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Raisons politiques N° 79, août 2020 : Démocraties urbaines
Boudou Benjamin
SCIENCES PO
20,00 €
Épuisé
EAN :9782724636406
Ce dossier, consacré aux démocraties urbaines, part d'un paradoxe : pourquoi l'expérience de la cité dans la constitution de l'ordre politique moderne occupe-t-elle une place éminente en sociologie, en histoire ou dans la science politique, alors que la tradition classique de la philosophie politique semble l'avoir négligée ? L'histoire réelle des "théories politiques urbaines" existe pourtant, mais elle est complexe, hybride, et rarement apparentée à la tradition philosophique "canonique" . Nous avons voulu ici retracer les parcours, les contextes, et les usages de ces théories. Croiser les interrogations théoriques et les terrains empiriques, mettre en regard le local et le global, a permis de confirmer que dans les démocraties urbaines, comme le dit Arjun Appadurai, "le global et le local peuvent devenir des instruments réciproques de l'approfondissement de la démocratie" .
Résumé : "J'ai perdu ma jambe gauche le jour de mes trente-cinq ans. Je buvais une coupe de champagne avec Georgina et, comme souvent lors de mon anniversaire, nous parlions des petits hasards qui ont fait notre rencontre. Je n'ai ressenti aucune douleur, tout juste une sensation de froid à l'aine. Je n'ai pas vu la moindre goutte de sang sur mon pantalon. Ma jambe s'est détachée de mon corps comme la chair d'une cuisse de poulet se détache de l'os, avec un léger bruit de caoutchouc". Le narrateur est victime d'une mystérieuse maladie qui fait tomber les membres un à un. Si le mal n'est pas enrayé, il sera bientôt une être virtuel, un petit lot de souvenirs errant pour l'éternité dans un espace sans confins. Certains disent que la maladie est très contagieuse.
Dans ce dossier, Raisons politiques explore la pensée écologique et environnementale à partir de l'expérience vécue de ses lecteurs. A rebours d'un cadrage imposé par les textes académiques, nous avons voulu privilégier l'art de la lecture. Les effets de la lecture ne sont pas immédiats, ils apparaissent quelquefois en différé et s'incarnent alors dans nos propres enquêtes. Les témoignages de lectrices et de lecteurs font apparaître une réflexivité concrète et permettent de mieux comprendre la vie de l'esprit en anthropocène.
Claude Lefort (1924-2010) a produit une oeuvre inclassable qui témoigne de son expérience singulière face aux bouleversements politiques et théoriques de la seconde moitié du 20e siècle. Au croisement de la philosophie et des sciences sociales, il invite ses lecteurs à réinventer, à recontextualiser et même à déplacer plusieurs des problématiques essentielles de la théorie politique moderne. Ce dossier explore ainsi les actualités des réflexions de Claude Lefort, depuis sa conceptualisation originale du totalitarisme et son interprétation d'un classique de l'humanisme comme La Boétie, jusqu'aux questionnements contemporains sur les revendications de droits, l'invention démocratique à l'épreuve de l'anthropocène, ou la constitution matérielle de la démocratie. Un texte inédit donne par ailleurs à entendre une des dernières interventions de Claude Lefort, ultime invitation à penser la fragilité et la fécondité des démocraties.
Résumé : L'hospitalité est une pratique en apparence simple et universellement partagée. Il serait donc tentant d'en fournir une définition générique : l'hospitalité est l'institution qui règle l'interaction entre un accueillant (chez lui) et un accueilli (nouveau venu), consistant en un processus de familiarisation réciproque (faire connaissance, entretenir une relation, etc.). Elle a comme fonctions la dispensation de bienfaits, l'amorçage de la socialité, l'identification de l'étranger, ou l'intégration temporaire de l'invité. L'hospitalité ne saurait néanmoins être réduite à une vertu privée. Elle est au contraire une pratique politique : elle institue des règles, des frontières, et des dispositifs d'intégration ou d'exclusion. Cet ouvrage expose les différentes formes qu'elle a pu revêtir, des sociétés traditionnelles à nos jours en explicitant les relations de pouvoir qui se jouent dans le langage vertueux de l'hospitalité. Une telle généalogie permet de retrouver les moments et les lieux clés qui ont façonné ce concept en le transformant, le déplaçant et le recomposant selon sa fonction politique. Cet ouvrage, tout en répondant à une actualité brûlante et souvent tragique ouvre à une réflexion distanciée mais active afin de démocratiser les frontières.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Destiné aux étudiants et aux enseignants en relations internationales et en science politique, ainsi qu'aux diplomates et aux journalistes, cet ouvrage se propose d'éclairer la compréhension du monde contemporain à partir des théories des relations internationales. Pédagogique et exhaustif, il rappelle l'environnement intellectuel et historique de cette discipline, présente ses principaux paradigmes, concepts et débats structurants, avant de s'interroger sur les liens entre théorie et pratique, sur les défis que posent les mutations de ce début de XXIe siècle et sur l'état de l'art en France. Chaque chapitre est accompagné de bibliographies commentées qui, jointes à la bibliographie générale, renvoient le lecteur aux textes fondamentaux et de seconde main qui compléteront ce tour d'horizon. Actualisée, cette sixième édition met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.