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Le fou impur
Calasso Roberto
GALLIMARD
15,25 €
Épuisé
EAN :9782070403066
Et un jour ce fut le grand crime - sous le règne de Frédéric II de Prusse, mais aussi sous le règne de Guillaume II, et aussi pendant l'interrègne : le temps qu'il fallut aux " horloges cosmiques " pour vider leurs mécanismes -, le crime qui avait sans aucun doute produit la déchirure irrémédiable dans l'Ordre du Monde. Ici, notre chronique, après son prologue céleste, s'attachera dorénavant aux vicissitudes de deux grandes familles saxonnes, parentes et ennemies : les Schreber et les Flechsig, appartenant toutes deux à la "plus haute noblesse céleste". " Daniel Paul Schreber, président de chambre à la cour d'appel de Dresde, fut interné dans différents asiles entre 1893 et 1902. C'est notamment à partir de ses célèbres " Mémoires d'un névropathe " que Freud a élaboré sa théorie de la paranoïa. Mais c'est l'histoire secrète du président Schreber, ce fou impur interné par Flechsig, que Roberto Calasso raconte dans ce texte brillant et inclassable qui emprunte, par contamination, la forme la plus impure : celle du roman.
C?est « la vague Baudelaire » et ses effets dans l?art et la littérature que Roberto Calasso analyse et raconte ici avec l?érudition et le talent narratif qui sont les siens. S?appuyant sur un réseau enchevêtré de citations et de rapprochements, le grand écrivain italien nous propose de déambuler dans un Salon imprévisible où seraient exposées des images de toutes sortes, il nous fait circuler dans les méandres de ce système nerveux qui s?appelait Baudelaire, il nous introduit, enfin, dans un monde réel ou fantasmé peuplé par des personnages comme Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Sainte-Beuve, Flaubert, Rimbaud, Mallarmé, Lautréamont, Degas, Valéry? La Folie Baudelaire se constitue autour d?un emblème qui remonte a Sainte-Beuve: « M. Baudelaire a trouvé moyen de se bâtir, à l?extrémité d?une langue de terre réputée inhabitable et par delà les confins du romantisme connu, un kiosque bizarre, fort orné, fort tourmenté, mais coquet et mystérieux, où on lit de l?Edgar Poe, où l?on récite des sonnets exquis, où l?on s?enivre avec le haschisch pour en raisonner après, où l?on prend de l?opium et mille drogues abominables dans des tasses d?une porcelaine achevée. Ce singulier kiosque, fait enmarqueterie, d?une originalité concertée et composite, qui, depuis quelque temps, attire lesregards à la pointe extrême du Kamtchatka romantique, j?appelle cela la Folie Baudelaire.L?auteur est content d?avoir fait quelque chose d?impossible, là où on ne croyait pas quepersonne pût aller ». L?enjeu de ce livre est de montrer, avec le maximum de précision possible, que cette Folie attrayante, désolée et dangereuse eut, après Baudelaire, bien d?autres visiteurs, puisque finalement ce lieu se révélera coïncider avec le territoire de la littérature absolue.
Résumé : La légende de la ruine de Kasch est l'histoire d'un royaume d'Afrique dont le roi était tué lorsque les astres formaient certaines configurations dans le ciel. Un jour se présenta un étranger, nommé Far-li-mas. Il faisait des récits extraordinaires qui envoûtaient tant son auditoire que les prêtres oubliaient de contempler le ciel. L'arrivée de ce conteur marqua la fin d'une ère sacrificielle : la ruine du royaume de Kasch. Mais bientôt le nouvel ordre lui-même, où était aboli le meurtre rituel du roi, allait connaître son déclin. A travers cette légende, Roberto Calasso pose la question de la légitimité du pouvoir, de la tyrannie et du sacrifice. Talleyrand, témoin privilégié de l'Histoire, guide le lecteur dans des lieux réels ou symboliques : la cour de Versailles, l'Inde des Véda, l'abbaye de Port-Royal, les galeries libertines du Palais-Royal. Il a pour compagnons Marie-Antoinette, Bentham, Goethe, Fénelon, Baudelaire, Chateaubriand, un bâtard de Louis XV, Sainte-Beuve et d'innombrables autres comparses. Une étonnante vision de l'Histoire, à la fois érudite et poétique.
Résumé : " Celui qui écrit sur la tablette est absorbé, comme s'il ne voyait rien autour de lui. Et peut-être ne voit-il rien. Il ne sait peut-être pas ce qui l'entoure. Il suffit du style qui grave les lettres pour capter son attention. La tête qui navigue sur les eaux chante et saigne. Chaque vibration de la parole présuppose quelque chose de violent, un palaion pénthos, un " deuil ancien ". Un meurtre ? Un sacrifice ? Ce n'est pas clair, mais la parole ne cessera jamais de le raconter. Apollon empoigne sa lance de laurier. En tendant l'autre bras, il indique quelque chose: impose-t-il ? défend-il ? protège-t-il ? Nous ne le saurons jamais. Mais ce bras tendu, comme dans l'Apollon du Maître d'Olympie, axe immobile au centre du tourbillon, embrasse et soutient la scène entière - et toute littérature. "
Jamais je n'ai pu chercher et penser autrement que dans un sens, si j'ose ainsi parler, théologique, c'est-à-dire conformément à la doctrine talmudique des quarante-neuf degrés de signification de chaque passage de la Torah". Ainsi parlait Walter Benjamin, tel est le postulat de l'enquête que conduit ici Roberto Calasso, dans la continuité d'une oeuvre inaugurée avec La ruine de Kasch et Les noces de Cadmos et Harmonie. A l'image de ses précédents ouvrages, Les quarante-neuf degrés dévoile, derrière des mots et des lieux, un lien subtil qui ne cesse de tous les tenir. Les univers clos, paradisiaques et infernaux de Robert Walser et de Frank Wedekind ; le regard de Nietzsche tourné sur soi-même ; l'imposante muraille de mots dressée par Karl Kraus ; le bleu sacrilège, corrosif de Gottfried Benn ; l'histoire de ces livres monstrueux - les Mémoires de Schreber ou L'unique de Stirner - qui se sont transformés dans l'esprit de leurs lecteurs ; ou bien encore Léon Bloy, Paul Léautaud, Flaubert, silhouettés par la pointe du physionomiste : tout laisse deviner, livré au cours de ses métamorphoses, cet objet indéfini qui s'appelle "littérature" .
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.