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Saint-Simon l'admirable
Cabanis José
GALLIMARD
11,05 €
Épuisé
EAN :9782070291441
La première des passions, pour Descartes, est l'admiration. Un objet nous surprend, différent de ce que nous connaissions, ou de ce que nous supposions qu'il pouvait être : "Cela fait que nous l'admirons et en sommes étonnés". Saint-Simon ne s'inspire de personne, ne ressemble à rien, et n'a pas de disciple. Il traverse seul la littérature française, dont il n'aurait pas même souhaité faire partie. Il écrit comme il lui chante, comme il lui plaît, comme s'il savait que se moquer de toutes les règles est la condition de l'ouvre d'art : il faut inventer, ce qu'il faisait. À le fréquenter assidûment, on découvre qu'il n'est pas l'attardé qu'on a dit : il vivait sous une monarchie héréditaire, et a discerné, seul de son temps, les contradictions et la faille qui inévitablement amèneraient sa ruine. Il a compris aussi que cela n'avait guère d'importance, et que la vérité est ailleurs. Notre époque qui est communautaire, et donc marquée par le conformisme, a beaucoup à apprendre de lui : c'est l'homme du contre-pied. On a beau le lire et le relire, pendant vingt et trente ans, on reste étonné. C'est pourquoi il me semble admirable.
Résumé : On n'ose plus dire d'un livre qu'il se lit comme un roman : ce serait lui faire tort. La mode est au roman pesant et ennuyeux. On croyait jadis que la littérature devait plaire : elle se fait aujourd'hui un devoir de rebuter. Aussi faut-il souvent plus de peine et d'efforts pour lire le premier roman d'un inconnu que pour déchiffrer Heidegger. Quant aux études critiques, il est assez mal porté qu'elles éclairent et expliquent aisément un texte : ne paraît sérieux que l'obscur. José Cabanis n'en croit rien. Les livres sont pour lui l'occasion d'un des plaisirs les plus sûrs de ce monde, et la lecture un art de la délectation. Les essais qu'il publie ne sont pas ceux d'un critique professionnel. Ils montrent un écrivain qui aime lire, et qui fait partager son plaisir. Rien n'est plus exigeant, plus clairvoyant que le plaisir : on ne triche pas avec lui. Il se mérite, d'ailleurs, et implique une intime connaissance, une longue pratique, des approches, des retours, beaucoup de souvenirs, une application amoureuse. De Descartes à Julien Green, c'est ainsi que José Cabanis aborde les écrivains dont il parle. Ce qui fait l'unité de ce livre, c'est un manque complet d'objectivité, il est écrit à la première personne, c'est un certain ton qui bouscule les convenances et ne ménage rien, tantôt passionné, tantôt ironique, c'est une voix qui ne ressemble à aucune autre.
Résumé : Après avoir prolongé l'âge de l'amour, Juliette connaît celui du délaissement. Dans la maison où elle s'est retirée, sans parents ni amis, chacun l'observe, et bientôt la prend pour victime. Parce qu'elle est seule, qu'elle n'est plus belle et qu'il n'est plus utile avec elle de se gêner, tous ses gestes deviennent suspects, toutes ses démarches tournées en ridicule, toute sa bonne volonté sans emploi. S'attache-t-elle à une enfant, dont l'amitié lui donne un bonheur qu'elle ne connaissait pas, cela même lui est reproché, et bientôt défendu. Cette maison apparemment paisible devient pour elle un enfer... Encore ne sait-elle plus où aller, quand elle est, pour finir, jetée à la rue. Mais cette enfant qu'elle aimait et les jardins frais de la ville où elles se promenaient ensemble lui auront appris à connaître, un peu tard, " ce que pleurent les morts ".
Résumé : Je n'aime pas mon enfance. Ma vie véritable a commencé plus tard. Mon enfance fut un temps mort. On parle du bonheur de l'enfance, et j'ai certainement connu ce bonheur, avec les meilleurs parents qu'on eût jamais. C'est une sorte de bonheur que je ne regrette pas. Je n'imagine pas un bonheur sans musique, sans livres, et sans la solitude, avec en tête quelque femme que je dois retrouver le soir ou le lendemain, et que j'aime.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.