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SNML. Anatomie d'une contrefaçon
Bredekamp Horst ; Brückle Irene ; Needham Paul ; L
ZONES SENSIBLES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782930601427
En janvier 1610, grâce à un téléscope dernier cri qu'il a fait venir des Pays-Bas, Galileo Galilei scrute la lune et observe pour la première fois des détails jamais repérés par ses prédécesseurs. Lors de ces observations lunaires, Galilée observa que la ligne séparant les surfaces éclairées et ombragées de la Lune était régulière au niveau des régions les plus sombres, mais irrégulière au niveau des régions les plus claires. Il en déduisit que la surface lunaire devait être montagneuse, un résultat qui s'opposait frontalement à la cosmologie d'Aristote qui avait cours depuis plus d'un millénaire... Le 13 mars 1610, après deux mois d'observations et d'écriture (il fit imprimer chaque partie du livre au fur et à mesure de ses découvertes, avant-même d'avoir fini l'ouvrage en intégralité), Galilée fait paraître à Venise le Sidereus Nuncius, un ouvrage qui allait bousculer l'histoire des sciences, à rebours de l'aristotélisme, où le scientifique rend compte de ses observations de nombreuses étoiles invisibles jusqu'alors à l'oeil nu, et où sont reproduites pour la première fois des représentations très précises de la surface rugueuse de la lune, grâce à quatre gravures en eau-forte. Outre les 500 et quelque exemplaires imprimés du Sidereus Nuncius, les abondantes archives de Galilée (correspondance, notes, etc.) nous apprennent qu'il avait demandé à son imprimeur vénitien de lui livrer 30 exemplaires sans les gravures de la lune. Les historiens des sciences ont depuis lors émis l'hypothèse selon laquelle Galilée avait demandé à ce que les gravures soient retirées afin qu'il puisse y substituer ses propres dessins de la lune, fait à la main, dans l'idée d'offrir à ses mécènes ces exemplaires collector personnalisés... Cette hypothèse ne fut jamais confirmée pendant quatre siècle... jusqu'a l'été 2005, quand l'un des plus grands marchands de livres anciens au monde, la librairie Martayan Lan, à New York, acquiert l'un de ces 30 exemplaires "hors-commerce" du Sidereus Nuncius (le Sindereus Nuncius Martayan Lan, ou SNML) où, à la place des gravures en eau-forte, se trouvent... 4 dessins de la lune, vraissemblablement de la main de Galilée lui-même. La découverte de cette copie, que la communauté scientifique attendait depuis des lustres, fit l'effet d'une bombe chez les connaisseurs de Galilée. Un consortium internationnal (des spécialistes allemands de Galilée, des experts américains en livre ancien, des historiens de l'art et des sciences, etc.) se met alors en place pour étudier de près, grâce à toutes les technologies existantes (ultraviolets, analyse des fibres du papier, etc.), cet exemplaire hors du commun, tant attendu. De ce travail collectif résulteront deux imposants ouvrages, Galileo's Sidereus Nuncius (2011) et Galileo Makes a book (2012), paru chez De Gruyter. Mais alors qu'à l'été 2012 le consortium se réunit pour fêter ces parutions... un autre expert commence à mettre en doute l'authenticité du SNML, et force ses confrères à se repencher sur le livre. De cette ultime expertise il fut en effet conclu que cet exemplaire était bel et bien un faux moderne, un chef-d'oeuvre de contrefaçon, une constatation qui annihila tout le travail effectué jusqu'alors, rendant caduques les deux ouvrages qui lui avaient été consacré. Le consortium décida alors de publier un troisième volume "d'excuse", qui "annulait" les deux précédents et où les experts firent acte de contrition, avouant qu'ils avaient été bel et bien bernés par un faussaire hors du commun... qui se trouvait être le libraire italien, Massimo de Caro, qui avait vendu cet exemplaire à Martayan Lan à l'été 2005. C'est la traduction française de ce troisième volume que nous publions aujourd'hui, auquel nous ajoutons une longue préface (détaillant la production livresque du livre par Galilée entre janvier et mars 1610) et une longue postface, où tout sera révélé sur ce faussaire italien fasciné par Galilée, par ailleurs responsable du vol de milliers d'exemplaires de livres anciens en Italie, subtilisés dans de prestigieuses bibliothèques... SNML est un méta-livre, un livre sur un (faux-)livre, dont la trame est digne d'un roman policier.
Résumé : La controverse sur les images a une histoire longue, de l'iconoclasme byzantin ou protestant jusqu'à la destruction de Bouddhas de Bâmiyân. Mais dans le monde intellectuel aussi, le statut des images n'a jamais été autant que dans les dernières décennies, dans le champ de la philosophie, l'archéologie et de l'histoire de l'art, notamment. Comment les images, aussi bien que leur pouvoir et leur impuissance, sont-ils devenus le centre de tant de débats publics ? Cette prolifération s'explique par la prédominance conquise par le visuel dans la plupart des domaines de la vie moderne, mais Horst Bredekamp fait le choix de comprendre un paradoxe qui hante la pensée de l'image depuis toujours : l'image, en tant qu'artefact créé par les humains, ne possède pas de vie propre, et pourtant elle développe une présence, une force même, qui emporte celui qui la regarde. Platon, Léonard de Vinci, Lacan, Heidegger, Warburg, nombreux sont ceux qui ont tenté de percer ce mystère de la puissance effective de l'image. De la statuaire grecque jusqu'aux performances scéniques de Michael Jackson en passant par les automates, les tableaux vivants et l'?uvre de Nikki de Saint-Phalle, Horst Bredekamp analyse plus de deux cents images afin de déployer une théorie originale et ambitieuse, celle de l'acte d'image. Conçue par l'auteur pour faire écho et contrepoint à la célèbre théorie de l'acte de langage, initiée par Searle et Austin, elle analyse la puissance spécifique recelée par l'image. Fort d'une telle théorie, il n'y a pas d'autre choix que de la replacer, au même niveau que le langage (et l'écriture), à sa juste place dans notre pensée de l'humain et de son histoire, de ses origines à nos jours. Traduit dans plusieurs langues, le livre de Horst Bredekamp est déjà une référence incontournable dans des disciplines aussi variées que la philosophie, la théorie esthétique, l'histoire de l'art et les études culturelles.
La Réformation ne donne pas seulement naissance à une nouvelle manière de croire, mais aussi à une nouvelle manière de voir. Dans l'Empire allemand, si Luther tolère les images dans les églises, il n'en provoque pas moins l'apparition d'une nouvelle iconographie religieuse et profane. On peut en effet relier à la prédication luthérienne et au combat confessionnel la multiplication d'images du prince, produites par l'atelier de Lucas Cranach, peintre graveur attitré des Electeurs de Saxe, premiers défenseurs du Réformateur. Ce nouvel art visuel du portrait donne naissance à des formes inédites de la représentation de l'autorité politique. En réponse à cette expansion du portrait protestant, les princes catholiques de l'Empire s'engagent eux aussi dans une production visuelle nouvelle. Ainsi s'instaure, à côté du combat des armes et de la parole, une guerre des images dont l'enjeu est bien la reconnaissance légitime d'une foi, mais aussi la redéfinition du pouvoir civil. Après la paix d'Augsbourg (1555) qui reconnaît une existence légale aux luthériens, les formes de représentations de ces derniers tendent à capter les modalités figuratives impériales et monarchiques, fondées pourtant sur un modèle catholique de l'Incarnation. Le portrait du prince adossé à une importante réflexion théorique sur son autorité devient un des. moyens de penser un pouvoir en pleine mutation.
Biographie de l'auteur Tim Ingold est Professeur d'anthropologie sociale à l'université d'Aberdeen. Il est notamment l'auteur de The Perception of Environment : Essays on livehood, dwelling and skill (2000), et Being Alive : Essays on movement, knowledge and descritption (2011). --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Le 6 avril 1909, l'exporateur blanc Robert Peary a conduit une expédition qui, pour la première fois, a atteint le pôle Nord en traîneau à chiens. Dès son retour, il suscite la polémique avec Frederick Cook, un autre explorateur qui, lui aussi affirmait avoir atteint le pôle nord, le 21 avril 1908. La controverse sera tranchée par le congrès des Etats-Unis, qui fait officiellement de Peary le premier vainqueur du pôle Nord. Mais l'histoire est tout autre, car ni Cook, ni Peary ne furent les premiers à fouler le sol du "toit du monde ". Matthew Henson est né en 1866 dans l'état du Maryland et décède en 1955 à New York. Fils d'esclaves, après avoir passé plusieurs années à Baltimore, une ville "noire" , il fut l'accompagnateur de Peary lors de sept expéditions dans l'Arctique, y compris lors de l'expédition de 1908-1909 qui a atteint le pôle Nord géographique le 6 avril 1909. Après bien des débats, il a été établi que Matthew Henson a bel et bien été le premier homme à atteindre le pôle Nord en 1909. Il faudra attendre 1988 pour que Henson soit officiellement reconnu comme étant le premier à avoir atteint le toit du monde, et l'année 2000 pour qu'il soit récipiendaire de la médaille Hubbard, décernée à titre posthume, une récompense remise par la National Geographic Society pour des distinctions dans les domaines de l'exploration, de la découverte et de la recherche. Pourquoi cette reconnaissance tardive ? Pourquoi, pendant longtemps, Peary reçut seul tous les honneurs, alors que la présence de Matthew fut occultée (quand il est cité, il est réduit à n'être qu'un porteur) ? Pourquoi Peary, à son retour du pôle Nord, fut nommé à des postes prestigieux, alors qu'Henson devint gardien de parking ? Parce que Henson était noir, et les préjugés racistes de l'époque firent douter qu'un Afro-Américain ait pu vivre dans le froid polaire...
Où qu'ils aillent et quoi qu'ils fassent, les hommes tracent des lignes: marcher, écrire, dessiner ou tisser sont des activités où les lignes sont omniprésentes, au même titre que l'usage de la voix, des mains ou des pieds. Dans Une brève histoire des lignes, l'anthropologue anglais Tim Ingold pose les fondements de ce que pourrait être une "anthropologie comparée de la ligne" - et, au-delà, une véritable anthropologie du graphisme. Etayé par de nombreux cas de figure (des pistes chantées des Aborigènes australiens aux routes romaines, de la calligraphie chinoise à l'alphabet imprimé, des tissus amérindiens à l'architecture contemporaine), l'ouvrage analyse la production et l'existence des lignes dans l'activité humaine quotidienne. Tim Ingold divise ces lignes en deux genres - les traces et les fils - avant de montrer que l'un et l'autre peuvent fusionner ou se transformer en surfaces et en motifs. Selon lui, l'Occident a progressivement changé le cours de la ligne, celle-ci perdant peu à peu le lien qui l'unissait au geste et à sa trace pour tendre finalement vers l'idéal de la modernité: la ligne droite. Cet ouvrage s'adresse autant à ceux qui tracent des lignes en travaillant (typographes, architectes, musiciens, cartographes) qu'aux calligraphes et aux marcheurs - eux qui n'en finissent jamais de tracer des lignes car quel que soit l'endroit où l'on va, on peut toujours aller plus loin.
Je ne porte pas de costume et les limousines ne m'impressionnent pas. Je ne dîne pas dans des restaurants quatre étoiles. Je ne porte pas de casquette avec le logo de mes employeurs car je n'ai ni tête ni visage, et depuis la crise économique mondiale de 2007 je n'ai cessé d'envahir les marchés financiers. Je travaille au 1700 MacArthur Boulevard, à Mahwah, une banlieue endormie du New Jersey située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Wall Street. Mon bureau est grand comme sept stades de football américain, mais je n'en occupe pas la totalité : l'espace où je travaille ne fait que quelques centimètres carrés, loués tout spécialement à Mahwah par mes employeurs pour une somme que j'estime entre 10 000 et 25 000 dollars par mois. Comme certains étudiants je vis en colocation. Ceux qui partagent le réfrigérateur avec moi s'appellent Dagger, Sniffer, Guerrilla, Shark ou Razor, et tous sont autant de concurrents potentiels que je scrute attentivement à longueur de journée. Je travaille de 9h30 à 15h30, sans relâche et si vite que je prends des décisions en bien moins de temps qu'il n'en faut à un être humain pour cligner de l'oeil.