Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Levinas et le tournant sacrificiel
Brezis David
HERMANN
53,85 €
Épuisé
EAN :9782705682613
Extrait de l'introductionL'oeuvre d'Emmanuel Levinas réserve à ses lecteurs une aporie redoutable. Comment accueillir son Dire, marqué au sceau d'une injonction si radicale qu'elle s'impose, semble-t-il, avant tout consentement? Doit-on le faire selon la modalité qu'il fixe lui-même pour l'accueil de l'Autre? Y répondre sans réserve, sans délai, dans l'urgence d'un inconditionnel «me voici»? Ou bien, rejetant la mise en demeure entraînée par cette mise en abyme, est-on fondé à s'arrêter aux tours et détours de sa pensée, à s'attarder à son Dit, à sa manière de se dire, se dédire, voire se contredire? En d'autres termes, est-on, selon le mot de Derrida, d'emblée obligé par Levinas? Ou bien est-on autorisé à questionner cette obligation, à la traduire dans un discours argumenté, au risque d'en trahir l'inconditionnalité? De fait, ce dilemme rappelle celui que Levinas formalise lui-même à travers la scansion du Dire et du Dit. Si le Dire éthique est incontestablement premier, il faut, et Levinas insiste avec force sur cette nécessité, qu'il se traduise - quitte à se trahir - dans le médium du Dit, qu'il laisse place à une pensée ouverte à l'analyse, au débat, à la critique. C'est le fameux passage, induit par l'entrée du tiers, de la subordination sans limite à autrui au moment dérivé de la justice, qui modère ou tempère ce «sans limite» au profit d'une approche réflexive, comparative, objective. Ainsi peut-on se prévaloir de Levinas pour réfléchir sur ce qui suppose selon lui un engagement antérieur à toute réflexion. Car, dans le cas contraire, comment reconnaître la légitimité même de sa pensée? Pourtant, une telle caution ne va pas de soi et, dans une autre perspective, il semble que, pour Levinas, le traduire soit déjà réellement un trahir. Car s'il reconnaît expressément la nécessité du moment dérivé -nécessité d'un arrêt face à ce qui est «intolérable à la pensée» -, l'appréciation qu'il porte sur lui est pour le moins équivoque. Dès lors que ce moment consiste à assigner une mesure à l'affolante démesure du pour-autrui, il paraît désigner une nécessité bonne - mal nécessaire salué par la formule «grâce à Dieu». Mais il peut aussi désigner la source même du mal - mal radical de l'Être en tant qu'il se déploie comme constante récupération par le Même de toute sortie vers la transcendance de l'Autre.Accompagnant Levinas tout au long de son parcours, cette équivoque habite un motif qui va constituer un des fils directeurs de la présente étude: le tournant qui mène de Totalité et Infini au radicalisme sans pareil d'Autrement qu'être. C'est en effet avec ce tournant - dont l'amorce est repérable dès le début des années soixante - que Levinas vient à mettre en cause la démarche essentiellement réflexive de la philosophie, au motif qu'elle contredit l'urgence absolue de l'injonction éthique:Le propre de la pensée est la critique - le fait de se retourner [...] Le primat de l'idée de l'être tient à ce retour. Lequel tient à un arrêt, à une épochè [...] Marcher sans se retourner - tel serait le caractère propre de l'idée de l'Infini, marche sans arrêt.Ne pas avoir le temps de se retourner = ne pas réfléchir = [...] être d'emblée responsable.La relation avec l'infini appelle d'urgence au point de ne pas laisser le temps pour se retourner.
Personnage central de l'œuvre de Kierkegaard, la figure paternelle se réfracte, comme à travers un jeu de miroir, en un ensemble de représentants plus ou moins valorisés de la paternité : figure admirée du père dont Soren soupçonne la faute lors de l'énigmatique Tremblement de terre, figure idéale de Dieu, figures défaillantes du penseur spéculatif et du prédicateur de la chrétienté (Hegel, l'évêque Mynster, le professeur Martensen ... ). Entre ces figures se dessine un vaste réseau de correspondances à partir duquel s'éclaire, sous un jour nouveau, tout l'univers de Kierkegaard, aussi bien les événements marquants de sa biographie (rupture des fiançailles, polémique avec l'hégélianisme, débat avec l'Eglise) que les concepts majeurs de sa pensée.
L'IDIOTISME Dictionnaire d'expressions idiomatiques Français-anglais Anglais-français L'idiotisme est une locution qu'on ne peut traduire littéralement. Les expressions anglaises et françaises qu'on ne peut traduire mot à mot sont innombrables. "He is out of the woods" devient "il est tiré d'affaire". "For all the tea in China" se traduira par "pour tout l'or du monde". Dans ce dictionnaire quand l'équivalent n'a pas été trouvé, l'expression est traduite. Elle est toujours le reflet de l'histoire et de la culture du pays d'origine. Cette deuxième édition répertorie un tiers d'expressions en plus que la première édition.
Résumé : Les uvéites sont des pathologies fréquentes et d'étiologie extrêmement variée (d'origine bactérienne, inflammatoire, ou liées à des traumatismes, associées à un cancer... et appelées pseudouvéites). Cette pathologie représente la troisième cause de cécité dans le monde (environ 10% des handicaps visuels sont dus à des uvéites). Le Rapport 2010 de la SFO dresse un panorama complet de l'uvéite par les meilleurs spécialistes européens.
L'idiotisme est une locution qu'on ne peut traduire littéralement. On peut en comprendre chaque mot sans en saisir le sens : She is at sixes and sevens / elle est sens dessus dessous On peut aussi en percevoir le sens, mais l'image employée n'est pas la même dans les deux langues : Porter le chapeau / to hold the bag Quand l'équivalent n'a pas été trouvé, l'expression est traduite, mais ne figure que dans l'une des entrées du dictionnaire. Elle est souvent le reflet de l'histoire ou de la culture du pays. Le Français perd son latin quand il ne comprend plus et pour l'Américain l'indien n'a rien de bon. L'Indian giver est celui qui reprendra ce qu'il a donné.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.