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Mémoire de poussière et de neige
Breytenbach Breyten
GRASSET
27,95 €
Épuisé
EAN :9782246376811
Meheret, journaliste éthiopienne, et Mano, comédien métis sud-africain, vivent à Paris mais courent le monde, engagés qu'ils sont dans la lutte contre l'apartheid. La première partie du livre se présente comme une longue lettre de Meheret à son futur enfant. Elle lui présente sa famille - fantastique galerie de portraits où voisinent l'empereur Haïlé Sélassié et Guebre Gsiaber le boiteux, champion de tango d'Ethiopie. Elle brosse également le portrait de son père Mano, le doux révolté, leurs amours, le piège tendu à Mano dans son propre pays et sa condamnation à mort. La seconde partie a pour auteur Mano qui, en prison, écrit une série de lettres à son propre père et, ainsi, raconte sa mission, son procès, sa condamnation, ainsi que le scénario d'un film qui évoque la mort lente d'un détenu politique. Au fil de ces portraits, de ces scènes tour à tour truculentes (le récit de la vie de Fausto Coppi conté "tout compagnolo" par un vieux Voltaïque est un régal) et désespérantes (tel le dialogue d'intellos tiers-mondistes au bord de la piscine du grand hôtel d'Ouagadougou), une certitude s'impose : Breyten Breytenbach est un grand écrivain. Ce livre est son premier roman.
Regard d'un poète engagé sur le monde et ses dérives, sur son pays l'Afrique du Sud, dans sa nouvelle actualité, sur le continent africain et son devenir. ce recueil de quinze textes est un cri, un appel à la réflexion, à la remise en question, une invitation à la rigueur et à la vigilance. Ce livre tend un miroir accusateur à ceux qui écrasent, pillent ou utilisent le continent africain clans l'indifférence ou le silence complice; il interroge sur la place de l'artiste et sur ce qu'il advient de l'imaginaire clans ce continent si terriblement désespéré, et parfois si désespérant. Evoquant, tour à tour, son identité afrikaner ou ses souvenirs de prison, sa fervente admiration pour Mahmoud Darwich ou la mort des clandestins sur le chemin de l'exil, dénonçant la terrible responsabilité de Sharon et de Bush au Moyen-Orient, ou esquissant un rapprochement entre Nelson Mandela et Barack Obama, Breyten Breytenbach nous entraîne à travers les interstices du monde. Il nous invite à la rencontre de tous ceux qui, par leurs idées, leurs itinéraires, leurs choix, se sont arrachés à leur contexte premier pour accéder à un autre point de vue, pour créer une autre sphère de réflexion. Et c'est ainsi qu'il révèle ce "Monde du milieu" tout en nuances, différences, altérités, toujours en marge, et pourtant essentiel, où se retrouvent, en un fabuleux cortège d'intelligences, de nombreux artistes et intellectuels, de tous temps et de tous lieux.
En 1973, par autorisation spéciale des autorités et parce qu'il a reçu un important prix littéraire, Breyten Breytenbach effectue, après treize ans d'exil, un séjour de trois mois dans son pays, l'Afrique du Sud, en compagnie de son épouse, une "non-Blanche" , selon l'apartheid. C'est pendant cette "saison au Paradis" , sous le double patronage de Rimbaud et de Van Gogh, qu'il écrit ce récit, composé de notes de voyage, de souvenirs d'enfance, de réflexions, de poèmes, célébration lyrique, chargée d'émotion. Mais qu'on ne s'y trompe pas : sous l'apparent désordre que ne structurent que les étapes du voyage et la succession des jours, une pensée se construit, forte, sensible, ardente. Cet écrivain qui parcourt son pays, c'est un exilé qui jette un regard du dedans et du dehors sur une terre déchirée. "Tous ensemble, aveuglément et laborieusement, comme des fourmis, nous avons traîné ce pays au bord de l'enfer. Maintenant, nous pouvons parler si fort que nous ne sommes plus capables de distinguer entre le crépitement des flammes et le claquement de nos dents". Notons, cependant, dans la préface : "Ce livre était un manuel, une préparation à la prison : comment se faire coincer en dix pas. En 1975, je suis retourné au Paradis, je me suis précipité là où les autres avaient peur de poser le pied, j'ai dansé ma danse non dansée, j'ai été ramassé par les anges et, subséquemment, on m'a envoyé dans les sept années et demie suivantes être décomposé dans l'empreinte de la structure absente". Est-ce pour cela que ce livre est aussi "un chant funèbre pour une jeunesse à jamais perdue" ?
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.