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Lepage. Une monographie
Buch Serge ; Ratier Gilles ; Lador Pierre Yves
MOSQUITO
18,00 €
Épuisé
EAN :9782352830122
Prémices d'une vocationSi l'on regarde de quelle époque datent vos premiers pas en matière de bande dessinée, on peut affirmer sans aucune hésitation que ce devait être chez vous une véritable vocation.Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu faire de la bande dessinée. En 1973, j'avais sept ans. Mes parents m'avaient offert le livre Archives Hergé où était republié pour la première fois Tintin au pays des Soviets. Il y avait dans ce gros bouquin une petite biographie d'Hergé avec une photo dans son atelier. J'ai pris conscience là qu'il y avait quelqu'un derrière les livres, c'était quelque chose qu'avant cet âge je n'appréhendais pas. J'ai réalisé que raconter des histoires aux gens pouvait être un métier. J'aimais dessiner. Dès que je rentrais chez moi après l'école, je me jetais sur mes crayons et je dessinais une demi-heure, à peine plus, avant d'aller jouer. Je vivais alors en communauté et j'étais - m'a-t-on dit -un enfant très secret mais qui entraînait les autres dans son imaginaire par une capacité que j'avais à inventer des histoires. J'imaginais et construisais des cabanes, avions, tunnels, sous-marins, blockhaus, confectionnais des déguisements et ça suscitait l'envie des autres enfants d'entrer dans cet imaginaire, ce qui parfois ne manquait pas d'inquiéter certains adultes qui craignaient une mauvaise influence sur leur progéniture! Ce début de vie où l'imaginaire et le réel se côtoyaient tout naturellement est fondateur de mon désir de faire de la bande dessinée. C'est certainement une forme de nostalgie de ce "paradis perdu" qui constitue la genèse de mon parcours.Vous avez peut-être bénéficié d'un terrain favorable, nombreux sont vos confrères qui ont rencontré l'hostilité de leurs parents qui leur disaient de faire plutôt des études sérieuses débouchant sur "un vrai métier". Avez-vous connu un contexte culturel familial permettant de vous épanouir dans ce domaine?C'est plus complexe que cela. Aux yeux de mes parents l'important était que je fasse quelque chose que j'aimais. Ils ne m'ont jamais empêché de faire de la bande dessinée. En revanche, je sais que ce désir a suscité chez eux une certaine inquiétude. Ils ne me l'ont pas manifesté à l'époque et je leur en serais toujours reconnaissant. Ce n'est que bien plus tard qu'ils m'ont dit avoir eu à subir des commentaires amusés du genre «Tout cela n'est pas bien sérieux». Ces commentaires, je les conçois fort bien: condescendance, mépris quant au genre que je choisissais par rapport à de "vraies" études menant à un "vrai" métier. Mes parents ont dû en souffrir parfois... en silence. Les remarques les plus blessantes sont celles que l'on reçoit de ceux qu'on aime. Ils m'ont invité bien sûr à faire des études, ce que j'ai fait. Je vois ça aujourd'hui comme autant de gages que l'on donne pour pouvoir accomplir plus simplement ce à quoi l'on aspire et, au fond, à être. Je n'étais pas le genre d'ado à partir bille en tête et crier «Vous êtes tous des cons!» mais plutôt à penser «Fichez-moi la paix!». Cette condescendance des enseignants, de certains amis de mes parents, de mes copains de classe m'a au contraire fortifié. Dans mon coin, en silence, je faisais mes armes, j'avais d'autant plus quelque chose à prouver. Devenir auteur de bande dessinée était un rêve que l'on me présentait inaccessible. Pourtant le dessin devenait alors plus qu'une passion, c'était ma vie, et jamais je ne m'imaginais exister sans cela. Jamais je n'ai cru sérieusement faire autre chose. Je n'avais pas conçu d'autre alternative. Mes parents étaient inquiets mais je crois que j'interprétais leur silence comme une approbation. Au fond, je crois que je réalisais là quelque chose qu'eux, de par leur histoire, leur milieu, ne s'étaient jamais autorisé à faire. Ma mère peint depuis toujours mais elle a attendu ses quarante ans pour enfin se lancer. Mon père a des velléités d'écriture mais a attendu longtemps pour qu'enfin on le lise.
Résumé : Deux voix s'expriment en alternance dans ce livre : celle de Hans Christoph Buch qui a effectué plusieurs grands reportages en Afrique, et celle de Richard Kandt, médecin né à Munich que Bismarck envoya en 1897 chercher les sources du Nil. Hans Christoph Buch met ainsi en regard l'Afrique du passé et celle d'aujourd'hui. Au cours de ses séjours successifs au Liberia, au Rwanda, en Tanzanie et dans l'est du Zaïre, Hans Christoph Buch rencontre la dévastation, la guerre civile et l'horreur des camps cadavres putréfiés, médecins débordés par le flot des blessés, convois humanitaires bloqués par les rebelles. A l'hôtel, il écoute les récits de vies ravagées. Intercalé entre ces visions d'horreur, le récit de Richard Kandt creuse la perspective du livre. L'Afrique du passé est à la fois proche et différente de l'Afrique contemporaine. Le médecin évoque la beauté des paysages rwandais puis la corruption et la violence, déjà présentes à l'époque. En rapportant les paroles de ceux qu'il rencontre, en les décrivant et en donnant leur nom, Buch semble faire un effort désespéré pour leur rendre leur individualité. Les images du récit s'imposent à notre imagination avec force. Une vraie puissance se dégage du texte, dans l'horreur comme dans la grâce. La tragédie des génocides est traitée sous un angle profondément humain.
Résumé : Le château de Kafka, nous avertit l'auteur, ne se trouve pas en Bohême, mais dans les profondeurs du cerveau, et il s'éloigne au fur et à mesure que l'on s'en approche. De même ce récit étourdissant, dans lequel le lecteur avisé s'engouffrera avant de relever le pont-levis sur l'esprit de sérieux. On entre dans ce Palais des glaces par le colloque Kafka, qui eut lieu en 1963 dans un château des environs de Prague. Le gratin de la littérature et de la critique des blocs est-ouest, dont Roger Garaudy, René Depestre, Anna Seghers, Milan Kundera... s'y livre à des disputes passionnées sur le rôle de Kafka dans la Guerre froide, ses affinités avec Brecht, discute zombies et Barbe Bleue au sauna ou démasque l'Arpenteur K, probable agent sioniste infiltré aux cuisines. Entre deux agapes, on assiste à une pièce plutôt leste sur la dernière année de Casanova - dans le rôle-titre - au château de Dux où il mourut. Lequel chevalier galant, baron de Münchhausen en réalité, enfourchant son boulet de canon à remonter le temps, fait marcher son auditoire... jusque chez le sultan de Constantinople, en compagnie de Don Quichotte. Tout l'art d'édifier, ou de démolir, des châteaux en Espagne.
Tout le monde se souviendra de la terrible reprise du thème An die Freude, dans Orange mécanique : Ludwig van est l'idole d'Alex. Rééduqué aux sons de la neuvième, ce dernier est gagné par la nausée chaque fois que l'hymne lui est administré. Assez curieusement, dans son film, Stanley Kubrik a remplacé la cinquième par la neuvième. Peut-être se souvenait-il que le poème de Schiller (An die Freude), était joué dans les camps, enfermant dans un geste qu'Esteban Buch n'hésite pas à qualifier de "satanique", ses auditeurs dans le même cercle de violence barbare que le cynique Arbeit macht Frei.Histoire politique, l'étude d'Esteban Buch trouve doublement sa place dans la bibliothèque de Pierre Nora. D'abord parce qu'elle est l'histoire de la fonction de la musique dans la construction de l'identification nationale. Pour l'Allemagne, comme auparavant pour la France de la Révolution Française, instituer la Nation c'était aussi en institutionnaliser la voix. Et de ce point de vue, Esteban Buch nous montre parfaitement comment l'?uvre de Beethoven est devenue emblématique d'une certaine idée de la nation allemande, en quête de son identité politique. Ensuite parce qu'au fond, à travers une histoire de sa réception, ce qu'il met en valeur, ce sont les mécanismes de "mémoirisation" qui ont fait de cette ?uvre un bien singulier lieu de mémoire. D'Auschwitz à Sarajevo (joué en 96 par Yehudi Menuhin), en passant par son adoption, en 1972, par le Conseil de l'Europe comme hymne communautaire, sans oublier l'année 1981, lorsque François Mitterrand le choisit comme hymne d'investiture, le prélude de l'hymne à la joie aura décidément porté de bien étranges inspirations.Musicologue, sociologue, Esteban Buch s'était déjà fait remarquer lorsqu'il était étudiant à l'EHESS par un très prometteur mémoire sur l'hymne argentin. Il a également publié aux éditions Actes Sud, en 1994, une passionnante étude sur Alban Berg.--Joël Jégouzo--
Résumé : Ogrour et Arfath vivent en Chartreuse pendant la préhistoire. Sont-ils si différents des enfants actuels quand il s'agit de sauver un ourson orphelin ?
Résumé : Des champs de bataille du roi de Prusse à la guerre civile en Yougoslavie, quatre moments de folie meurtrière. Avec une pointe de fantastique, Toppi dénonce la bêtise de la guerre.
Gotlib nous a quittés le 4 décembre 2016. Sa disparition a suscité une cascade d'articles dans la presse, montrant bien l'impact que son oeuvre a eu sur au moins deux générations de lecteurs. Le fait que tous ses livres soient disponibles et constamment réédités en est un autre témoignage sûr. Cependant la littérature secondaire disponible sur Gotlib n'est pas à la hauteur de l'immense humoriste et rénovateur de la bande dessinée qu'il a été. On trouve surtout des recueils d'hommages, des écrits de circonstance et des approches biographiques, mais finalement peu de travail critique. La forme de l'Abécédaire est particulièrement appropriée pour tenter d'embrasser la totalité d'une oeuvre très dispersée, qui a connu des périodes très différentes, des supports de publication multiples, et qui comprend plusieurs collaborations importantes - sans oublier que Gotlib n'a pas été seulement un auteur, mais aussi un directeur de magazine, mentor de toute une génération de dessinateurs. Richement illustré, cet Abécédaire composé de soixante-neuf articles décrit l'oeuvre de Gotlib en étendue, en retraçant la généalogie et le caractère propre de tous ses personnages importants, et l'interroge dans ses dimensions narrative, comique, graphique, sociologique, transgressive, autobiographique, psychanalytique, voire politique.
L'Hiver en été est l'artbook consacré au travail de Jean-Pierre Gibrat de ces vingt dernières années, en particulier autour des séries Le Sursis, Le Vol du corbeau et Mattéo. L'auteur a lui-même sélectionné ses meilleurs dessins, supervisé la création du livre et porté le plus grand soin à la reproduction de ses dessins. Fait rare chez les auteurs de bande dessinée, Gibrat partage son temps entre ses séries et les illustrations qu'elles lui inspirent. On peut "lire" ses illustrations dans la continuité de ses albums, que l'on retrouve ses héroïnes en plein exode, parmi les réfugiés fuyant Paris, ou sur le quai d'une gare, regagnant la capitale après la défaite allemande. A travers ces dessins réalisés en couleur directe, Gibrat nous offre sa représentation de la beauté féminine, mélange de force, de fragilité, d'humour et de sensualité. On ne peut s'empêcher de tomber amoureux des femmes de Gibrat ! Jeanne, Cécile et Amélie sont mise à l'honneur dans ces pages grand format, dans les contextes historiques des événements du XXe siècle ou dans la simplicité de leur vie quotidienne, assises à la terrasse d'un café, dans le métro parisien ou songeuses, faisant quelques pas sur la plage. Tout au long du livre, dans une longue interview menée par son amie Rebecca Manzoni, Jean-Pierre Gibrat se dévoile et nous fait partager avec humour et sincérité son goût de l'Histoire, de la représentation féminine, ses influences en dessin, en littérature, en cinéma, et son parcours original, depuis les premières caricatures à la façon des Grandes Gueules jusqu'à ses derniers albums, en passant par l'incroyable richesse des années "Pilote".
Devenu l'un des auteurs emblématiques de la "nouvelle bande dessinée" , et avec plus de 160 livres à son actif, Lewis Trondheim s'est essayé à tous les genres. Il est aussi membre fondateur de l'Oubapo (Ouvroir de bande dessinée potentielle), cofondateur de l'Association, et dirige la collection "Shampooing" aux éditions Delcourt. Il a contribué à la création du SNAC BD (syndicat des auteurs de bande dessinée) et a inventé le "Fauve" devenu la mascotte du festival d'Angoulême, manifestation qui l'a couronné de son Grand Prix en 2006. Cette carrière d'une richesse remarquable le place au carrefour de toutes les évolutions récentes de la bande dessinée. D'habitude peu enclin aux interviews et aux apparitions médiatiques, Lewis Trondheim s'est cette fois longuement entretenu avec Thierry Groensteen, théoricien et historien de la bande dessinée, et ami de longue date. Le texte qui en résulte éclaire non seulement un parcours artistique aux avant-postes de la création contemporaine, mais également une personnalité intègre, un esprit agile et inquiet, un tempérament joueur. Ce recueil d'entretiens, illustré de nombreux documents rares ou inédits fait le bilan - provisoire - d'une carrière étonnamment féconde. Enrichi du témoignage d'une dizaine de proches de Lewis, cet ouvrage paraîtra à l'occasion de l'exposition rétrospective "Lewis Trondheim fait des histoires" présentée au musée de la Bande dessinée d'Angoulême de janvier à mai 2020.
Résumé : Pour celles et ceux qui ressentent vivement l'arrogance de la culture officielle, la lecture de Corto Maltese est jubilatoire. Car découvrir cette bande dessinée, c'est pénétrer dans un monde où rien ne s'exclut, où tout coexiste : l'enfance et la vieillesse, l'action et le détachement, l'amour et l'envie de s'y dérober, l'utopie et le pragmatisme, les comportements chevaleresques et l'avidité (Corto et Raspoutine...), la bouffonnerie et la mélancolie, les militaires et les magiciennes, les civilisations du passé et celles du présent, les voyages dans l'espace et les voyages dans le temps. L'art d'Hugo Pratt se moque de la distinction entre réflexion et divertissement, entre culture noble et populaire, ces distinctions qui fondent notre éducation. A chacune de ses planches, ces catégories, sinistres cloisonnements, volent en éclats. Cet essai romanesque est la célébration de cet univers sans frontières. Il évoque Hugo Pratt, que l'auteur a connu, à travers l'exploration de son art : il cherche à retrouver un disparu à travers la beauté de son trait. Enfin, il est une interrogation sur l'amour de la bande dessinée, sur ce qui le fonde.