Alors que les notions de croyances et de rationalité sont souvent renvoyées dos à dos, ce livre montre leur intrication et la richesse de leurs rapports Alors que les notions de croyances et de rationalité sont souvent renvoyées dos-à-dos, cet ouvrage collectif s'intéresse aux rapports et à l'intrication entre philosophie et religion en en montrant la richesse à la lumière de grands penseurs (principalement Nietzsche mais aussi Marx, Freud, Schopenhauer, Feuerbach...) qui ont largement contribué à instaurer des ruptures fondamentales dans la pensée philosophique en général et sur le religieux en particulier. L'ouvrage montre que la religion chrétienne a façonné l'individu occidental d'aujourd'hui (croyant ou non) et que la pensée contemporaine aurait sans doute beaucoup à perdre en récusant totalement cet héritage. Christophe Bouriau est professeur en philosophie à l'Université de Lorraine et membre des Archives Henri-Poincaré - Philosophie et recherches sur les sciences et les technologies (CNRS, Université de Lorraine, Université de Strasbourg). Ses travaux portent principalement sur la philosophie allemande. Yves Meessen est maître de conférences habilité à diriger des recherches en théologie et membre du laboratoire Ecritures (Université de Lorraine). Ses travaux portent principalement sur la philosophie et la théologie. Florian Larminach est professeur certifié de philosophie au lycée Cormontaigne de Metz, docteur en philosophie et chargé de cours à l'Université de Lorraine.
Ce livre se présente comme une gageure. Quel lien peut-il bien exister entre Kant et l'écologie, abordée sous l'angle de l'éthique environnementale ? Parce que nous entretenons avec la nature un rapport qui est non seulement technique ou utilitaire, mais aussi d'ordre éthique, nous avons des devoirs envers elle, et envers les éléments naturels qui la composent. Ces éléments peuvent même recevoir des droits destinés à leur assurer une meilleure protection. A l'opposé, Kant établit une distinction radicale entre les choses et les personnes, et ne reconnaît de devoirs qu'interpersonnels. Tout semble donc séparer, en apparence, l'éthique environnementale de l'éthique kantienne. Nous entendons cependant montrer que l'éthique kantienne est à plusieurs égards une source d'inspiration possible pour l'éthique environnementale elle-même, et que celle-ci a beaucoup à gagner à se mettre à l'écoute du philosophe de Königsberg.
Résumé : Arthur Schopenhauer (1788-1860), philosophe allemand nommé "le pessimiste de Francfort", héritier de Kant, s'inspirant de la sagesse hindouiste et bouddhiste, a imprimé une marque durable sur la philosophie en faisant du vouloir inconscient "la moelle substantielle de l'univers" et l'élément déterminant en l'homme. Inventeur de la démarche généalogique, il interprète toutes les manifestations humaines (comportement, texte, discours, etc) à la lumière d'un sens latent qu'on peut découvrir sous le sens manifeste en remontant au type de volonté qui s'exprime dans chaque manifestation. Nietzsche, Marx et Freud se souviendront de la leçon et s'attacheront à détecter les aspirations profondes qui se travestissent dans les attitudes et déclarations assumées par les individus ou les groupes sociaux. A ce titre, on peut dire que Schopenhauer préfigure "les penseurs du soupçon". Christophe Bouriau expose ici cette philosophie du sens en partant de son fondement métaphysique, le "vouloir-vivre", pour développer ensuite la portée existentielle de cette intuition initiale. Le vouloir est en effet à la source du mal, c'est-à-dire de la souffrance (le mal subi) et de l'injustice (le mal commis). A l'encontre de ce que soutient Nietzsche, Schopenhauer n'entend pas "nous disposer à la résignation" face au mal. Il nous propose plutôt trois voies pour le contrer : l'expérience esthétique, la morale de la compassion et l'ascèse. L'ouvrage se clôt sur la postérité de cette pensée atypique et en particulier de son concept d'"inconscient".
De Kant, on connaît la philosophie et la morale, mais on ne sait presque rien de son existence. Ou on la croit ennuyeuse et indifférente à son oeuvre. C'est cette erreur de vue que répare ce magistral " Qui es-tu ? ". Un beau livre de pensée et de vie. Emmanuel Kant est souvent caricaturé. On le dépeint en homme routinier, replié sur lui-même, avec des manies de vieux garçon. On le présente aussi comme l'auteur d'une philosophie compliquée, d'une morale formelle et abstraite, qui faisait dire à Charles Péguy : " Le kantisme a les mains pures, mais il n'a pas de mains ". La pensée kantienne serait-elle réservée à quelques érudits férus de complexité et d'abstraction ? Cet ouvrage entend dépoussiérer cette présentation. Il ambitionne au contraire de dresser, à travers le récit de sa vie, le portrait d'un homme par bien des côtés attachant, esthète et gourmet, fortement ancré dans les exigences de la vie concrète, et conservant, malgré les témoignages de ses biographes, une part de mystère qui ajoute à son charme. Il souhaite également, à travers l'exposé des lignes de force de la pensée de Kant, montrer que sa philosophie est accessible, et surtout qu'elle a encore des choses à nous dire aujourd'hui.
Résumé : Le mot "environnement" n'est pas adéquat, parce que nous ne sommes pas "environnés" par la nature : nous sommes dans la nature et de la nature. Homme de science et de foi, un temps homme politique à Metz, humaniste, passionné par les plantes et vulgarisateur de grand talent, Jean-Marie Pelt a marqué son époque. Beaucoup connaissent ses nombreux ouvrages, près de 60, visant le grand public et se souviennent de ses émissions radiophoniques sur les plantes et l'écologie (notamment Chroniques écologiques sur RTL ou Hexagonale Poursuite sur France Inter) ou de L'Aventure des plantes à la télévision. Il était également un pionnier de l'écologie urbaine et a fondé à Metz l'Institut européen d'écologie dès 1971. Cette biographie raconte les différentes facettes d'un homme complexe au parcours singulier. Renaud Evrard est psychologue clinicien et maître de conférences habilité à diriger des recherches en psychologie à l'Université de Lorraine.
Mobilisation collective en vue d'un projet politique, la "nouvelle frontière" apparaît comme autant de nouveaux territoires à explorer, dans tous les domaines de la société : innovations, enjeux sociétaux, défis environnementaux... Ce numéro de la revue Questions de communication consacre un dossier aux nouvelles frontières dans les domaines de la société, de l'exploration spatiale et des institutions scientifiques. Dans les "Echanges" , plusieurs contributeurs répondent à la question de l'urgence dans la recherche initiée dans le numéro 40 de la revue. Six "Notes de recherche" traitent de la géolocalisation entre adolescents, des vidéos de debunking sceptique, des mécanismes du prestige sur les réseaux sociaux, du traitement de la presse espagnole au sujet des tortures, des labels des industries culturelles et de la forme universitaire. La rubrique "En VO" accueille un article sur les combattants afro-américains stationnés en France pendant la Première Guerre mondiale. La rubrique "Focus" propose une lecture approfondie de l'ouvrage Le Viol de la foule par la propagande politique de S. Tchakhotine. Enfin, les "Notes de lecture" rendent compte de 56 publications. Jean-Stéphane Carnel est maître de conférences en sciences de l'information et de la communication et membre du Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (Gresec - Université Grenoble Alpes). Ses recherches portent sur les archives audiovisuelles. Benoit Lafon est professeur en sciences de l'information et de la communication et membre du Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (Gresec - Université Grenoble Alpes). Ses recherches portent sur la socio-histoire des médias.
Ce numéro traite la pluralité au sens large. Il montre que celle-ci ne se résume pas à un appariement entre forme (marque du pluriel) et sens (pluralité correspondant à "plus d'un") et qu'elle présente une remarquable "épaisseur" : au sein d'une langue, la pluralité s'exprime par différents moyens tandis que les formes plurielles renvoient à plusieurs significations et référents (ensemble d'individus, tout constitué, partie d'un ensemble...). Cette polysémie permet de nombreuses réalisations sémantiques régulières mettant autant d'outils rhétoriques et discursifs à disposition : jeux sur la pluralité, argumentation par valorisation/dévalorisation du nombre, de l'unité ou de la diversité...
Dans cet ouvrage collectif, marque et territoire, deux notions au coeur de plusieurs champs disciplinaires occupant une place de choix dans l'espace sociétal et les pratiques professionnelles des acteurs concernés, sont expliquées, étudiées et discutées tant pour leurs significations que pour les réalités qu'elles recouvrent. S'inscrivant à l'articulation du politique, de l'économique et du culturel, les enjeux de leur mise en scène, en récit et en discours sont ici largement abordés dans une perspective stratégique. Cet éclairage pluriel s'incarne dans l'observation, le décryptage et l'analyse de dispositifs pragmatiques innovants à l'échelle locale, régionale, nationale et internationale.