L'économie de la connaissance, entendue comme processus continu de développement du savoir et des innovations, est aujourd'hui prônée par les gouvernements politiques des pays industrialisés comme la voie du développement concurrentiel des villes et des régions à l'échelle mondiale. Cet avènement de la " connaissance stratégique " s'est accompagné de transformations fondamentales des cadres politiques et juridiques d'organisation de la propriété intellectuelle. On assiste à un mouvement de marchandisation accéléré qui affecte le statut même de ce bien public que constituait jusqu'à récemment le patrimoine intellectuel et scientifique. Cette mutation n'est pas sans soulever des enjeux éthiques, économiques et politiques essentiels, comme le traduit aujourd'hui le débat autour de la brevetabilité du vivant. Comment se construit la frontière entre " bien public " et " bien marchand " autour de cette denrée stratégique qu'est la connaissance ? Comment se transforment les savoirs, sous l'effet des processus de codification, de formalisation, d'instrumentation qui participent aujourd'hui à leur production ? Comment se redéfinissent les relations entre Science et Industrie dans un régime de co-production des savoirs et de partage des risques associés à l'innovation ? Le présent numéro de Sciences de la Société réunit des contributions qui nous transportent au cœur de la société de la connaissance pour explorer l'économie des pratiques et des relations entre les acteurs qui la composent - laboratoires publics, firmes privées, acteurs politiques. Elles nous livrent un aperçu des grands courants d'analyse et des principaux débats sur les relations entre production de connaissances et appropriation privée. Mais elles nous entraînent également au sein même des espaces concrets où se jouent les dynamiques à l'œuvre dans la transformation des régimes de production et d'appropriation de la connaissance : le marché de logiciel libre ou de celui de l'édition scientifique, les plateformes génomiques ou les laboratoires de recherche publique, les politiques publiques de la recherche ou encore l'instrumentation des savoirs professionnels dans le champ de l'intervention sociale.
L'art de la mémoire est abordé de manière ludique avec une pointe d'humour. C'est un panorama de témoignages et d'anecdotes. Son mérite réside dans son authentique originalité d'expression et le texte est d'une profonde sincérité et d'un ressenti très "émotionnel" . De cette sensibilité émane une générosité. L'auteur montre avec élégance que derrière certaines facettes sombres il existe un espoir, une note colorée. Il souhaite distraire le lecteur en évoquant l'évolution sociétale au travers de son vécu avec un brin de nostalgie, de contestation et de révolte pour un bonheur retrouvé, une sérénité et une sagesse. Cet ouvrage présente quelques éclairages. Il offre au lecteur au travers de petits secrets et confidences, des détails touchants mais surtout des pistes de réflexions. Il aborde la problématique sociétale pour tâter les relations entre les hommes. Cette lecture interpelle et le lecteur ne peut pas être indifférent, toutefois il restera son seul libre arbitre.
Résumé : Les systèmes d'observation et de surveillance de l'environnement marin côtier s'appuient sur des programmes de mesures pour lesquels l'échantillonnage est généralement mensuel ou bi-mensuel. Cette approche est qualifiée de traditionnelle, basse résolution ou "basse fréquence" en écologie marine. Face à la variabilité de cet environnement, à sa structuration par des phénomènes physiques liés aux marées, à la météorologie, mais aussi face à la variabilité de sa réponse aux pressions naturelles et anthropiques, il est devenu nécessaire, pour mieux surveiller, comprendre et prévoir son évolution, de mettre en oeuvre des systèmes de mesures automatisées à haute fréquence ou haute résolution (infra-horaire). Ainsi, grâce à l'évolution des technologies, de nombreux systèmes de mesures ont été déployés dans des environnements contrastés, afin de mieux comprendre la dynamique de ces écosystèmes. Certains s'intéressent davantage aux paramètres physico-chimiques, alors que d'autres considèrent également le compartiment biologique, et en particulier le phytoplancton. L'objectif de cet ouvrage est de présenter un bilan des systèmes de mesures à haute résolution à l'échelle nationale française : de l'installation à la mise en oeuvre, en passant par les aspects logistiques et techniques. Il s'agit aussi de proposer un aperçu des méthodes d'exploration, d'analyse et de modélisation des données qui en sont issues. Ce bilan est issu des contributions de chercheurs biologistes, physiciens, numériciens rassemblés les 12 et 13 juin 2014 à Boulogne-sur-Mer dans le cadre d'un colloque intitulé "Instrumentation haute fréquence pour l'observation et la surveillance de l'environnement marin", organisé à l'occasion du dixième anniversaire de la station de mesures MAREL Carnot, et dirigé par François G. Schmitt, directeur de recherche au CNRS et Alain Lefebvre, chercheur à l'Ifremer.
Que l'on considère sa dimension compétitive, éducative, ses potentialités récréatives ou ses effets sur la santé des individus, la place du sport dans nos sociétés est en pleine expansion. La question de la pratique et de l'enseignement des sports et plus globalement des activités physiques devient donc plus que jamais une préoccupation centrale. A partir de la notion d'intervention en sport, ce numéro appréhende à la fois l'optimisation de son enseignement (scolaire, compétitif, marchand, etc.) mais également, à un niveau plus macroscopique, les connaissances étayant différentes décisions d'action publique (élaboration d'un programme de formation aux différents métiers du sport ou d'un cadre organisationnel pour lutter contre le dopage). Dans tous les cas, il s'agit se saisir la nature et la fonction des savoirs sous-tendant ces pratiques sociales et leurs liens avec les sciences.
Ce livre est un recueil de planches maçonniques du Rite Ecossais Ancien et Accepté axées sur le symbolisme et sur des travaux dits de culture ésotérique. Il reprend des travaux de loges symboliques, de perfection, capitulaires, et, d'aréopage. L'auteur admet volontiers d'autres perceptions différentes ou complémentaires voire contradictoires pour une meilleure appréciation des sujets et l'émergence du sens propre à chaque lecteur. Il invite à partager ses réflexions comme une simple approche à des sources d'aspiration pour un approfondissement de l'efflorescence des grades et de la richesse du rite et des rituels, dans une perception herméneutique pour un enchainement plausible des différents degrés. Il expose de façon synoptique des spécificités des degrés de l'écossisme. Son mérite réside dans une authentique originalité d'expression dans un travail de regroupement de ses planches pour une pensée ésotérique et herméneutique.
Condamné pour meurtre, Jacob est innocenté après plusieurs années de détention. Il retrouve la liberté, mais le monde extérieur lui paraît aussi fermé et hostile. Il s'interroge sur les causes de sa condamnation et sur l'existence d'une main mystérieuse qui régit l'ordre du monde "au-dessus" des lois morales écrites par les hommes. La réflexion sur les questions existentielles, morales et ontologiques fait de cette pièce une grande parabole sur la condition humaine.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
A un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, ce numéro s'intéresse à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives de définition qui ont pu en être proposées, ce volume cherche à comprendre en quoi la littératie conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société.