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Mysterion. Du mystère à la mystique
Bouyer Louis ; Duchesne Jean
CERF
29,00 €
Épuisé
EAN :9782204118323
La double trilogie doctrinale de Louis Bouyer est prolongée par une troisième qui en donne les clés. La première est la notion de mystère. La foi chrétienne ne contient pas des mystères, au sens de vérités inaccessibles à l'intelligence commune. Elle repose sur un Mystère, qui n'est pas une théorie articulée sur des mythes initiant aux secrets de la vie et du monde, comme dans les religions à mystères de l'Antiquité. Car le Mystère est un événement historique : le Fils de Dieu fait homme, crucifié et ressuscité, a épousé la condition humaine et donne l'espérance d'avoir part à sa gloire. Cette réalité objective est actualisée par le baptême et l'eucharistie, autrement dit par les sacrements et la liturgie, comme le révèle la traduction du grec mysterion par sacramentum en latin. Le Mystère ainsi reçu et conçu renouvelle radicalement ce qu'il qualifie comme mystique, car la communion et la contemplation ne dépendent pas du ressenti subjectif, mais de la dynamique dans laquelle il est offert à tous de se laisser entraîner. Le Mystère fait de chaque chrétien un mystique.
Entre tous les livres publiés en l'honneur de la Sainte Vierge, celui-ci mérite une place à part : c'est une synthèse doctrinale, un livre de théologie mariale. C'est aussi et surtout une anthropologie surnaturelle que le père Bouyer nous présente, une anthropologie vue sous l'angle typique de la figure de Marie. « Tous les thèmes familiers à la méditation chrétienne sont repensés par le fond, avec une force sobre et vigoureuse, méfiante pour tous les excès imprudents... Et si le protestantisme est sévèrement blâmé pour son incompréhension du mystère mariologique, l'auteur par sa connaissance intime des sensibilités réformées nous a pourtant fourni le seul livre sur ce sujet que l'on peut avec bonne conscience conseiller à un lecteur protestant. On connaît en outre les affinités du père Bouyer avec la pensée orientale... Méthode de pensée essentiellement dialectique parce que souple et englobante, mais jamais molle, jamais diplomatique, au besoin même guerrière : un humanisme fier de sa noble ascendance : Athanase et Antoine, Citeaux avec son "amour des lettres" et son "désir de Dieu", Erasme, Newman... Et à travers tout un souci oecuménique par instinct. En Marie se trouve sauvegardée, exaltée par Dieu lui-même, la noblesse de la femme, sa créature, envers qui le Fils éternel se comporte en parfait gentilhomme" (Hans Urs von Balthasar).
Louis Bouyer (1913-2004), prêtre de l'Oratoire, a été professeur à l'Institut catholique de Paris, puis en Grande-Bretagne, en Espagne et aux Etats-Unis. Deux fois nommé par le pape à la Commission internationale de théologie, il a participé à la préparation du concile Vatican Il, à la mise en oeuvre de sa réforme liturgique et de son ouverture oecuménique. Le cardinal Lustiger a pu dire de lui: "Il était le moins conformiste des théologiens, et parmi les plus traditionnels".
Le Rite et l'Homme est le livre fondamental de la production liturgique de Louis Bouyer; paru en 1962 dans la collection "Lex Orandi", il participe de la préparation du concile de Vatican II pour lequel Bouyer fut consulteur. L'objectif de cet ouvrage, important et original, est "d'examiner, avec les ressources de la science moderne de l'homme, ce qu'on peut appeler l'enracinement de la religion chrétienne dans l'humanité commune", de conduire à "une intelligence meilleure des rites chrétiens par les ressources conjuguées de l'histoire des religions comparée et de la psychologie des profondeurs". C'est tout le rapport complexe de la nature avec le surnaturel qui est en jeu dans ces études: mettre sans réticence le dogme chrétien à l'épreuve des sciences historiques et des sciences humaines. Pour cela, le prêtre oratorien déploie toute son érudition, questionne les recherches et les conclusions, de Freud ou Jung, de Dumézil, Frazer ou Eliade, des théologiens ses contemporains. Alors, de façon convaincante et équilibrée, nous est révélé le fil conducteur providentiel qui relie la sacralité naturelle, l'expérience religieuse d'Israël et la nouveauté du culte chrétien. Au terme de son analyse, Bouyer montre que loin de nous conduire à une disparition du sacré, la révélation divine et l'incarnation du Verbe amènent celui-ci à une purification qui est une métamorphose radicale. Le sacré, chargé ainsi d'un sens nouveau, demeure inscrit au coeur de l'homme et de son expérience religieuse. Biographie de l'auteur Louis Bouyer (1913-2004), protestant converti au catholicisme, a été professeur à l'Institut catholique de Paris, puis en Grande-Bretagne, en Espagne et aux Etats-Unis. Le cardinal Lustiger a pu dire de lui: "Il était le moins conformiste des théologiens, et parmi les plus traditionnels." Il compte parmi les grands théologiens français du XXe siècle.
En janvier 1960, dom Lambert disparaissait alors que son ami Jean XXIII préparait déjà activement le Concile qui allait consacrer deux grands combats de sa vie: le renouveau liturgique et le développement d'un oecuménisme catholique. Dans cette "évocation" de la vie du bénédictin, Louis Bouyer - profondément marqué et inspiré par la vie et l'oeuvre de dom Lambert - nous fait saisir dans le vif l'unité profonde de cette double orientation, décrivant de façon pénétrante sa personnalité et sa physionomie spirituelle. La réédition de cet ouvrage peut contribuer de manière salutaire - comme un retour aux questions premières - à l'actuel débat de la "paix liturgique".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...