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Le totalitarisme. Origines d'un concept, genèse d'un débat 1930-1942
Bruneteau Bernard
CERF
41,80 €
Épuisé
EAN :9782204092081
Le totalitarisme a dominé et écrasé une bonne partie du XXe siècle. Qualifiant une forme de pouvoir "total", le mot désigne aussi un concept (l'idéal-type dudit pouvoir) et une théorie (une catégorie de régime opposé à la démocratie). Utilisé de façon polémique au temps de la Guerre froide, il a constitué un enjeu politique majeur et, aujourd'hui encore, son usage semble sacrilège pour ceux qui refusent tout parallèle entre l'Allemagne nazie et l'URSS stalinienne, entre une idéologie raciste et une utopie universaliste, même dévoyée. Dans cette anthologie, sont présentés plus de cinquante textes souvent inédits ou oubliés. Ils mettent en lumière l'historicité d'un concept qui, en réalité, doit peu aux affrontements de la Guerre froide. En effet, c'est "à chaud", dans les années 1930, en plein développement du communisme en URSS, du fascisme en Italie, puis du nazisme en Allemagne, que les premières perspectives comparatistes apparurent. Bien avant les analyses canoniques d'Hannah Arendt, des philosophes, des juristes, des historiens et des économistes, européens et américains, ont précisé les mécanismes idéologiques et les structures de pouvoir présidant à une convergence entre les trois régimes. Lieu commun de la réflexion politique dans l'avant-guerre, le totalitarisme est alors au coeur d'un renouvellement des questionnements sur la démocratie, sur sa refondation philosophique, sur la protection que peut lui assurer la loi. Et pour ceux qui définissent une nouvelle catégorie de dictature, fondamentalement différente des formes traditionnelles, le combat contre elle va bien au-delà du seul antifascisme.
Si l'"idée d'Europe" fondée sur le constat d'une unité de civilisation s'enracinant dans la Christianitas médiévale et le Siècle des Lumières est ancienne, l'"idée européenne" est quant à elle récente. Elle naît dans le premier XXe siècle du refus de la distorsion entre une Europe culturelle vécue, voire fantasmée, et l'histoire politique d'un continent déchiré parles guerres et les affrontements idéologiques. Associée aux idéaux de paix internationale et sociale, illustrée par des projets volontaristes d'unité économique et politique, l'idée européenne fut volontiers présentée par ceux qui s'en firent les porteurs comme une idée politique moderne destinée à rénover ou dépasser les concepts issus du XIXe siècle - lanation, l'Etat, le marché. Avec le démarrage de la construction européenne qui suit la Déclaration Schuman de 1950, l'"idée" devaits'inscrire tant bien que mal dans les faits, laissant alors la place au débat sur telle ou telle "politique" européenne. Cet ouvrage met en scène les projets européens formulés et débattusentre 1900 et 1950. Il rassemble et introduit 145 textes qui reflètent les sensibilités politiques de leurs auteurs, les intérêts des milieux dont ceux-ci sont issus et les circonstances qu'ils sont amenés à traverser. Au fur et à mesure des années, ces textes révèlent des degrés différents de conscience européenne, traduisent des attentes concrètes, expriment des visions globales, esquissent des solutions techniques. Ainsi, par-delà leur historicité, les questions qui traversent l'Union européenne actuelle avaient déjà été posées: le rapport à la mondialisation, le lien transatlantique, l'identité "européenne", les "deux Europes", l'unité de régime politique, les limites de l'Europe...
Brexit, progrès des partis eurosceptiques et europhobes, désaccords sur la politique migratoire, discrédit des politiques communautaires d'austérité... L'UE en crise érode l'attrait pour le projet européen en semblant donner raison à ceux qui l'accablent de tous les maux. En un essai exigeant et incisif, Bernard Bruneteau montre que cette hostilité s'inscrit dans le temps long. L'europhobie recouvre en effet plus d'un siècle d'histoire, de Lénine à Marine Le Pen, de l'internationalisme communiste au néo-populisme identitaire. Au nom de la lutte des classes et en haine du Capital, l'Internationale fut violemment opposée aux projets de fédéralisme européen qui s'épanouirent dans l'entre-deux-guerres. A la même époque, sur un autre versant, l'exacerbation des nationalismes vint malmener le rêve d'une Europe supranationale porté par une poignée de penseurs libéraux. Les avatars de ces deux matrices continuent d'inspirer les discours d'opposition à l'UE. Et tendent de plus en plus à mêler leurs voix.
Résumé : Parfois présenté comme inhérent à la nature humaine, le totalitarisme est encore assimilé à sa représentation orwellienne : contrôle absolu, terreur, mensonge d'État, Homme nouveau? La notion a en outre longtemps pâti du mythe communiste comme de la diabolisation du fascisme. Pour une part notable de l'intelligentsia, la mémoire du totalitarisme reste donc sélective, donnant ainsi lieu à de nombreuses querelles d'interprétations? Ce qui relèvera de l'idée reçue pour les uns, sera vérité pour les autres. Toutefois, que le totalitarisme soit singulier ou pluriel, Bernard Bruneteau nous montre ici l'importance de la comparaison historique pour appréhender au plus juste cet âge totalitaire qui marqua profondément le XXe siècle.
La famille gaulliste vit sur une nostalgie : celle des grandes lois agricoles Debré-Pisani de 1960 - 62. Depuis plus de trente ans, elle n'en finit pas de défendre le modèle d'agriculture issu de ces lois historiques et son principal bénéficiaire, le paysan-entrepreneur. En dépit d'une force électorale qui s'amenuise d'année en année, le monde agricole et ses organisations les plus représentatives, FNSEA et CNJA, gardent, aux yeux des héritiers du Général, un étonnant pouvoir de séduction. Cet ouvrage montre comment la "génération Debatisse" a permis à l'UNR de se démarquer de la droite traditionnelle et de contester le pouvoir des notables. Il explique aussi comment la politique agricole des années 1960 - 1970 a pu cautionner la doctrine gaulliste en consacrant la centralité de l'Etat, la participation des intéressés et l'objectif de modernisation. A travers l'histoire de la "cogestion" agricole, l'auteur réévalue donc le poids de la médiation politique dans l'affirmation d'un corporatisme sectoriel bien particulier. Une question se pose néanmoins aujourd'hui : à l'heure de l'épuisement du modèle productiviste et de la toute puissance de Bruxelles, le parti de Jacques Chirac n'est-il pas en train de perdre une part de son héritage ?