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Pour les oiseaux. Entretiens
Cage John ; Charles Daniel
L'HERNE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782851972279
Pour les Oiseaux, suite d'entretiens du compositeur américain John Cage avec le philosophe Daniel Charles, constitue, en quelque sorte, une initiation à la démarche de l'un des créateurs les plus passionnants et les plus controversés du XXème siècle. Inventeur du piano préparé, accompagnateur de Merce Cunningham, amateur d'oracles chinois ou metteur en scène de spectacles multimédia, graveur-sculpteur, voire mycologue incollable, ces entretiens nous restituent, chacun, dans un jeu de facettes, la complexité réelle, profonde à force d'être protéiforme, du phénomène Cage. Plus que des témoignages, Pour les Oiseaux nous offre d'observer la pensée de Cage au travail, de celui qui est, encore et toujours aujourd'hui, le premier grand praticien de l'oubli. Il redécouvre (et ne cesse par là de découvrir pour la première fois, dans ses textes et musiques ou non-musiques) que l'art et la culture sont à décrisper et à désintellectualiser, et que « la » musique n'est nullement une mnémotechnie plus ou moins culpabilisante à vocation élitiste, voire théocentrique, mais plutôt un gigantesque flux machinique païen-plébéien, acentré et évanescent, auquel il n'est plus question de se soustraire. Musica mundana: musical est le jaillissement de tout ce qui est, en tant qu'il advient, musical est le monde. Bref, la jouissance, en musique, de toutes parts, tous azimuts, par tout le corps, par tout le monde. Comme jadis on péchait: paraction-et-par-omission. Par volonté et par hasard.
Cage John ; Roth Moira ; Roth William ; Sawelson N
Présentation de l'éditeur John Cage rencontre Marcel Duchamp en 1941. Trente après, il confie dans le présent entretien les souvenirs qu'il conserve de cet homme aussi simple qu'énigmatique. Et d'abord il salue en lui la beauté de son indifférence. En 1913, Duchamp a composé un Erratum musical de manière aléatoire. Raison pour laquelle John Cage le hisse en précurseur de ses propres recherches. Il rapporte aussi quelques anecdotes, et notamment la rare fois où Duchamp a perdu son sang-froid, lui d'ordinaire si magnanime : une mémorable partie d'échecs, que Cage aurait dû gagner mais qu'il a perdue, mettant Duchamp dans une colère noire. Le compositeur rend aussi compte avec sa simplicité coutumière des grandes problématiques soulevées par Marcel Duchamp, et notamment le rapport entre l' uvre et le spectateur, préoccupation partagée entre les deux hommes. Les deux uvres s'offrent d ailleurs l'une l autre dans un miroir inversé : Cage explique avec une grande clarté avoir voulu développer la dimension physique de l'écoute quand Duchamp voulait réduire cette dimension dans la peinture. Pédagogique, drôle, émouvant, un témoignage inédit en français sur celui qui "prenait le fait de s amuser très au sérieux".
Résumé : Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d'égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l'argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. Aux Etats-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu'aux préférences des plus favorisés. En France, l'Etat a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d'un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d'implication. La question du financement de la démocratie n'a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l'être sur un mode plus radical. Pour sortir de l'impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée. Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Université Harvard, Julia Cagé est professeure d'économie à Sciences Po Paris. Elle a publié Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Le Seuil, 2015).
Résumé : Une personne, une voix : la démocratie repose sur une promesse d'égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l'argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias : le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés. Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives - souvent infructueuses, mais toujours instructives - de régulation des relations entre argent et politique. En France, l'Etat a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser l'essentiel de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot. Ces dérives ne viennent pas d'un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d'implication. La question du financement de la démocratie n'a jamais véritablement été posée ; celle de la représentation des classes populaires doit l'être sur un mode plus radical. Pour sortir de l'impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.
La franchise est une vertu, le mensonge est un vice qui se cache partout : il peut être vil, pieux, officieux, généreux, cynique, mystificateur, paradoxal, habile, innocent, légitime... ou par omission. Ce Dictionnaire sans fin n'a d'autre souhait que d'ouvrir un éventail bigarré où les signatures les plus diverses, classiques ou contemporaines, se croisent au gré de fables, romans, dissertations, exégèses et autres gloses savantes ou fantaisistes ; certains s'y sont longuement attardés ; d'autres ont réglé la question d'un mot d'esprit ; comédie ou tragédie, qu'on en pleure ou qu'on en rie, le mensonge en littérature, en philosophie ou dans la vie reste un thème universel, s'il en est.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.