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THEOLOGIE, SCIENCE ET CENSURE AU XIIIEME SIECLE. Le cas de Jean Peckham
Boureau Alain
BELLES LETTRES
22,50 €
Épuisé
EAN :9782251420110
Ce livre aurait pu s'intituler L'archevêque et les cadavres. De fait, on y trouve un cadavre qui saigne devant un meurtrier, de mauvais coups, des fureurs, de funestes destins. Mais tout, ici, passe par la doctrine ; la violence affecte le discours et l'événement central est constitué par la condamnation, en 1286, de thèses universitaires, tenues à l'université d'Oxford, portant essentiellement sur la nature du corps du Christ mort. Or il se trouve que l'auteur de cette condamnation, l'archevêque franciscain Jean Peckham avait été, trois ans avant cette condamnation, au centre d'une affaire de dénonciation miraculeuse et publique de ce que certains considéraient comme son injustice criminelle : les ossements de l'évêque Thomas de Cantiloupe, mort en exil, avaient saigné en traversant la province du persécuteur. Grâce a une analyse minutieuse du texte de la censure et de ses divers contextes, l'auteur lance des propositions nouvelles sur les pratiques universitaires médiévales, sur la fortune et l'infortune du thomisme, sur la dynamique des concepts et des disciplines scolastiques, sur les articulations entre mentalités communes et culture savante, entre spiritualité et savoir, sur l'émergence de la formalisation scientifique...
Résumé : Les seigneurs grossiers, les paysans asservis, les terres ravagées par les chasses et les luttes sanglantes, ainsi que le cuissage, sont autant d'images qui font encore partie de notre folklore médiéval. L'expression "droit de cuissage" a même trouvé une nouvelle fortune dans la presse à propos de la loi sanctionnant le harcèlement sexuel. Mais ce droit a-t-il réellement existé ? Et sinon, comment expliquer la fabrication d'un mythe aussi tenace ? Alain Boureau, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et historien du Moyen Age, passe ici au crible les différentes sources qui, prétendument, en attestent l'existence. Il débusque ce mythe en partie construit par les légistes royaux d'Ancien Régime, devenu emblématique de la période médiévale pour les révolutionnaires de 1789 et les républicains des années 1860 qui y voyaient une preuve e l'ignominie féodale et de l'influence néfaste de l'Eglise. Mais c'est également à ce "monstre" historiographie de la féodalité qu'Alain Boureau s'attaque, tant le soi-disant droit de cuissage est assujetti à la question des liens de dépendance personnelle dans les sociétés d'Ancien Régime. La persistance de ce mythe, à travers lequel notre époque discerne le signe d'une domination masculine permanente, nous cache l'essentiel de la société médiévale et de sa réalité. S'en débarrasser, c'est encore une fois plaider pour "un autre Moyen Age" .
Résumé : "Ernst Kantorowicz, mourant en 1963, s'est aussitôt transformé en un monument. Son testament imposait la destruction de tous ses papiers personnels : son extrême goût du secret n'avait laissé filtrer que peu de chose sur sa vie. Mais il avait achevé, quelques années avant sa mort, un cénotaphe superbe, Les deux corps du roi, qui se confond désormais avec son auteur. La biographie tend à ériger une vie en destin : tout l'homme Kantorowicz se ramènera alors aux conditions du Juif, de l'Allemand, de l'intellectuel. Le propre du monument n'est-il pas d'imposer les conditions de sa visite ? Abandonnons les questions monumentales pour le récit, pour les récits qui s'entrecroisent autour de Kantorowicz. Entrons dans les histoires de l'historien."Alain Boureau.
Présentation de l'éditeur D'où viennent notre République, notre État-nation? Au moment où les nostalgies de ces formes politiques prennent un tour dramatique, ce livre propose une hypothèse nouvelle: loin de constituer une étape inévitable dans une construction graduelle de l’État, la notion, selon l’expression de l’auteur, de République étatique, qui combinerait l’universalité du genre humain et la considération d’un ensemble particulier, serait née au Moyen Âge, en son moment scolastique. La théologie et la philosophie ont produit au XIIIe siècle une vaste pensée politique bien au-delà des maigres et rares esquisses de science politique, bien au-delà de « précurseurs » isolés. Le livre analyse ces composantes qui convergent vers l’idée de bien commun et de nature humaine, éminente et fragile. Les réflexions sur le péché originel, sur l’Au-delà, sur le bonheur, sur l’individu contribuèrent à cette pensée politique mal connue. Cette orientation rencontra, dès la fin du siècle, des résistances rivales, avec la souveraineté affirmée et concurrente des institutions (Église ou État). Mais cette efflorescence ne fut pas vaine et, au fil des siècles, la pensée politique a été hantée par cette idée scolastique de la République. Alain Boureau, directeur d'études à l'E.H.E.S.S., est médiéviste. Parmi ses derniers ouvrages: La Papesse Jeanne (1988), L'Evénement sans fin. Récit et christianisme au Moyen Âge (1993), Le Droit de cuissage. Histoire de la fabrication d'un mythe (1995), Théologie, science et censure au XIIIe siècle. Le cas de Jean Peckham (1999), La Loi du royaume. Les moines, le droit et la construction de la nation anglaise (XIe-XIIIe siècles) (2001), Satan hérétique. La naissance de la démonologie dans l'Occident médiéval (1280-1330) (2004).
Brusquement, en moins de dix ans, entre 1290 et 1300, la dévotion à la Vierge Marie a pris un tour nouveau en Occident. On connaît le rôle de Duns Scot dans la formulation d'un dogme nouveau, celui de l'Immaculée Conception de Marie, vers 1298, préparée, selon l'auteur, dès 1292, chez Henri de Gand. Le présent livre insère entre ces deux moments celui d'une évocation du miracle de Notre-Dame de Lorette, du transport surnaturel de la maison de la Vierge de Palestine en Occident, que l'on trouverait dans les Quodlibeta du franciscain Richard de Mediavilla. Ce dernier aurait raisonné sur ce miracle marial, daté des années 1290 par les premiers récits de la fin du XVe siècle. Cette allusion impliquait de rajeunir de dix ans le recueil quodlibétique qui évoquait indirectement le miracle. L'enquête qui aboutit à ce résultat saisit du même coup les positions originales de Mediavilla en matière de fiscalité, de physique, d'anthropologie, de liturgie et d'éducation princière dans un grand débat franciscain. La rectification des dates d'activité de Mediavilla modifie la portée de son oeuvre: il devient l'un des pionniers du grand tournant de la pensée qui apparaît chez Duns Scot et chez Ockham. Cette rectification correspond de près à un contenu nouveau. Bien des concepts de Duns Scot s'éclairent par la lecture des tentatives tâtonnantes de Richard. A côté d'un aspect pré-scotiste, le texte offre des jalons originaux en direction du nominalisme et d'un certain matérialisme. Un des bénéfices d'une meilleure connaissance des textes de Mediavilla serait de combler un vide de l'histoire de la pensée et de rompre avec l'image intimidante de certains penseurs, isolés dans leur découverte soudaine.
Aujourd'hui encore, l'or des Incas, les ruines mystérieuses de leurs cités et le mythe d'un empire juste et bienveillant nourrissent le rêve des voyageurs. Aux alentours de 1400 de notre ère, alors que la partie andine de l'Amérique du Sud est morcelée en de multiples royaumes et seigneuries, un petit peuple montagnard, les Incas, se lance dans une suite de conquêtes qui l'amène à constituer rapidement le plus grand État jamais connu dans l'Amérique précolombienne. L'empire inca représente l'étape ultime du développement d'une civilisation très ancienne, celle du Pérou antique, que son isolement, jusqu'à la conquête espagnole, a rendue particulièrement originale. Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons: soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir directement à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise. Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. Et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite d'amorcer une recherche plus approfondie.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. A cinquante ans, l'avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d'observation et un talent d'écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture : c'est un premier jet qu'on lit sur le vif. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face à l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, ne cessera plus de fustiger "le Vieux". Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Croisées au Palais de justice, les figures du barreau, souvent têtes d'affiche de la politique, deviennent familières. Maurice Garçon connaît tout le monde, est de tous les grands procès, des dossiers criminels aux affaires politiques. Ses plaidoiries érudites ont fait de lui, dès avant guerre, un avocat littéraire, voire mondain, futur académicien. Toute une galerie de personnalités en vue défile dans ses pages, écrivains, peintres, comédiens, éditeurs. Nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante.
Résumé : "Ce livre parle avant tout d'amour : le grec ancien a été l'histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie. Peu importe que vous connaissiez le grec ou non. Si c'est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d'apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons. Si ce n'est pas le cas, c'est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à remplir. Qui que vous soyez, cette langue recèle des manières de s'exprimer qui vous permettront de vous sentir chez vous, de formuler des mots et des idées qui ne trouvent pas d'expression exacte dans notre langue." Le grec est une langue géniale : voici neuf bonnes raisons d'en tomber éperdument amoureux.