La scénographie donne lieu, depuis les années 1960, à des glissements sémantiques nombreux composant, aujourd'hui, un paysage fragmenté. Face à ce phénomène, le temps était venu de prendre un moment pour tenter de cerner les contours de cette discipline. De plus, le contexte contemporain fait une large place à l'hybridation, facteur supplémentaire de brouillage, parce que le discours dominant tend à en tirer la conclusion que cela signifie une abolition des frontières et une fusion des identités. Ce qui définit en premier lieu la scénographie, c'est sa capacité à créer des espaces qui travaillent sur le point de vue comme une matière concrète, générant ainsi une mise en question de la relation du sens et du sensible. Mais plus précisément qu'est-ce que cela signifie ? C'est à l'examen de cette question que se consacre cet ouvrage en se plaçant sur les terrains pratique aussi bien que théorique sans négliger celui de l'enseignement qui a toujours été décisif dans l'évolution et la définition des disciplines artistiques.
Giraudoux Jean ; Létoublon Françoise ; Boucris Mar
Hélène, enlevée par Pâris, est réclamée par les Grecs. Mais la plupart des Troyens, fascinés par sa beauté, refusent de la rendre. D'âpres négociations s'ensuivent. Les partisans de la paix l'emporteront-ils? Avec cette relecture de la mythologie antique, Giraudoux s'adresse aussi à ses contemporains: en 1935, la Première Guerre mondiale est encore dans les mémoires. Et la pièce, qui interroge le caractère éternel des conflits armés, fait surgir la menace d'une nouvelle tragédie, peut-être imminente. Quatrième de couverture * « Tout pays est le pays de la jeunesse. Il meurt quand la jeunesse meurt. » - HÉCUBE, I, 6 * « Nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas? Vous aussi vous l'êtes. Mais, nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte. » - HECTOR, II, 5 * « Il n'est pas très prudent d'avoir des dieux et des légumes trop dorés. » - ULYSSE, II, 13 « Le grand ressort [des] intrigues [de Giraudoux] c'est la nécessité où sont les destins de s'accomplir. » - Claude-Edmonde Magny (1945) « Développant les thèmes les plus angoissants de l'heure, Jean Giraudoux veut que cette angoisse nous reste personnelle. Ses subtilités, ses préciosités mêmes ont pour effet de tenir chaque spectateur en état d'émerveillement éveillé. » - Henri Gouhier (1968) --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Giraudoux Jean ; Létoublon Françoise ; Boucris Mar
Quatrième de couverture Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, l'assassine à son retour de la guerre de Troie, aidée de son amant, Égisthe. Oreste, le fils unique, est banni. Reste Électre, la seconde fille. « Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. n Aussi Égisthe veut-il la marier pour détourner sur « la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides ». Mais Oreste revient et désormais Électre n'est plus que haine, assoiffée de justice et de vengeance au mépris de la menace qui pèse sur le royaume des siens. Sur ce grand mythe de l'Antiquité, jean Giraudoux a écrit sans doute sa meilleure pièce. Électre possède une grande force tragique sans jamais perdre cet esprit étincelant, cet humour qui ont fait de jean Giraudoux l'un des plus grands écrivains du XXè siècle. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .
Résumé : Hypnose, méditation, magnétisme, acupuncture, homéopathie, phagothérapie, ostéopathie, neurones miroirs... La médecine est loin d'avoir livré tous ses secrets et nous ne connaissons pas encore toutes les méthodes pour guérir. Que fait-on lorsque la médecine officielle est inopérante ? Il faut tenter autre chose. On ne peut pas abandonner un malade. Et, face à la maladie, le patient utilise des ressources insoupçonnées. L'auto-guérison et les guérisons spontanées en sont les illustrations. A travers l'histoire de la médecine, le docteur Sauveur Boukris plaide pour un art médical plus ouvert qui redonne au patient une place centrale et demande aux autorités médicales (académie, université, conseil de l'ordre) de considérer ces pratiques différentes. Enquêtant sur les guérisons inexpliquées ou liées à des traitements non rationnels, il invite ses confrères et les patients à tenter ces thérapies alternatives qui font que, parfois, la rémission ressemble à un miracle. L'important n'est pas de savoir pourquoi les malades guérissent mais de tout faire pour qu'ils guérissent. Lorsque médicaments et scalpel sont inefficaces, ces "autres médecines" deviennent les thérapeutiques de l'espoir.
Ce début du XXIe siècle bouscule toutes les légitimités, voire la notion même de légitimité. Dès lors, pourquoi le théâtre, la culture seraient-ils à l'abri de ce mouvement de fond ? De là naît un double impératif : questionner les fondements de la légitimité culturelle et s'interroger sur les processus de légitimation. C'est ce que tente ce volume dans le registre théâtral qui est le sien, tout en éprouvant le besoin d'élargir le propos à l'ensemble du champ culturel.
Le XXème siècle a connu une série de révolutions qui ont affecté la nature et la configuration de la scène et de la salle de théâtre, éloignant celles-ci du modèle dominant du théâtre à l'italienne. Du théâtre total à l'espace vide, du lieu récupéré au lieu consacré, de la scène architecturée à la scène spontanée, cette évolution a bénéficié de l'apport de personnalités aussi diverses qu'Appia, Craig, Piscator, Meyerhold, Artaud, Grotowski, Wilson, Mnouchkine, Brook, Kantor, Vitez et bien d'autres. Des colloques significatifs ont rythmé ce mouvement, tel celui de la Sorbonne en 1948 et celui de Royaumont en 1961, où il fut estimé que le théâtre à l'italienne est chose morte. Etudes théâtrales a voulu faire le point sur l'évolution de l'architecture théâtrale, en rapport avec la dramaturgie et la scénographie, durant le dernier quart de ce siècle. Le temps de l'architecture et le temps de la représentation n'apparaissent plus aujourd'hui en coïncidence. Il s'est sécrété un autre alliage entre le texte et la scène, entre le bâtiment et la ville : l'important est le lien qui se tisse, mais aussi l'écart qui s'instaure, la tension qui naît. Médiatrice, la scénographie s'impose comme une architecture de passage. Les diverses contributions de ce volume émanent de praticiens et d'universitaires, qui établissent un bilan de la situation historique et esthétique en Belgique et en France, en faisant l'inventaire des conceptions passées et présentes, en s'efforçant de préciser le questionnement et de le mettre en perspective. Pour mieux préparer l'avenir.
Canizares Nathalie ; Etchecopar Etchart Hélène ; H
Les travaux publiés sont le résultat d'une recherche menée sur l'oeuvre d'Antoine Vitez à l'Institut d'études théâtrales de l'Université de Paris III-la Sorbonne Nouvelle et au Centre d'études théâtrales de l'Université catholique de Louvain. Ici, pour la première fois, des étudiants qui ne l'ont pas connu s'emploient à écrire sut lui et son théâtre. A partir de l'expérience de son spectacle testamentaire, LE SOULIER DE SATIN, de traductions, de documents, s'amorce le combat de la nouvelle génération avec l'oubli du théâtre et l'évanouissement progressif de ses artistes. A plusieurs titres, ce numéro trouve sa légitimité dans la démarche de Vitez lui-même, qui n'a jamais failli à la confiance faite aux jeunes. Ni aux vertus de l'école.
Il faut des formes nouvelles, s'écriait le Treplev de La mouette, fermant le siècle précédent. Qui dirait le contraire, mais lesquelles ? Suffit-il de prolonger les lignes de force que nous croyons distinguer dans les pièces de ces dernières années, pour nous faire une idée de l'écriture à venir ? Or, l'écriture théâtrale d'aujourd'hui impressionne d'abord par sa diversité. Se côtoient les textes les plus cohérents et les plus fragmentés, les plus accessibles et les plus obscurs, les plus univoques et les plus polysémiques, ou encore les plus poétiques et les plus improvisés. Chaque auteur parle à sa manière, de son point de vue, à partir de son propre lieu, de ce qui le touche en propre. Tout est dit, tout fait problème, cela va même jusqu'au rire sarcastique jeté à la face de la mort causée par le sida. Il n'y a pas de dogmatisme, ni de regroupement ou de mouvement qui réunisse les auteurs, leurs voix, leurs écritures. Les essais rassemblés ici, qui portent sur une quinzaine d'auteurs, permettent néanmoins de déceler dans ces voix singulières quelques notes communes. Nombre d'entre elles résonnent dans le théâtre de Koltès. Avec lui et autour de lui (sept contributions sont consacrées à des aspects particuliers de son oeuvre), l'écriture théâtrale française nous interpelle, sans illusion mais sans dérobade. Difficile de résister à la tentation d'un inventaire de fin de siècle.
Est-ce bien la peine de s'intéresser à la farce en cette fin de XXème siècle ? D'aucuns pourront juger que cet "affrontement comique de personnages populaires cherchant à duper ou à dominer autrui" n'engendra que gaudrioles bien trop vulgaires pour qu'on s'y attarde. C'est bien sûr faire peu de cas de l'énorme succès européen de la farce et de sa «cousine» la commedia dell'arte entre le XVème et le XVIIème siècle. Les désirs humains, dans ce qu'ils ont d'élémentaire et de primordial -le «bas matériel et corporel» selon la formule de Bakhtine -y sont crûment exprimés, théâtralité ignoble qui ne choquait pas au Moyen Age mais que les humanistes et les «doctes» combattirent avec rage -et avec succès. Chassée des théâtres, l'humeur farcesque se réfugia dans les parades de la foire, les entrées de clowns et les numéros de cabaret ou de caf'conc'. Mais il faut attendre le tournant du XXème siècle pour assister à une véritable résurrection du farceur : Ubu roi de Jarry, théâtre anarchiste de Mirbeau et Malato, Mystère Bouffe de Maïakovski... Plus tard viendront Brecht et Ghelderode, puis Dario Fo et Alain Badiou... Le cinéma et la télévision offriront quant à eux un tremplin à ces autres «farceurs» que sont Charlie Chaplin, Tex Avery ou les Guignols de l'info... Et l'on se remet à «traduire» et à jouer des farces du Moyen Age.