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La Bonne Ame du Se-Tchouan
Brecht Bertolt ; Ramo Marie-Paule
L ARCHE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782851815644
J'ai toujours entendu dire : quand on aime, on marche sur un petit nuage, mais ce qui est bon, c'est qu'on marche sur la terre, sur l'asphalte. Vous savez, le matin, les pâtés de maison ressemblent à de gros tas d'ordures dans lesquels on aurait allumé des lumières, quand le ciel est déjà rose et encore transparent parce qu'il n'y a pas de poussière. Vous voulez que je vous dise, vous perdez beaucoup si vous n'êtes pas amoureux et que vous ne voyez pas votre ville à l'heure où elle se lève de son lit, comme un vieil artisan qui, le ventre vide, emplit ses poumons d'air frais et saisit ses outils, ainsi que chantent les poètes. " Le 18 mai 1941, Lion Feuchtwanger écrit à Brecht depuis son exil californien : " J'ai reçu le manuscrit de La Bonne Ame du Se-Tchouan. C'est un petit miracle qu'au milieu de cette confusion barbare vous ayez pu réaliser quelque chose d'aussi beau, clair, tranquille et classique. " Dans le Se-Tchouan, une province fort reculée de la Chine, trois dieux voyagent. Ils recherchent des justes. Ils en trouvent une seule : Shen Té, la prostituée. Pour la récompenser, ils lui donnent un peu d'argent ; elle quitte son métier, ouvre une boutique de tabac. Les ennuis commencent : passer de l'autre côté de la misère, c'est aussi devoir l'affronter. Misère physique, sociale. Mais aussi misère morale. Dans la clairvoyance avec laquelle sont dépeints les habitants du Se-Tchouan, parle toute la tristesse et la révolte de l'exilé Brecht devant l'incapacité des peuples à faire échec aux structures de domination. Brecht écrit cette pièce pendant que la guerre achève de détruire son pays. On retrouve, transporté en Chine, le monde de L'Opéra de quat'sous, mais s'y ajoute une tonalité morale, qui n'est pas sans rappeler parfois La Flûte enchantée. La fresque épique des aventures de Shen Té est ponctuée d'appels désespérés à la bonté et d'explosions de colère, devant la médiocrité et la passivité des humains. À l'heure où les libertés civiles sont de plus en plus menacées, la pièce n'a rien perdu de sa force.
De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans a dévasté l'Europe. Pour Brecht, cette guerre est « l'une des premières guerres gigantesques que le capitalisme a attirées sur l'Europe. » Mère Courage reconnaît l'essence mercantile de cette guerre: elle suit les armées avec sa carriole de marchandises et fait de bonnes affaires. « Tout au long de la pièce, Mère Courage a les yeux collés, elle n'arrive pas à le voir; pour elle, le négoce est extensif à la guerre, la guerre est contingente au négoce. » (Roland Barthes) Mais cette marchande a aussi des enfants, et c'est là que la bât blesse et que la dialectique passe à l'attaque. Brecht écrivit Mère Courage en exil, à l'automne 1940, à une époque où le peuple allemand était aussi peu capable que Mère Courage de tirer les leçons de ses malheurs et de surmonter ses contradictions. Mais aujourd'hui, les Mère Courage ont-elles disparu? La mise en scène de la pièce par Brecht en 1949, avec le Berliner Ensemble, a pour la première fois fait connaître concrètement au public, et avec un immense succès, le théâtre épique et dialectique, tel que Brecht l'avait conçu pendant son exil. À la fin de ce volume, le lecteur trouvera des textes de Brecht éclairant Mère Courage sous cet angle.
La collection « Connaître une ouvre » vous offre la possibilité de tout savoir de la pièce de théâtre Mère Courage et ses enfants, de Bertolt Brecht, grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée. La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire. Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d'enseignants. Ce livre numérique contient un sommaire dynamique, la biographie de Bertolt Brecht, la présentation de l'ouvre, le résumé détaillé (scène par scène), les raisons du succès, les thèmes principaux et l'étude du mouvement littéraire de l'auteur. Notre travail éditorial vous offre un grand confort de lecture, spécialement développé pour la lecture numérique.
Au milieu des années vingt du siècle dernier Brecht commença à étudier le fonctionnement de l économie capitaliste et la spéculation boursière. C était évidemment leur impact sur la société bourgeoise qui constituait l objet de son intérêt. Animé par la lecture de romans américains jouant dans les milieux boursiers, il commence deux projets d écriture Dan Drew et Jo Fleischhacker à Chicago qui ne seront jamais finalisés. Mais ces travaux préliminaires se retrouveront, en partie, dans La Sainte Jeanne des abattoirs, pièce dans laquelle Brecht introduit la thématique de l Armée du salut. Cette dernière constitue, son nom le dit bien, un contrepoint dramatique aux marchands de bestiaux. Mais loin de construire une histoire où tout est soit blanc soit noir, Brecht met en évidence la complémentarité des actions sociales menées par Jeanne et ses « Chapeaux noirs » avec la brutalité des m urs dans les abattoirs de Chicago. La pièce doit, selon Brecht, montrer l homme faustien au stade présent de son évolution. Nous publions ici la version de 1937, celle de dernière main, que Brecht considéra comme définitive.
Malgré l'image d'ermite qu'il s'est forgée ou qu'on lui a faite, Thomas Bernhard a participé activement à la vie sociale de l'Autriche et de l'Allemagne. A partir des années 80, il a adressé à des journaux des textes provocateurs, des "dramuscules" traitant de la xénophobie, du racisme et de la haine de l'autre dans la société d'aujourd'hui.
Résumé : Deux épopées de l'intime sur la force vive du souvenir et l'ordinaire des jours. Dans 21 rue des Sources, deux revenants s'amusent et philosophent dans la maison familiale abandonnée. On rit. On se souvient. Tout se détraque dans L'Arbre après une terrible tempête. Gaby et Linette traînent leur amour comme un mal en patience. On se blesse. On ne sait pas aimer. Aurait-il fallu ne pas couper l'Arbre ?
Brecht Bertolt ; Bortholary Bernard ; Duchet Claud
Né le 10 février 1898 à Augsbourg, Bertolt Brecht commence à écrire très tôt. Son premier texte est publié en 1914. Dans ses poèmes, il décrit l'horreur et la solitude engendrées par la guerre, et semble déjà habité de grandes idées et de grandes ambitions.
Fo Dario ; Cecchinato Toni ; Colchat Nicole ; Rame
Le nouveau dirigeant est arrivé et il nous a dit : "Bravo, vous avez bien fait de désobéir la dernière fois à l'autre dirigeant, qui après tout n'était qu'un révisionniste, un contre-révolutionnaire Vous avez bien fait ! Il faut toujours avoir les tigres avec soi quand l'ennemi est là. Mais à partir de maintenant, ce n'est plus nécessaire. L'ennemi est en fuite... Ramenez immédiatement les tigres dans la forêt." "Comment, encore ?" "Obéir au parti !" "Question de dialectique ?" "Evidemment !" "Bon, suffit !"
Louis Edouard ; Ostermeier Thomas ; Borchmeyer Flo
Résumé : "Reda se lève et marche d'une extrémité à l'autre de la chambre. Reda : tu vas le payer, je vais te buter moi sale pédé, tu m'as insulté de voleur, je vais te faire la gueule pédale. Edouard, Voix intérieure : voilà pourquoi. Il désire et il déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu'il a fait avec toi. Il veut te faire payer son désir. Il veut se faire croire que ce n'était pas parce qu'il te désirait que vous avez fait tout ce que vous avez fait mais que ce n'était qu'une stratégie pour faire ce qu'il te fait maintenant, que vous n'avez pas fait l'amour mais qu'il te volait déjà. Reda, hurlant : sale pédé ! T'es qu'un putain de sale pédé ! Il secoue Edouard. Soudain il se calme. Il l'embrasse. arrête d'avoir peur, je suis sensible, j'aime pas quand les gens ont peur ou quand les gens pleurent." En 2018, Thomas Ostermeier a adapté pour le théâtre le roman d'Edouard Louis, Histoire de la violence, avec l'auteur. Au coeur de la violence est le fruit de cette collaboration.
Résumé : " Toute la symbolique de La Tragédie d'Othello le Maure de Venise se trouve condensée dans ce titre, qui, d'emblée, dit le tragique et ses modalités : l'exil et la rupture, l'altérité, et la présence, au coeur des relations entre les protagonistes, d'une irréductible obscurité. Le titre pose aussi l'antinomie autour de laquelle s'articule la dramaturgie tragique : l'opposition entre l'ombre, dont le Maure est la représentation métonymique, et la lumière, associée aux splendeurs vénitiennes. D'abord concentrées dans le personnage de l'étranger, propagées par les machinations obscures d'Iago, les ténèbres envahissent progressivement l'univers dramatique, jusqu'à la nuit du drame ". Léone Teyssandier. Une édition bilingue d'Othello avec une introduction et une traduction de Léone Teyssandier inédites en poche et saluées par Pierre Assouline.
Résumé : Briser le langage pour toucher la vie ; faire entrer la métaphysique dans les esprits... Publié en 1938, alors qu'Antonin Artaud, quarante-deux ans, est interné depuis plusieurs mois déjà, Le Théâtre et son double est révolutionnaire. Affirmant la prééminence du corps sur le texte et du metteur en scène sur l'auteur lui-même, il défend le théâtre comme phénomène extrême, cérémonie magique, expérience directe du sacré. On a pu comparer ce livre mondialement célèbre à La Naissance de la tragédie, de Nietzsche, et c'est vrai - une puissance le traverse, un souffle poétique, qui nous ouvre à des forces nouvelles, nous anime et nous transforme.
Machiavel Nicolas ; Stoppelli Pasquale ; Larivaill
Oh, j'ai de belles choses à vous raconter! Ma femme était au lit, dans le noir... Je suis arrivé en haut avec ce garnement, et, pour être sûr de ne pas acheter chat en poche, je l'ai emmené dans un réduit que j'ai au-dessus de la salle, où brûlait un lumignon vacillant qui jetait une faible lueur, de sorte qu'il ne pouvait pas voir ma figure... Je l'ai fait déshabiller; il rechignait; alors, j'ai commencé à lui aboyer après comme un chien, après quoi le temps lui durait d'avoir ôté ses habits, et finalement il s'est retrouvé tout nu. De figure, il est laid. Il avait un nez horrible, une bouche tordue... mais tu n'as jamais vu des chairs plus belles: c'est blanc, doux, moelleux... Quant au reste, ne m'en parle pas... Puisque j'avais mis la main à la pâte, j'ai voulu tâter jusqu'au fond du pétrin; après ça, j'ai voulu voir s'il était sain: s'il avait eu des pustules de mal français, tu imagines dans quels draps je me serais trouvé? Ce que tu dis, c'est facile à dire!... Après avoir vu qu'il était sain, je l'ai traîné derrière mon dos et, dans le noir, emmené dans la chambre et mis au lit; et, avant de m'en aller, j'ai voulu tâter de la main comment se présentait la chose, car je n'ai pas l'habitude de prendre des vessies pour des lanternes. (La Mandragore, Acte V, scène II)