Depuis le XIXe siècle, le journal ou la revue jouent un rôle fondamental dans la promotion des artistes. Ils constituent un lieu d'échange et de rencontre avec le public, avec d'autres artistes, avec l'actualité, et surtout, avec l'écriture. A la suite des recherches menées sur les écrits d'artistes et sur les liens qu'entretient la presse avec les arts et la littérature, le présent ouvrage prend pour objet les contributions des artistes aux supports périodiques, sur les plans de l'écriture, de la direction et de la gestion. Sous la désignation d'"artiste" sont pris en compte tant peintres que sculpteurs, compositeurs ou metteurs en scène. Les périodiques abordés incluent revues artistiques et littéraires, mais aussi journaux et revues généralistes, "petite presse" et magazines. Chaque chapitre met ainsi au jour le rôle des revues et de la presse quotidienne dans la structuration de la vie artistique et les trajectoires individuelles des artistes. Des figures notoires sont étudiées aussi diverses qu'Honoré Daumier. Nadar. Auguste Rodin, Paul Gauguin, Jacques Copeau, Salvador Dali ou Pierre Boulez, ainsi que des titres particuliers, comme L'Artiste, Musica, Valori Plastici ou Aspen. Ce livre envisage le recours aux périodiques comme une porte ouverte sur le monde pour les artistes, l'accès à un espace de confrontations et d'influences multiples, en plaçant cette expérience en perspective avec l'oeuvre artistique.
C'est une forêt pleine d'enchantements, aux beautés émouvantes et variées. On y trouve des allées majestueuses qui s'enfoncent sous les hautes ramures comme d'immenses nefs de cathédrales ; des sentiers sinueux et pittoresques, où les branches des buissons vous fouettent le visage, et qui tantôt escaladent un raidillon, tantôt descendent dans un vallon obscur vers les eaux dormantes d'un étang qui étale sa face lumineuse sous l'azur du ciel". (Iwan Gilkin) Longtemps demeuré agricole, le plateau du Solbosch a été urbanisé en plusieurs phases, à la suite de l'Exposition universelle de 1910. Il comprend, à l'est, l'Université, des logements et le cimetière d'Ixelles ; plus au sud, la chapelle de Boondael : un quartier voué à l'habitat, à l'éducation, au repos, dominical ou éternel, à cheval entre le territoire de Bruxelles et celui d'Ixelles. A l'ouest et au sud, le bois de la Cambre et la forêt de Soignes, poumons verts de la capitale. Nombre d'écrivains ont été formés à l'Université, qu'ils n'ont pas manqué de décrire dans leurs oeuvres. Comme leurs confrères et consoeurs, ils évoquent aussi souvent les espaces de loisir, méditent au cimetière, animent les lieux culturels, vivent dans et rêvent de cet espace, à l'instar d'Iwan Gilkin évoquant la forêt de son enfance. Ce guide leur donne la parole.
Brogniez Laurence ; Wright Barbara ; Dupont Christ
L'écrit d'artiste se cristallise historiquement à la Renaissance pour constituer ce qui, avec les périodes moderne et contemporaine, apparaît aujourd'hui comme une tradition féconde. En Belgique, où la proximité entre peintres et écrivains a toujours été particulièrement intense, nombreux sont les artistes qui ont prolongé le geste du pinceau par la plume. Souvent envisagée sous l'angle de l'analyse des "écrits d'art" (critique d'art ou transposition littéraire d'oeuvres picturales) et des pratiques "mixtes" où mots et images se partagent le même espace (logogrammes et poèmes visuels), l'étude des rapports solidaires qu'entretiennent champs littéraire et artistique en Belgique depuis le XIXe siècle n'avait pas, jusqu'ici, suscité de recherches systématiques sur la question des écrits d'artistes. C'est donc au départ de ce constat que le projet d'un colloque consacré aux Ecrit(ure)s de peintres belges a vu le jour aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur. Le présent volume réunit les contributions des spécialistes de la littérature, historiens et historiens de l'art, venus, à l'occasion de cette manifestation, confronter leurs approches respectives. Au travers d'une grande diversité de formes, et dans des textes parfois inédits - journaux, lettres, écrits de voyage, récit, théâtre, poésie -, des artistes tels que Wiertz, Stevens, Ensor, Degouve de Nuncques, Elskamp, Michaux, Dotremont révèlent ainsi le talent de l'autre main, pour reprendre le titre d'un livre de Pierre Alechinsky, ou les complexités d'une double pratique. Ce parcours est complété par la parole d'un artiste contemporain, Patrick Corillon, pour qui la littérature est plus qu'un simple mot.
Dès la fin du XIXe siècle, on imagine volontiers les héroïnes de Maeterlinck, de Lorrain ou de Laforgue sous les traits de pâles Ophélie, inaccessibles "Damoiselle élue", Beata Beatrix et autres Lady Lilith immortalisées par les préraphaélites anglais. Si certains écrivains ont cherché l'incarnation de leur rêve dans ces images fascinantes, d'ailleurs plus souvent commentées que réellement contemplées, est-on pour autant autorisé à parler, au nom d'un parallélisme thématique, d'une influence de la peinture préraphaélite sur la littérature symboliste ou faut-il envisager le succès du mouvement anglais sur le continent comme le résultat d'une campagne menée par un groupe d'écrivains cherchant à se doter, par tous les moyens, d'une branche picturale ? C'est à cette question que Laurence Brogniez se propose de répondre en tentant de démêler les enjeux, tant esthétiques que stratégiques, qui se dissimulent dans les milieux symbolistes belges et français sous l'utilisation du mot "préraphaélite". Ce "vocable magique dont la vertu semble dispenser de tout éclaircissement", comme le décrivait déjà un critique de l'époque, invitait à être redéfini à la lumière des recherches récentes entreprises sur le creuset artistique que fut la fin du XIXe siècle en Europe. Une fin de siècle qui ne ressemble qu'à elle-même pour avoir su créer des rencontres inédites entre littérature, musique et arts plastiques.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.