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LE LIVRE DU NEANT
BOVELLES
VRIN
12,00 €
Épuisé
EAN :9782711625352
Un éloge du rien, pourquoi pas ? Rien c'est le nom qui sied à toute chose, la laissant à son indécision, encore nimbée de peut-être ; rien c'est le nom qui sied à l'ensemble des choses, quand l'univers se fait léger à force d'inconsistance, n'ayant aucune raison d'être plutôt que de n'être pas ; rien c'est le nom qui sied à Dieu, quand il se veut gracieux et non pas nécessaire ; c'est aussi le nom qui sied à l'homme, mais alors on l'appelle personne. Bref, c'est le nom qui ne donne ni n'ôte quoi que ce soit, appellation de nulle imputation, de nulle attribution, qui laisse être ou ne pas être ce qu'elle dénomme, sans le moindre parti pris ni la moindre mise en cause. Au royaume du rien toute autorité est légère, toute action innocente.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.