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Effets secondaires probables
Burroughs Augusten ; Sfez Samuel
10 X 18
8,90 €
Épuisé
EAN :9782264049520
DÉRATISATIONLa première fois que j'ai eu un coup de foudre, l'objet de mon affection était une séduisante hôtesse d'Eastern Airlines. Elle arborait une imposante chevelure blonde, des paupières nacrées de bleu. Elle avait plus de vingt ans. Moi huit. Nous nous sommes rencontrés quand mes parents m'ont mis dans un vol pour Lawrenceville, Géorgie, où je rendais visite à mes riches grands-parents.«Je les appelle par leur prénom, Jack et Carolyn, lui ai-je annoncé avec fierté. C'est les parents de mon père. Et ma grand-mère, elle porte plein de bijoux, comme toi.- Tu es un trésor», a répondu l'hôtesse.J'ai souri car j'adorais ce mot, trésor. Il m'évoquait des pierres précieuses comme le rubis, l'émeraude et le diamant. Voire des pierres semi-précieuses comme l'onyx, la pierre noire que portent les hommes, la plus moche.L'hôtesse est retournée à l'office et j'ai regardé par la fenêtre, heureux de voir passer le «Nord» si banal, loin en dessous de moi. En tant qu'unique membre de ma famille né au-dessus de la ligne Mason-Dixon, j'étais fasciné par le Sud, incroyablement exotique.Par exemple, à la place d'écureuils gris sale, mes grands-parents avaient des paons en technicolor sur leur pelouse. Quand nous subissions le méchant blizzard en hiver, ils profitaient encore du soleil. Je n'arrivais pas à croire que la neige ne recouvre pas le monde entier, mais j'en avais ici la preuve.J'y allais tous les ans. Comme mon grand-père voyageait souvent, je ne passais pas beaucoup de temps avec lui. Il avait un caractère bourru. Quand il était là, il me faisait peur, alors je l'évitais.Ma grand-mère passait chaque instant avec moi. Je l'adorais.Carolyn était blonde et portait du vison. Elle avait d'énormes bagues de jade ou de diamant presque à tous les doigts et un bracelet à breloques en or qui tintait légèrement quand elle bougeait les mains. La nuit, elle enfilait une robe de chambre avec de la fourrure autour du col et sur l'ourlet. Même ses pantoufles avaient des talons hauts. Je la trouvais belle comme une star de cinéma.Mais quand elle se penchait vers moi et que je voyais à travers ses épaisses tartines de maquillage les lignes profondes sur sa peau, elle m'inquiétait légèrement. Les personnes âgées m'avaient toujours fait un peu peur. Si ma grand-mère n'avait pas l'air vieille de loin, vue de près elle paraissait fragile. Parfois, quand elle m'embrassait sur le front pour me souhaiter bonne nuit, je tressaillais, de crainte qu'un morceau de son visage ne s'écaille et reste collé sur moi.L'été de mes sept ans, une dent s'est mise à bouger du côté gauche de ma bouche. J'ai passé l'après-midi à la tripoter avec mon doigt.
Né en 1965, Augusten Burroughs vit entre le Massachusetts et New-York. Pensée magique est son troisième roman, après Courir avec des ciseaux et Déboire. Adulé outre-atlantique, il s'impose comme l'une des voix américaines les plus acérées, dérangées et talentueuses.
Pour le petit Augustin son père est une présence fantomatique, à peine signalée par une toux ou des volutes de tabac dans l'obscurité d'une pièce. L'enfant n'attend rien d'autre que de l'amour, mais de cet amour, son père, alcoolique et dévoré de psoriasis, ne sait pas le gratifier. Longtemps le garçon subit la menace paternelle, jusqu'à ce que naisse en lui un ressentiment sinistre. Alors les jeux commencent. Avec Un loup à ma table, Augusten Burroughs se risque à écrire le dysfonctionnement familial et évoque avec impétuosité et innocence son rapport au père, entre haine acerbe et tendresse infinie. Il dynamite les clichés de l'autobiographie.
Burroughs William ; Kahane Eric ; Lemaire Gérard-G
Résumé : L'Interzone. Un territoire qui ne figure sur aucune carte, situé quelque part entre New York et Tanger, dédale infini de rues semblable aux méandres du cerveau d'un drogué. Un lieu fantomatique, où se réfugie William Lee après avoir accidentellement tué sa femme. Persuadé d'être un agent secret au centre d'une gigantesque machination, Lee commence à rédiger des rapports pour le compte d'une mystérieuse corporation internationale, communiquant avec elle par l'intermédiaire d'une machine à écrire fort loquace qui se transforme volontiers en cafard...Vertigineuse descente aux enfers de la drogue, de toutes les drogues, le chef-d'oeuvre de William Burroughs est d'une veine à la fois terrifiante, macabre, et d'un comique presque insoutenable.
Résumé : "On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans aucune autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé rapportèrent une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une quelconque raison dont ils pussent se souvenir. Ils se piquaient comme ça, jusqu'à ce qu'ils accrochent. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué. " Premier ouvrage de Burroughs, Junky décrit la réalité crue d'un héroïnomane en errance, doué du regard terriblement lucide de l'écrivain. De New York à Mexico, William Lee, double romanesque de l'auteur, fait l'expérience de la came, de la privation, de la prison et de la fuite ; il apprend "l'équation de la came", qui n'est ni une jouissance ni un plaisir, mais un mode de vie. Un livre qui fit scandale lors de sa première publication, et qui laisse présager l'oeuvre à venir.