Bras techniques des méthodes de management, les dispositifs de gestion n'ont fait que proliférer, au rythme d'innovations technologiques, organisationnelles et managériales. Systèmes de normalisation (de la qualité, de la sécurité), d'intégration des informations (ERP), d'évaluation (des compétences, des résultats financiers) s'imposent partout : de l'entreprise à but lucratif à l'association, du privé au public, de la grande entreprise à la PME, de l'hôpital à l'école... Ils s'imposent au nom d'une norme, celle de l'organisation idéale : efficace et rationnelle car régulée et contrôlée. Derrière les dispositifs de gestion, se profile donc une logique organisationnelle. Et derrière cette dernière se dessine le rôle des managers, premiers acteurs de ces dynamiques de changement, pour avoir intériorisé les principes de la rationalisation. Premiers acteurs ? Seuls acteurs ? Acteurs rationnels et uniquement dévoués à l'organisation ? Les textes rassemblés dans cet ouvrage réinterrogent la dynamique managériale à l'origine des dispositifs de gestion, en explorant leurs processus de mise en œuvre. A côté du manager, ils font apparaître une deuxième figure, celle du professionnel. Et c'est à partir de normes professionnelles, construites autour de modèles et définitions des métiers, que s'éclaire d'un nouveau jour la diffusion des dispositifs de gestion.
Que veut dire être "soi-même" en société ? Les individus ne sont-ils pas le produit des sociétés auxquelles ils appartiennent, au point que ce que l'on considère comme individuel serait avant tout social ? Dire "je" ne serait-il pas dire "nous" ? Pour le démontrer, l'ouvrage analyse cinq dimensions de la présentation de soi en société, constitutives de l'identité individuelle : le nom, le corps, le sexe, le langage et la profession. Il montre que ce qui parait comme le plus singulier, le plus authentique, voire le plus naturel de l'identité individuelle, est à comprendre comme le produit de différents cadrages ou encadrements sociaux. Par ailleurs, il souligne les jeux qui restent possibles à l'individu pour négocier son identité et la faire valoir socialement.
Comment expliquer l'extraordinaire développement des techniques de gestion et de management dans les entreprises privées ou publiques depuis un demi-siècle ? Encore embryonnaires au début du XXe siècle, celles-ci sont devenues la "panacée" de toute organisation qui voudrait tendre vers l'efficacité. Qualité Totale, GMAO, ERP, Balance Scorecard, Référentiels de compétence, etc. , se succèdent ou se surajoutent, au point que nombre d'observateurs parlent de modes managériales. Mais doit-on considérer les discours qui vantent les qualités de ces techniques comme autant de recettes miracles ? La performance d'une organisation est-elle bien la conséquence des outils de gestion qu'elle utilise ? Comment comprendre par ailleurs que la gestion contamine toutes les sphères socio-économiques, et qu'ainsi, associations et administrations publiques se voient aujourd'hui concernées par des techniques inspirées des entreprises privées ? Qu'est-ce qui rend cette gestion aussi indispensable ? Là encore, peut-on croire les discours qui font du management la clef de l'efficience ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions à travers une double investigation. Parcours historique d'une part, pour montrer en quoi la gestion est une forme spécifiquement moderne de gouvernance. Incursion dans les discours et pratiques de management de l'autre, pour partir sur les traces de ceux qui, depuis la fin du XIXe siècle, inventent, fabriquent et diffusent cette forme gestionnaire. Consultants, universitaires et managers se révèlent alors être les experts sans qui la gestion ne pourrait advenir et qu'en retour elle contribue à faire exister.
Résumé : Cet ouvrage retrace les grands modèles de professions qui se sont succédé en Occident et expose les principales théories sociologiques des professions qui continuent à s'affronter, et parfois à se combiner, dans les travaux récents. Au sein d'un modèle spécifique de régulation par l'Etat des groupes professionnels, il rend compte de nombreuses recherches empiriques menées dans la France des années 1960 à 2010. Les évolutions récentes de ces groupes, changements démographiques, transformation du rôle de l'Etat, managérialisation et internationalisation, sont présentées autour de cas empiriques. A travers les modèles, théories et recherches, l'ouvrage tente de clarifier le vocabulaire qu'utilisent les sociologues pour décrire le travail professionnel, analyser la dynamique des groupes professionnels et des marchés du travail, interpréter l'évolution des systèmes et des identités professionnelles. Cette quatrième édition réactualisée prend acte des derniers travaux suscités en France par cette discipline.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.