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Bords de mer. Poèmes
Bozier Raymond
FLAMMARION
15,20 €
Épuisé
EAN :9782080675323
Né en 1950, Raymond Bozier vit à La Rochelle. Il a publié des poèmes, des récits et animé la revue littéraire Cargo. Le Prix du premier roman lui a été décerné en 1997 pour Lieu-dit, paru chez Calmann-Lévy. Raymond Bozier compose régulièrement des séries de textes brefs, sortes d'instantanés poétiques où il cadre avant de les fixer sur le papier d'infimes paysages - choses vues ou projections privées - dont il étudie ensuite le défilé, comme sur une planche de contact, avant de sélectionner ceux qui lui semblent porteurs d'une ombre seconde, tangente ou parallèle à la réalité. On verra se succéder dans Bords de mer les clichés qu'il a voulu préserver. Et l'on sera sans doute frappé par leur économie, leur objectivité sans froideur, leur capacité à isoler et à restituer, chargés d'une autre intensité, les fragments désordonnés du monde ainsi captés. Cette recherche d'un poème tendu et condensé fait parfois songer à Follain, à Tortel, ou à certaines pages réalistes et distantes que publiaient au début des années 30 les objectivistes américains. C'est qu'elle s'appuie à leur instar sur une conception matérialiste, désenchantée mais rigoureusement appliquée du travail poétique. Un "nocturne industriel" inséré au coeur de l'ouvrage vient d'ailleurs nous rappeler que ces images n'ont rien de désincarné, qu'elles s'inscrivent au contraire dans une critique du réel que le poème "tolère" sans en accepter la violence, la sourde inhumanité.
Quand la discrétion se marie à l'exubérance, dans un mariage ibérique comme celui-ci, il n'y a plus à proprement parler de secrets de famille. Comme si la recherche de sens lui faisait opposition, le temps est un vaste secret qui nous révèle. Comme si le sens lui faisait opposition, le temps nous berce de son vaste champ de légèreté. De ce manque de secret, de cette absence d'héritage, il ne reste que le fond partagé du mystère. A qui devrais-je rendre la clef de cet événement si décisif, à qui rendrais-je le secret de mon désir. Je vais vous dire enfin ce qui m'arrive sur cette route ondulée, faite de vieux bitume, qui me restitue ma propre valeur. Cette note dissonante étalée sur la terre rouge qui couvre la plaine et qui rouille les goyaviers. C'est la dernière fois que je me tourne vers toi, littérature, vers ta parole veloutée de pute, vers ton leurre tiède, vers ta vérité lubrique. Nous abandonnerons le vieillard qui cherche le nord de son sud. Son secret deviendra une histoire clandestine, récupérée derrière des portes blanches et bleues, qui gardent une convivialité fragile et sans souci.
Résumé : Eduardo dit le petit Zeff décide de devenir " foueur ", c'est-à-dire constructeur de maison de fous, et cela malgré l'opposition de son frère Edouard Levant dit le grand Zeff. Pour parvenir à ses fins, Eduardo désosse l'intérieur d'un poste de télévision afin d'y reproduire en miniature, l'immeuble où il habite. Un puits intérieur lui permet d'observer ce nouveau monde posé sur ses épaules. Après une brève excursion dans le grand extérieur, le petit Zeff découvre que l'immeuble miniaturisé est occupé par des habitants. Il va les observer, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que l'un des locataires, un écrivain atteint de folie, a construit, à son insu, un château des courants d'air...
J'avais sept ans. Un matin, je décidai de sécher les cours, de ne pas aller à l'école, mais au centre-ville, histoire de voir ce qu'était cette guerre. Les gens parlaient de la guerre! J'ai parcouru la ville, la ville coloniale, sans voir la guerre. Je ne l'ai pas croisée! Et la guerre, elle est où? - D'après les journaux, ça se passe chez vous, hé bouseux. Que l'on soit à Alger ou à Oran, dans le djebel ou dans une riche plantation de la Mitidja, ou bien dans un bocage français, du côté de Bezons ou place Saint-Michel à Paris, là-bas comme ici, la guerre de 1954-1962 prit d'étonnants visages, et s'étendit à toute chose. Des hommes qui disparaissent, les yeux rougis des femmes, le retranchement et le couvre-feu, une atmosphère de peur diffuse... De menus bouleversements de la vie ordinaire. Des drames. Appartenant à la génération qui fut témoin dans son enfance de cette guerre là, quatorze écrivains français et algériens ont réveillé leur imaginaire ou leur mémoire. Dans ce recueil de nouvelles, ils mêlent leurs voix et nouent un dialogue entre les deux rives, autour de cette page douloureuse de notre histoire commune.
Résumé : Un homme muet et sans mémoire, retenu prisonnier dans une chambre d'hôpital psychiatrique, distille page après page sa peur et son rejet de la famille humaine. Le dévoilement de sa vie d'hospitalisé nous apprend, entre autres, qu'il croit être né d'une voiture gisant au fond d'un ravin, qu'il a erré dans le monde incompréhensible de la campagne, qu'il a passé son temps à piller des frigos la nuit pour se nourrir, que deux s?urs ont abusé de lui sexuellement, et qu'il a agressé une promeneuse pour lui voler sa robe... Son désir d'évasion et de retour auprès de sa "mère-voiture" grandit à mesure qu'il écrit. L'Homme-ravin, premier volet d'un triptyque intitulé "Divagations ", fait écho au triptyque précédent des "Paysages avant l'oubli" (Lieu-dit, Rocade, Fenêtres sur le monde). La réédition de Lieu-dit (Prix du Premier Roman 1997, Prix du livre Poitou-Charentes) à la suite de L'Homme-ravin est une illustration de ce travail.