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Ecrire pour inventer. A partir des travaux de Jean Ricardou
Calle-Gruber Mireille ; Tronchet Gilles ; Avelot M
HERMANN
37,60 €
Épuisé
EAN :9791037003928
La diversité des travaux de Jean Ricardou et leur fondamentale unité se résument en un principe : une infatigable pratique de l'écriture, alliée à des investigations théoriques des plus rigoureuses. Telle est la dynamique qui a fait de lui un écrivain plein d'audaces en même temps qu'un pédagogue et un théoricien : explorateur du Nouveau roman, promoteur des ateliers d'écriture, il est aussi l'inventeur d'une discipline ayant l'écrit pour objet : la textique. Ainsi la remarquable inventivité dont il a fait preuve dans le domaine du récit fictionnel s'est conjuguée avec une capacité hors du commun à tirer des leçons générales de ses expérimentations novatrices, à produire des ensembles de concepts permettant de mieux comprendre les mécanismes de l'écriture et leurs enjeux. Ce volume, issu d'un colloque de Cerisy (août 2019), déploie les facettes d'un parcours intellectuel sans précédent, qui invite à renouveler les méthodologies dans des domaines très variés (pratique de la fiction, enseignement de l'écriture, analyse d'oeuvres littéraires, plastiques et musicales, urbanisme, architecture), auxquels la textique peut apporter de nouveaux éclairages.
Qu'est-ce qu'un roman? Qu'est-ce qu'écrire? Dans l'entretien passionnant que Mireille Calle-Gruber fait avec Claude Simon en 1992-1993, la question que se pose tout écrivain reste sans réponse précise car, bien entendu, c'est l'oeuvre, la réponse. "Qu'est-ce qu'écrire pour moi?, demande Claude Simon. Je pourrais vous répondre: avant tout, satisfaire l'envie d'écrire. Ou mieux, satisfaire le besoin que tout homme a d'un"faire"(et si, pourquoi, parmi tous les"faire", l'écriture, je dirai, comme Beckett:"Bon qu'à ça!"...). Mais aussi, comme vous le dites très bien,"le réancrage inlassable du vécu". Toutefois, je ne dirais pas la"création". Ce dernier mot postule en effet: ex nihilo. Or, non seulement nous sommes les héritiers de tous les écrivains qui nous ont précédés, mais encore tout écrivain, loin de partir ex nihilo, use de ce"matériau"(mais peut-on ici employer ce mot?) qu'est la langue, cette langue qui, comme on l'a très justement dit, parle déjà avant nous".
« Et si le mot était ?consolation?: la recherche d?une forme où consoler l?inconsolable ». Une voix explore ce qu?elle ne connaît pas, tente de nommer ce qu?elle ne peut connaître que de biais, par des bribes, traces, inscriptions et fragments; récits ou peintures; qu?ont laissés d?autres vivants. Qui cherche-t-elle? Un homme venu d?Europe orientale, fuyant les pogroms, parlant une langue qu?elle ne comprend pas. Elle ne peut se le représenter que par des reflets, des échos, mendier dans les récits d?autrui une histoire possible: «... le peintre du nord, arrêté durant la nuit du 20 juin 1944 dans la cité des Flandres, déporté avec le dernier convoi? » ou « ? l?écrivain du sud dont l??uvre jeune a débuté juste avant la déclaration de guerre? échappé au convoi, passé à la clandestinit?.La voix des morts, dit-elle, dans ce livre-abîme, ne vit pour nous qu?entre tableaux et romans. Récit, quête de soi, plongée en apnée dans le langage. Célébration de la création ? seule consolation à l?existence. Livre magnifique où prose et poésie s?enchâssent pour atteindre l?impossible récit.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.