La période allant de la fin du XVe siècle au début du XIXe a été celle de la mise en relation d'espaces lointains, de l'accélération des transactions, de la transformation des pratiques et des réseaux du négoce, bref, de la première mondialisation des échanges. La dilatation de l'espace commercial et l'essor du négoce interculturel ont conduit les marchands à mobiliser, ajuster et élargir leurs compétences, notamment celles qui concernent les langues et les langages - considérés ici dans leur acception la plus large. Ce constat a souvent été dressé par les historiens du commerce qui n'ont cependant pas poussé plus avant leurs travaux dans une direction qui les éloignait de leurs études en cours. Ces recherches différées ont rarement été remises sur le métier ou seulement de manière périphérique à l'occasion de réflexions sur la formation des négociants ou des diplomates et sur la médiation interculturelle. Or, force est de reconnaître que dans le commerce international le maniement et la maîtrise de compétences langagières et linguistiques comptent parmi les éléments de la réussite. Cet ouvrage collectif, qui privilégie les espaces méditerranéen et européen, vise à comprendre comment ces compétences ont été acquises, pensées, utilisées et transmises non seulement par les marchands, mais aussi par ceux qui agissaient pour leur compte ou qui les accompagnaient.
Biographie de l'auteur Spécialiste des économies maritimes et sociétés littorales en Méditerranée à l'époque moderne, Gilbert Buti est professeur d'histoire à Aix-Marseille Université et chercheur à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme (TELEMME-Aix-en-Provence). Maître de conférences en histoire à l'université de Bretagne-Sud (Lorient) et chercheur au CERHIO-Lorient, Philippe Hrodej est spécialiste de l'histoire du commerce colonial et des flibustiers à l'époque moderne.
Résumé : Barbaresques, boucaniers, flibustiers, guerres de course, abordages, razzias, butins, partages de prises, chasses au trésor, canonnades... Corsaires et pirates jalonnent de leurs exploits la vie maritime et peuplent notre imaginaire. Voici le dictionnaire historique sur ces aventuriers des mers : près de 600 entrées, une oeuvre monumentale, les meilleurs spécialistes pour faire revivre ces personnages hauts en couleur, des plus emblématiques comme Drake, Jean Bart, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, aux oubliés de l'histoire ainsi qu'aux discrets mais indispensables armateurs. Un voyage dans le temps et à travers les océans où sont visités les principaux lieux associés à la course et à la piraterie, d'Alger aux Caraïbes, en passant par Boston, La ? Rochelle, Dunkerque, Salé, Saint-Malo jusqu'au golfe d'Aden, Sainte-Marie de Madagascar et les eaux de l'Asie du Sud-Est. Grand prix de l'Académie de Marine 2014
Les marins étaient cette frange un peu marginale de la société, libre d?attaches familiales et culturelles, qui passait sa vie en mer lorsqu?elle ne fréquentait pas les bouges des ports d?escale des Antilles à l?océan Indien. Depuis une trentaine d?années, les travaux sur le monde maritime ont largement permis d?affiner le tableau, de rendre à la réalité sociale et géographique une grande part de sa riche complexité. Le temps est alors peut-être venu de faire le point en proposant une synthèse des recherches récentes. Alors, marin, qu?est-ce à dire ? Le terme convient-il dans sa désignation générale ? Ne résulte-t-il pas du regard de terriens sans réelle connaissance des choses de la mer ? N?est-ce pas ce que l?autre donne à voir de réalités éclatées alors que ce terme générique recouvre des trajectoires individuelles variées, multiples, étonnantes parfois ? Ce travail entend par là faire le point sur l?histoire de sociétés maritimes, leur constitution, leur établissement, leurs structures, leurs transformations et leurs représentations. Il s?inscrit dans une interrogation historiographique plus large, celle qui associe ou qui oppose l?individu à la communauté, l?unique à la pluralité.
Résumé : A l'heure du coronavirus, quelles sont les leçons d'hier sur les pandémies qui peuvent valoir pour aujourd'hui ? En dressant l'histoire de la grande peste en Provence au XVIIIe siècle, ce sont nos peurs, nos confinements, nos détresses qu'éclaire, comme en un miroir, Gilbert Buti. Fulgurant. Rarement un livre d'histoire n'aura revêtu une telle actualité. Car l'épidémie de peste, qui a touché une partie de la France en 1720-1722, a d'étonnantes résonances avec la pandémie de la Covid-19. Introduite à Marseille par un navire venant de Syrie, la peste a tué 120 000 des 400 000 habitants de la Provence, du Comtat et du Languedoc, soit près d'un sur trois. Pourquoi la contagion s'est-elle propagée, ravageant ou épargnant des localités parfois proches ? Malgré un ensemble de mesures de lutte, dont le confinement décrété par les pouvoirs locaux et soutenu par l'Etat royal, elle a menacé le reste de la France et effrayé l'Europe qui ont multiplié les barrières pour s'en prémunir. Face à l'impuissante médecine contre l'ennemi invisible, les hommes ont invoqué la colère de Dieu et la médecine du Ciel. Privilégiant la parole des témoins malades, médecins, savants et religieux - et les apports des anthropologues, démographes et sociologues -, Gilbert Buti dresse un bilan de l'événement-catastrophe très tôt instrumentalisé. Et, trois siècles après, il en décrypte les traces laissées dans les mémoires et l'imaginaire collectif. Assurément, une invitation à réfléchir au temps présent !
Cet ouvrage explore comment l'art actuel, plus spécifiquement vidéo, permet d'interroger le rapport entre corps et images. La partie I décline les modalités d'influence de l'image et permet de remarquer que l'humain actuel est peuplé d'images. La partie II met en regard corps sensible et corps représenté à travers les traces fluctuantes du référent dans la représentation vidéo afin d'explorer le corps rêvé. La partie III montre le jeu entre la liaison et la déliaison du corps représenté avec le décor.