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Quelques remarques à propos du kitsch
Broch Hermann
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844850706
Tout comme De la bêtise de Musil, Sur le Kitsch est le texte d'une conférence que Broch prononça aux Etats-Unis en 1950. Et tout comme De la bêtise, ce bref essai, que l'on pourrait croire de circonstance, met en jeu, sans en avoir l'air, les questions les plus profondes. C'est que le kitsch, cette esthétique qui touche aussi bien la littérature que la musique que l'architecture, et qui privilégie l'effet "tape-à-l'oeil", est lié essentiellement aux bouleversements sociaux et son triomphe correspond à l'apparition d'un nouveau spectateur des oeuvres d'art. Avec malice, finesse, et une immense érudition, Broch va débusquer le kitsch là où on ne s'attendrait pas à le trouver et donne a contrario cette définition de l'oeuvre d'art authentique : "elle éblouit l'homme jusqu'à le rendre aveugle et elle lui donne la vue".
Le présent recueil de lettres embrasse vingt-deux années de la carrière d'écrivain de Hermann Broch. Il commence en 1929, année où Hermann Broch, en achevant son premier roman Les Somnambules, décide d'abandonner son activité de grand industriel autrichien pour se consacrer à la littérature et à la philosophie ; il nous conduit jusqu'en 1951, année de la mort de l'écrivain, que les persécutions nazies ont fait fuir en Amérique où il termine ses jours comme professeur à l'université de Yale. Herman Broch apparaît dans les pages de ce livre comme un esprit universel, à la fois logicien, mystique et voyant. Ce recueil de lettres est la confrontation d'un grand esprit avec les problèmes qui se posent à notre époque et dix ans après sa mort, sa vision de notre monde est toujours aussi actuelle.
Nouvelle édition revue et augmentée en un volume4e de couverture : Les Somnambules est une trilogie romanesque qui conduit le lecteur de l'Allemagne impériale à l'effondrement de 1918. L'écroulement des valeurs qui avaient soutenu la société allemande tout au long du XIXE siècle est décrit par le menu dans ses trois volets, étapes de cette dégradation. «L'Histoire a détruit l'Europe centrale. Le grand roman de l'Europe centrale a détrôné l'Histoire.» Milan Kundera.Notes Biographiques : Né à Vienne le 1E¿ novembre 1886, Hermann Broch a dirigé une manufacture de textiles de 1916 à 1927. Il a repris de 1928 à 1931 des études de mathématiques, de philosophie et de psychologie à l'université de Vienne. Dès 1935 il s'est retiré pour écrire. En 1938, il est emprisonné. Libéré, il émigre aux États-Unis où il séjourne à Princeton et à Yale. Il meurt à New Haven le 30 mai 1951.
Résumé : Ce volume se compose de trois parties qui correspondent à chacune des trois activités, littéraire, philosophique et épistolaire, de l'écrivain. Dans la première partie ont été rassemblées des ouvres littéraires : le premier roman de Broch, La Grandeur inconnue, publié en 1933 et seulement réimprimé en 1961. Le personnage central est un jeune savant qui en arrive, comme Broch lui-même, à la suite d'un drame et de l'expérience de l'amour, à douter de l'efficacité de l'instrument logico-mathématique pour saisir la totalité du réel et à reconnaître, à côté, la valeur de l'intuition poétique et mystique comme moyen de connaissance. A la suite de ce roman figurent le début d'un roman inachevé, Filsmann, et deux nouvelles : Le Miroir de la mer et Le Retour de Virgile au pays natal. Dans la deuxième partie, les essais qui ont été rassemblés donnent une idée de l'évolution de la pensée de Broch, depuis son essai de jeunesse : Note pour une esthétique systématique, encore tout plein de l'influence de Schopenhauer et d'une philosophie de la vitalité inspirée par Nietzsche, jusqu'à ses essais de maturité : La vie sans idée platonicienne et Esprit et Esprit du temps où l'on trouve le thème central de la pensée de Broch : la désintégration du système des valeurs, consécutive à l'obscurcissement progressif d'une vision théologique du monde. La troisième partie de ce volume rassemble les lettres de Broch à Willa Muir, traductrice anglaise des Somnambules, qui recueillit l'écrivain chez elle, en Ecosse, quand l'Autriche fut annexée au Reich national-socialiste. Les lettres, qui vont de 1931 à 1940 et ne figurent pas dans le volume de lettres déjà publié, contribuent à préciser la conception que se fait Broch du roman nouveau, dans une période où toutes les valeurs et surtout celle de la littérature sont en question. Elles sont aussi un précieux document des réactions d'un esprit lucide et prophétique devant la montée et le déferlement du national-socialisme. Tous les écrits rassemblés dans ce volume ont donc le mérite de faire connaître des ouvres inédites ou peu connues d'un écrivain et d'un penseur dont l'importance littéraire et philosophique ne cesse de grandir.
L'Autobiographie psychique fait partie des oeuvres posthumes de Hermann Broch (né en 1886 à Vienne, mort en 1951 à New Haven). Le texte est né pendant son exil aux Etats-Unis vers 1942, et fort délicatement, Broch l'a envoyé à deux amies new-yorkaises qui ont pu y trouver une nouvelle preuve des subtilités dont fut capable son auteur. Sous l'influence de Freud, sous l'emprise de la psychanalyse, Broch tente d'expliquer à ses amies pourquoi il n'est pas capable de mener une vie normale. Quel sentiment, quel mobile le pousse à fournir toutes ces preuves de virilité alors même qu'il n'éprouve que du mépris pour ce genre de preuves. D'autant plus que tout cela est régulièrement suivi d'un retour à l'ascèse. La clé est pour Broch un terrible sentiment d'infériorité. Il est fascinant d'observer comment l'auteur arrive à donner une image de lui-même qui, malgré ses côtés difficiles - sur le plan érotique et sexuel qu'il décrit avec une remarquable franchise -, ne le rend pourtant pas trop "répugnant". Comme s'il avait voulu garder ses distances vis-à-vis des femmes et, en même temps, conserver leurs faveurs. Le lecteur trouvera dans ce volume un texte non moins intéressant : L'Autobiographie comme programme de travail (1941), une oeuvre posthume également. Il s'agit de l'histoire d'un problème aux "conséquences apocalyptiques", pour le dire sans détour, de "la perte de l'absolu, du problème du relativisme pour lequel il n'y a pas de vérité absolue". Broch parle ici du positivisme scientifique avec lequel il faisait connaissance à Vienne autour de 1900 et qui l'empêchait de poser des questions "métaphysiques" auxquelles lui et ses condisciples cherchaient désespérément des réponses.
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.