Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les citoyens du large. Les identités maritimes en France, XVIIe-XIXe siècle
Cabantous Alain
AUBIER
21,70 €
Épuisé
EAN :9782700722598
L'expansion européenne, qui ouvre puis caractérise la période moderne, a autorisé la lente autonomie sociale des gens de mer qui en furent l'un des instruments essentiels. A partir du XVe siècle, le développement des activités maritimes leur a permis de se différencier progressivement de l'ensemble des populations littorales. Vint ensuite le temps de la diversification au sein du monde de l'océan. L'ouvrage d'Alain Cabantous s'attache à cerner ce monde à part avec pour fil directeur une question : qu'est-ce que l'identité maritime ? En inventoriant et en analysant les données démographiques, religieuses, sociales, culturelles et matérielles relatives aux populations maritimes, Alain Cabantous montre que cette identité ne résulte pas d'un déterminisme géographique. Elle s'inscrit avant tout dans une histoire et des espaces originaux ; elle est également en grande partie conditionnée par le regard porté sur elle par le terrien. Cérémonies festives, habitudes vestimentaires, règles du métier, implantations géographiques et formes d'habitat sont scrupuleusement examinées et permettent de mettre à jour les contours d'une identité affirmée qui cache pourtant mal la diversité des comportements. Déjà, voyageurs, armateurs, médecins ou écrivains s'étaient bien gardés de confondre trop souvent les marins au long cours, les corsaires, les hommes de la pêche, les officiers ou les capitaines, tous pourtant vrais gens de mer.
Cabantous Alain ; Lespagnol André ; Péron François
Certes, la France n'a pas de tradition maritime aussi vigoureuse et aussi exclusive que celles des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne, certes, elle a été une puissance engagée sur le continent et une colonisatrice tardive, mais comment croire qu'elle ait vécu sans la mer et que la mer n'ait pas modelé ses campagnes et ses villes, ses échanges commerciaux, ses circuits financiers, ses flux migratoires, ses modes de vie, ses questionnements intellectuels, ses goûts artistiques comme culinaires, bref son mode d'être comme nation et comme Etat depuis au moins le XIIIe siècle? Ce pays est à cet égard servi par la géographie, qui fait de lui un lien entre le Levant et le Ponant et l'a doté de plus de 5 000 km de côtes; aucun lieu de France ne se trouve à plus de 400 km de la mer et ses DOM-TOM lui confèrent le troisième domaine maritime du monde. Jamais les populations du littoral n'ont été coupées de l'intérieur, depuis des siècles la viticulture, la sylviculture, l'industrie travaillent avec et pour la mer et les horizons lointains. Quant à la connaissance du monde, à la recherche scientifique et aux imaginaires, ne sont-ils pas, eux aussi, largement tributaires de la mer? La littérature, les beaux-arts, la pensée en témoignent en permanence, et l'état florissant de la navigation sportive et de loisirs le montre aujourd'hui. Ce n'est donc pas une supposée "France maritime", distincte du reste, qui est envisagée ici. L'équipe d'historiens et de géographes qui a mis cette très originale somme en ?uvre a préféré observer sur la longue durée comment la France a attaché (et attache toujours) le même prix à l'intégration politique de l'espace côtier, à son aménagement et à son développement économique qu'à ceux de l"" intérieur ", et comment les Français du XXIe siècle sont les héritiers d'une société tout à la fois terrestre et maritime."
Dans l'Europe des Temps modernes, la nuit, c'est une absence de lumière qui a (très) partiellement partie liée avec l'horloge biologique. En effet, c'est surtout en s'ajustant à nos rythmes internes que le jour s'apparente à la veille et la nuit au sommeil. Et c'est pourtant elle qui resta longtemps la mesure du temps quotidien, de la Scandinavie à la péninsule italienne. Simultanément, cette noirceur des paysages se peuple de présences innombrables, s'investit de lieux mythiques, se remplit de croyances et d'imaginaires, induit une autre manière d'être au monde, une autre façon d'appréhender le sensible, proche ou lointain. Absence-présence, tel quel, ce couple constitue l'une des contradictions qui surgissent lorsque l'on tente d'appréhender la nuit.Espace et temps, la nuit l'est tout ensemble. Certains l'assimilent à une frontière, voire à une "dernière frontière" à conquérir. Notion éminemment spatiale qui renvoie à la fois à cette volonté humaine de remplir la totalité d'un environnement et à des perceptions inconnues de l'espace qu'impose l'effacement de la lumière. La nuit induit encore un système de représentations et de pratiques qui peuvent aussi bien s'affronter que se soutenir. Ainsi les visions négatives de la dangereuse et angoissante "nocturnité" conduisent-elles à la prise de mesures successives pour assurer l'ordre urbain. En tout cas, la relation complexe et la confrontation de ces deux éléments font de la nuit un objet en construction permanente, loin d'une image où les rôles seraient définitivement édictés entre l'action diurne et le repos nocturne. Ainsi, la nuit n'est sûrement pas l'envers du jour. Elle est un autre temps qui possède des particularités essentielles non transposables. Biographie de l'auteur Professeur d'histoire moderne à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, Alain Cabantous est un historien reconnu du rapport entre les sociétés et les cultures occidentales des XVII'et XVIII"siècles. Auteur d'importants travaux sur les communautés maritimes: Les Côtes barbares (1993), Le Ciel dans la mer (1990), il a élargi sa réflexion à des domaines touchant l'ensemble des populations, avec, par exemple, L'Histoire du blasphème en Occident (1998), Entre fêtes et clochers. Profane et sacré dans l'Europe moderne (2002). Il a enfin co-dirigé avec André Lespagnol et Françoise Péron, Les Français, la terre et la mer (2005)."
Résumé : C'est en rencontrant la répression du blasphème dans les codes disciplinaires maritimes qu'Alain Cabantous a entrepris une enquête systématique sur la parole impie, entre les Réformes et le premier XIXe siècle. Par fidélité au second commandement, "Tu ne prononceras pas en vain le nom de Dieu", une véritable police de la langue veille à la stabilité d'un monde dans lequel sacré et profane sont profondément liés. Révélateurs de la non- ou mal-croyance, de la violence, des codes d'une corporation, le blasphème constitue un fait social qui mobilise la parole et ses usages, les pouvoirs ecclésiastique, politique et judiciaire, les structures et les représentations des sociétés de l'Europe moderne. Ainsi l'histoire du "péché de langue" rejoint celle des multiples procédures mises en oeuvre pour christianiser l'Occident et adoucir les moeurs. S'il semble s'effacer au XIXe siècle, il n'y a là qu'apparence : la parole blasphématoire témoigne de ce qui, pour chaque époque, demeure sacré.
Résumé : Elles ont refusé la constitution civile du clergé et le concordat. Elles ont formé " la Petite Eglise ". Elles ? Des communautés catholiques, prêtres et paroissiens, qui se sont mises en marge de l'Eglise pour assumer leur foi sans compromis. Voici leur histoire. Par opposition à la " Grande " (entendons celle de Rome), le mouvement dit de " la Petite Eglise ", dont il reste encore aujourd'hui quelques isolats, en Poitou, en Lyonnais et dans le Centre-Est, est un phénomène multiforme qui a surtout touché la France entre la Révolution et le Second Empire. Quelles que soient ses origines, la " Petite Eglise " se trouve d'emblée associée à une culture d'opposition aux pouvoirs civil (le refus du Concordat de 1801) et religieux (Rome) ; culture qui lui octroie une réelle unité mais dont, parallèlement, les manifestations concrètes sont très diversifiées. Chaque communauté possède une autonomie revendiquée qui se nourrit autant du contexte régional (notamment les événements de la Révolution) que de la culture religieuse antérieure. D'où la nécessité de rechercher les causes profondes de l'implantation géographique totalement discontinue sur le territoire de la République. Ce livre a donc pour objectif de rendre compte de l'originalité, de la multiplicité des facettes mais aussi de la dimension paradoxale qui composent le phénomène " Petite Eglise " jusqu'à nos jours ; d'observer autant le fonctionnement actuel des communautés qui demeurent (environ 3 000 personnes) que les relations que ses adeptes entretiennent avec les autres catholiques.
Biographie de l'auteur Vannina Micheli / Rechtman est psychanalyste, psychiatre de formation et docteur en philosophie. Elle est membre de Espace Analytique et chercheur associée à l'université Paris 7.