Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Morts d'inanition. Famine et exclusions en France sous l'Occupation
Bueltzingsloewen Isabelle von ; Bonnet Ludivine ;
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753501362
Pour la plupart des Français qui l'ont vécue, la période de l'Occupation évoque en premier lieu l'immense difficulté à vivre au quotidien. La pénurie des produits de première nécessité, soumis à un rationnement de plus en plus sévère, oblige nombre d'entre eux à élaborer de véritables stratégies de survie. La faim, dont le spectre avait cessé de hanter les imaginaires, redevient une expérience largement partagée et structure bien des existences recentrées sur la satisfaction au jour le jour des besoins vitaux. Or si les historiens admettent que les difficultés de ravitaillement et les " privations " ont joué un grand rôle dans la montée des oppositions au régime de Vichy, ils ne se sont guère intéressés aux victimes de la " famine lente ". Difficiles à dénombrer, celles-ci ne sont pas prises en compte dans les statistiques des victimes du conflit. C'est à cette lacune que remédie cet ouvrage qui tente d'identifier tous ceux qui, dans la France occupée, sont morts de faim, de froid mais aussi de pathologies afférentes à la dénutrition (tuberculose en particulier). Parce que, trop isolés ou trop fragiles, ils n'avaient pas les moyens financiers, physiques et/ou psychiques de remporter cette épuisante " course aux calories " à laquelle il fallait se livrer pour survivre. Les auteurs se penchent sur le sort des " pensionnaires " de collectivités, hospitalières (hospices de vieillards, hôpitaux généraux, sanatoriums) et non-hospitalières (prisons, camps d'internement), en mettant l'accent sur celui des aliénés internés dans les hôpitaux psychiatriques qui ont payé le plus lourd tribut à la sous-alimentation. Ils analysent également le devenir des groupes socialement et biologiquement les plus vulnérables de la population des grandes villes et les ripostes, sélectives, mises en ?uvre par les autorités pour atténuer les effets des restrictions sur la santé publique.
Sous l'Occupation, 45 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim. Les a-t-on laissé mourir? Ont-ils étéexterminés par le régime de Vichy? Les psychiatres ont-ils été complices? Alexis Carrel a-t-il été impliqué dans le drame? C'est ce que, aujourd'hui, les partisans d'un devoir de mémoire mal compris martèlent avec force. Pour la première fois, une historienne mène l'enquête. Des années de recherche, dans des archives recelant des témoignages parfois insoutenables, lui ont été nécessaires pour reconstituer ce qui est passé et en livrer une interprétation. Au lecteur de se prononcer sur les responsabilités engagées dans la tragédie.
Résumé : Sous l'Occupation, 45 000 malades mentaux sont morts derrière les murs des hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim et de froid. Ont-ils été exterminés par le régime de Vichy qui aurait fait siens les préceptes eugénistes d'un Alexis Carrel ? Les psychiatres ont-ils été complices de ce " génocide des fous " ? C'est ce que les militants d'un devoir de mémoire mal compris martèlent avec force depuis deux décennies. Pour en finir avec la polémique, une historienne a mené l'enquête. Des années de recherche dans les archives lui ont été nécessaires pour reconstituer le scénario dramatique qui a conduit à l'hécatombe et pour donner enfin une place dans la mémoire collective à des victimes " transparentes ". L'Hécatombe des fous a reçu le prix Jean Finot de l'Académie des sciences morales et politiques, le prix Pierre Simon Éthique et Société, la médaille d'or de la Société française d'histoire des hôpitaux et le prix de l'Évolution psychiatrique.
Le terme de vulnérabilité est aujourd'hui devenu omniprésent dans les discours scientifiques, politiques et médiatiques, comme hier celui d'exclusion. Stigmatisé par certains sociologues comme " mot-valise " ou pour son emprunt aux politiques publiques, regardé avec méfiance par les historiens qui réfutent par principe l'anachronisme, il mérite pourtant d'être pris au sérieux : car les termes sont des analyseurs des temps, et celui-ci recèle de surcroît d'importantes potentialités. Réunissant principalement des historiens et sociologues, cet ouvrage invite donc à réfléchir au terme en articulant questions sanitaires et sociales. Trois thématiques sont en particulier abordées. D'une part, un questionnement sur l'opérationnalité du concept, avec des contributions de philosophes, historiens, sociologues et juristes. D'autre part, la reconstitution de parcours de grande vulnérabilité (maladie psychiatrique, Alzheimer, cancer, vie à la rue...) et l'analyse de leurs accompagnements, des aidants familiaux et professionnels aux thérapeutes. Enfin, l'évolution les politiques et dispositifs publics de traitement de la vulnérabilité sur un long XXe siècle, sous des prismes catégoriels : chômeurs, personnes âgées, adolescents difficiles, sans domicile fixe. En définitive, il s'agit moins de se faire les hérauts du terme de vulnérabilité que de tenter de le solidifier, ne serait-ce qu'a minima, au service de deux types d'usages opératoires : d'une part, aux niveaux micro- et méso-sociologiques, mieux comprendre les fragilités médico-sociales dans leur dimension processuelle et pluri-dimensionnelle, ainsi que les incertitudes inhérentes à l'accompagnement; d'autre part, au niveau macro-sociologique, permettre de (re)penser les renouvellements des politiques publiques et de la conception contemporaine du lien social.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.