histoire des mentalités jette un regard friand sur les arts de la table et les nouvelles pratiques culinaires de l'Europe au XVIIIe siècle. L'exotisme et la légèreté succèdent à la barbarie des tablées graisseuses afin d'exalter la finesse des corps. Une promenade gourmande au coeur de ce nouveau siècle.
Le temps du Front populaire, en France, c'est une période de 1000 jours... 1000 jours d'un combat incessant opposant dans la rue, à l'usine, au bureau, les militants luttant pour "le pain, la paix, la liberté", aux nostalgiques du 6 février, dont certains déjà regardent avec envie du côté de l'Allemagne et de l'Italie. 1000 jours exaltants, dominés par l'explosion sociale de juin 1936, le vote d'un ensemble de réformes sans précédent dans l'histoire de la France, la conquête du droit aux loisirs et les étapes d'une véritable révolution culturelle. Mais 1000 jours décevants aussi — et parfois angoissants — marqués par le drame espagnol, le suicide de Roger Salengro, la fusillade de Clichy, les crimes et les provocations de "La Cagoule", l'action conjuguée de toutes les forces hostiles et la victoire, finalement, de la plus puissante d'entre elles : l'argent. Soucieux de respecter la règle du jeu de cette Collection, Henri Noguères a résisté à la tentation d'écrire une histoire du Front populaire pour s'efforcer de faire revivre, dans ses multiples aspects, la vie et les préoccupations quotidiennes des Français au cours de cette période si actuelle sur tant de points.
Tout a-t-il été dit sur "le mystère Lawrence" ? Depuis sa mort, en 1935, le héros de l'aventure arabe s'avance masqué. De nombreuses zones d'ombres subsistent. Est-il vraiment le seul, le vrai vainqueur du désert, le libérateur de Damas ? A-t-il subi, inventé ou enjolivé le supplice commis par les Turc : flagellation cruelle suivie de viol collectif ? Pourquoi, au faîte des honneurs et de la gloire, a-t-il choisi de terminer les douze dernières années de sa vie comme simple soldat, dans des circonstances dégradantes ? Pour expier - mais quoi ? Par volonté de mortification et d'humiliation - mais pourquoi ? Dans quelles conditions est-il mort : accident, attentat, suicide ? Explorant toutes les sources inédites disponibles à ce jour, Monteil restitue dans leurs ambivalences les plus troublantes - homosexualité, masochisme, mythomanie... - les différentes facettes d'une personnalité complexe trop souvent perçue de manière univoque à travers le film à grand spectacle de David Lean (1963). La statue n'en est pas déboulonnée : elle y trouve une profondeur de chair et de sang. Auteur d'une trentaine d'ouvrages sur la culture et la civilisation arabo-musulmanes, Vincent-Mansour Monteil est un familier de l'Orient, que ses expériences au Sahara occidental et au Maroc avaient fait surnommer le "Lawrence d'Arabie français". C'est dire que la biographie qu'il consacre aujourd'hui à l'illustre Colonel Lawrence n'est pas dénuée d'élans affectifs et passionnés...
Si l'on se souvient que le ministère de la Santé a été créé en 1930 seulement et qu'à l'origine les hôpitaux servaient davantage à exécuter des mesures de police qu'à assister les indigents, on voit se dessiner une vie quotidienne des hôpitaux au XIXe siècle qui n'a guère de rapport avec celle que nous leur connaissons aujourd'hui. Etrange siècle qui débute par l'entassement des malades dans les salles communes, au mépris de l'hygiène la plus élémentaire, et se termine par les découvertes de Pasteur. Car c'est dans les hôpitaux du siècle dernier que s'opère la grande révolution médicale, non sans soubresauts, et il reviendra aux nouveaux médecins, et plus encore aux nouveaux chirurgiens, de transformer ces lieux de charité en laboratoires modernes de la science. Parallèlement, l'hôpital va assurer de plus en plus la fonction d'enseignement de la médecine et, grâce à la création des concours d'internat et d'externat, garantir aux malades la compétence de leurs médecins. Juristes, anciens élèves de l'Ecole nationale de la Santé publique, Serge Borsa et Claude-René Michel appartiennent l'un et l'autre à l'administration hospitalière de la région marseillaise, ce qui leur a permis d'accéder à de nombreuses archives jusque-là inexploitées.
De 1840 à 1940, l'Eglise a multiplié les efforts pour conquérir, ou reconquérir, un milieu social qui lui échappait. Pierre Pierrard montre pourquoi en partant d'une série d'interrogations fondamentales. De quelle Eglise s'agit-il ? De quels ouvriers ? Pour quelle société? Il part d'une constatation : l'indifférence envers la religion du monde ouvrier. Pour y pallier, les politiques les plus contradictoires se succéderont, de l'amorce d'un socialisme chrétien aux patronages contre-révolutionnaires, de l'Ordre moral à l'encyclique Rerum Novarum. Ce siècle, marqué par une formidable mutation technologique et sociologique et secoué par deux guerres mondiales, suscite une nouvelle réflexion des chrétiens sur les problèmes économiques, sociaux et missionnaires. Avec lucidité et scrupule, Pierre Pierrard en décrit, pour la première fois, la genèse.