« L’éclipse » explore un fantasme. Celui d’échapper, subitement et assez facilement, à toute responsabilité, à tout engagement. L’idée de disparaître sans laisser de traces en abandonnant famille et travail. Le sujet est peu abordé dans nos sociétés, alors que le phénomène existe partout dans le monde, et qu’au Japon les personnes qui disparaissent volontairement portent même un nom, les johatsu. On estime qu’ils seraient 100 000 chaque année. Ça pose question.
Elle aurait voulu hiberner. Il lui semblait qu'après, elle serait une autre. Qu'elle se réveillerait au printemps lavée, neuve. Que tout serait effacé. "Au cours d'une promenade en forêt avec son compagnon et leur fille âgée d'un an, Camille s'imagine disparaître, d'un coup, alors que ceux qu'elle aime marchent loin devant elle. Cédant à cette pulsion, elle se cache puis s'évapore, absorbée par la nature.Au gré de bus, de ferrys, elle traverse plusieurs frontières et fuit vers le Nord, les étendues blanches, les ciels infinis et une terre géologique. Là, Camille trouve la solitude et le silence.D'abord étrangère à ce pays de glace et de feu, elle s'installe bientôt dans une maison au bord d'un lac, face à une autre forêt et à un volcan endormi.Les saisons passent et, peu à peu, la vie revient, avec la chaleur des amitiés, d'un amour et d'un métier retrouvé. Mais quelque part en France, une enfant grandit.Ce roman d'évasion et de reconstruction évoque ce qu'on peut, ou non, laisser derrière soi pour tenter de trouver sa juste place dans le monde.
Résumé : En 1665, lorsqu'elle fut diffusée dans l'entourage royal, l'histoire amoureuse des Gaules fit scandale : le bruit se répandit que le comte de Bussy-Rabutin y tournait en ridicule certaines personnalités de la cour. Le verdict ne se fit pas attendre : le comte fut emprisonné à la Bastille, où il resta treize mois... Il est vrai que ce petit roman satirique dépeint sans complaisance les frasques des grands de ce monde : on y apprendra les badinages et les intrigues de la comtesse d'Olonne, de Mme de Sévigné - la cousine de l'auteur - ou encore du prince de Condé en personne. Mais, au-delà de cette peinture subtile des m?urs de son temps, Bussy offre un récit plein de sel qui, plus de trois siècles plus tard, continue de séduire par l'ironique finesse et la pureté de sa prose.
Le comte de Bussy-Rabutin, Grand du royaume de France né en 1618, cousin de Mme de Sévigné, avec laquelle il partage passion et talent pour l'écriture épistolaire et mémorialiste, a guerroyé à travers l'Europe à la tête de son régiment, a survécu à la Fronde et aux complots les plus divers, puis vit l'existence des courtisans auprès du vieillissant Louis XIII et du jeune Louis XIV. Il passe cependant ses trente dernières années en Bourgogne, exilé dans son château par le roi après avoir été embastillé quelques mois, le monarque n'ayant supporté ni son amitié avec Fouquet ni les railleries libertines émaillant l'Histoire amoureuse des Gaules, qui le campaient en Jupiter séducteur. C'est là, dans son "petit Versailles bourguignon", que Bussy-Rabutin écrit ses Mémoires. Son style est élégant, précis et vivant. Ce ton et cette inspiration le conduisent à décrire de façon personnelle ses aventures, de sa Bourgogne natale à la Cour, mais également au loin, en France ou en Europe, ou alors dans le salon, le boudoir, voire le lit, de ses nombreuses conquêtes. II conserve une plume extrêmement caustique pour ironiser sur les puissants de Versailles. Une oeuvre de mémorialiste de premier ordre.
Les régimes totalitaires sont au coeur du XXe siècle. On les confond souvent avec les despotismes qui ont dominé l'histoire, ignorant ainsi ce qui les anime et les distingue : un fantasme idéologique d'unification totale de la société, par une violence inouïe visant à faire disparaître les populations censées être responsables des crises. Cet essai rend compte du caractère révolutionnaire du totalitarisme, en montrant qu'il s'en prend non seulement à ses opposants réels, mais à l'humanité de l'homme en sa spontanéité. Les textes d'Arendt et d'Orwell étudiés montrent ainsi que, dans le totalitarisme, les lois, qui stabilisent les affaires humaines, laissent place à une mise en mouvement permanente de la société et la réalité empirique à la fiction psychotique d'une société totale
Résumé : "Cette année-là, j'avais vingt-deux ans et j'allais, au même moment, rencontrer l'insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D'un côté, le plaisir et l'insouciance ; de l'autre, la souffrance et l'inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd'hui, je me demande si, au fond, tout n'était pas lié." Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d'exprimer sa vérité intime.
Dans une démocratie idéale, les secrets n'existent pas. Vraiment ? Dans un lointain futur, la ville de Nimrod ne survit que grâce à l'énergie vitale du feu. En apparence, c'est un modèle de démocratie où les citoyens élaborent et votent les lois en toute transparence. Mais le feu, qui alimente la cité et la protège de créatures menaçantes, reste un secret jalousement gardé. L'étrange disparition d'un jeune homme, la multiplication des vols de torches et l'apparition d'un énigmatique graffiti contestataire vont changer la donne. Cham, enquêteur, doit faire toute la lumière sur ces événements aussi mystérieux qu'inhabituels. Entre science-fiction, thriller et anticipation écologico-politique, ce roman à l'imaginaire débordant nous plonge dans un univers atemporel qui interroge en creux les failles et les faux-semblants des sociétés démocratiques.
Imaginez un magasin où l'on vent depuis dix générations tous les ingrédients imaginables pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre. Dans cette famille malheureuse et contente de l'être, le destin frappe le jour où Mishima (le père) et Lucrèce (la mère) testent un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination. C'est ainsi que naît le petit dernier. Il s'appelle Alan et la nature l'a doté d'un horrible défaut : il adore la vie. Mishima en fait une dépression. Le temps nécessaire pour Alan de métamorphoser la boutique avec l'aide de sa mère, sa soeur et son frère, maintenant contaminés par son optimisme car l'enfant se révèle contagieux. Comme quoi, le pire n'est jamais sûr ! Du même auteur : Je, François Villon ; Darling.
Sur fond d'effondrement écologique, trois personnages en quête de sens confrontent leurs solitudes pour mieux se trouver eux-mêmes. Un roman d'amour choral sur l'aliénation du monde contemporain et l'espérance d'un avenir en commun. Paris, de nos jours. Tandis que le climat ne cesse de se dérègler, les pénuries de pétrole se multiplient, les tensions montent dans la société, et pourtant chacun continue à mener sa vie comme si de rien n'était. Alice, une radiologue proche de la quarantaine, trompe son ennui - et son compagnon - en recourant frénétiquement aux sites de rencontres. Iris, nonagénaire atteinte de la maladie d'Alzheimer, cache à ses enfants la gravité de son état. Pianiste de haut vol dans sa jeunesse, elle n'a plus qu'une pensée en tête : mettre fin à ses jours avant de ne plus s'appartenir ; Aurélien, idéaliste trentenaire, livreur à vélo ubérisé, ne se fait plus d'illusions sur la vie communautaire des ZAD, comme sur les free parties, vidées de leur esprit révolutionnaire. Il économise pour s'acheter un voilier et quitter la rive. Rien ne rapproche a priori ces trois individus, si ce n'est un sentiment de solitude envahissant et l'obsession de la liberté. Le hasard va faire s'entrechoquer leurs existences, pour mener chacun vers l'horizon qu'il attendait. Dans ce roman choral, trois voix, trois visions du monde, se succèdent, entre rage et découragement face aux bouleversements de la planète. Au rythme de cette valse à trois temps, Jennifer Murzeau ausculte l'état de la société contemporaine et du coeur humain, pour mieux ranimer l'irréductible aspiration au bonheur de ses trois personnages, criants de vérité.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
L'Amazonie.Perdue sous la canopée, une tribu d'Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Au-dessus de leurs têtes, un homme d'affaires seul et pressé, aux commandes de son avion, survole l'immense cercle formé par la boucle du fleuve délimitant leur territoire.Une rencontre impossible, entre deux mondes que tout sépare. Et pourtant, le destin va l'organiser.À la découverte de la " Chose ", tombée du ciel, un débat agite la tribu des Yacou : homme ou animal ? C'est en essayant de leur prouver qu'il est humain que l'industriel finira par le devenir.Le Cercle des Hommes n'est pas seulement un puissant roman d'aventures, d'une richesse foisonnante, c'est aussi un livre grave sur le monde d'aujourd'hui et notre rapport à la nature.Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l'agence CAPA, il se consacre désormais à l'écriture. Il a publié notamment, au Seuil, Le Paradoxe d'Anderson.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.