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Sensibilités N° 14 : Quand vient l'aurore
Dodman Thomas ; Kunth Anouche
ANAMOSA
24,99 €
Épuisé
EAN :9782381911441
Basculement de la nuit au jour, heure de la séparation des amants, des perquisitions domiciliaires, mais aussi ouverture et promesse d'avenir... Avec son caractère paradoxal, implacable et indécidable, le phénomène céleste de l'aurore est une mesure manifeste du temps sur laquelle historiens, artistes, géographes et astrophysiciens se penchent dans ce numéro de Sensibilités . Le premier pouvoir de l'aurore est de convoquer à son spectacle, scientifiques et poètes, peintres et révolutionnaires. Il s'ensuit que l'aurore rejaillit dans une diversité impressionnante de productions, allant d'articles savants en paléontologie, en optique et sciences de l'environnement, à d'innombrables contes, récits, poèmes, tableaux, films et musiques. Soit autant de sources pour interroger les relations des sociétés et des imaginaires à ce bref intervalle lumineux entre la nuit et le jour. Car si l'aurore est une durée ponctuelle de quelques minutes, elle est aussi, en raison même de sa palette singulière, une vibrante surface de projection, servant par exemple à exprimer un consentement merveilleux à l'attente, quand celle-ci va de pair avec l'agir (amoureux, social, politique). La séquence de l'aurore se redéploie alors en scène de l'amour ou de lutte annonciatrice de renouveau, de jours meilleurs, d'espérance. Interlude entre les fourmillements nocturnes qui s'achèvent et le grand bal du jour qui débute, l'aurore nous tend une incarnation colorée de cet " entre-deux " que les sciences sociales aiment à penser en s'attachant, le plus souvent, à des lieux, à des espaces incertains, tels les rivages et les frontières, ou à des expériences liminales. De façon analogue, que de vies en suspens, prêtes à basculer, de destins qui se croisent, de phénomènes qui s'alternent entre les règnes de la lune et du soleil... Cependant, l'aurore demande aussi à être saisie dans la banalité de sa répétition quotidienne, dans ses dimensions ordinaires. D'ailleurs, y sommes-nous encore attentifs, dans nos sociétés urbaines où le lever du jour ne rencontre pas toujours nos regards, quand il ne peine tout simplement pas à se frayer un chemin à travers l'horizon bouché et la pollution ? Que de curiosité, en somme, à se demander comment l'aurore se vit, s'est vécue à telle époque, en tel lieu et par telle espèce. Tant de questions pour inciter les lecteurs de Sensibilités à lever les yeux !
Deluermoz Quentin ; Dodman Thomas W. ; Kunth Anouc
Résumé : Le partage du sensible suppose aussi un partage de l'insensible, une insensibilité dont la définition et la valorisation varient selon les moments, les individus et les sociétés. De fait, observer le social au prisme de l'insensibilité s'avère ainsi d'une stimulante et déconcertante fécondité, en temps de grande anesthésie générale. Après 10 numéros et comme pour explorer les frontières d'un concept, la revue " sensibilités " s'intéresse ici aux insensibilités. Si la revue aborde habituellement la balance des sens, l'arc des émotions et des sentiments, les jeux de la douleur et du désir ou les systèmes d'appréhension du temps et de l'espace, elle se penche cette fois sur l'absence de sensation, l'atonie, l'apathie, l'indifférence, les flat affects ou la recherche d'une froide rationalité. Et ce monde du manque se révèle, étonnamment, un monde en plein. Aussi verra-t-on dans ce numéro la manière dont l'ascèse religieuse valorise le détachement des sens, dont l'exercice de certaines professions (comme celle de bourreau ou de pompier) imposent un lent désapprentissage de l'empathie, celle dont l'avènement de la Raison en Occident a marginalisé le sensible ou encore la manière dont les crimes de masse supposent une déshumanisation de l'ennemi. La montée de l'indifférence dans des sociétés qui paraissaient pourtant avoir développé une singulière faculté à s'émouvoir à distance n'est évidemment pas occultée : qu'on songe aux solitudes accrues des âgés, au sort des SDF ou aux maux endurés ces dernières années par les migrants en Méditerranée, tout se passant comme si, à la sidération émue des premiers temps, succédait presque chaque fois un désintérêt croissant face à la banalisation de ces images de souffrance humaine.
Cabanes Bruno ; Dodman Thomas ; Mazurel Hervé ; Te
Résumé : Voici Une histoire de la guerre, dans tous ses aspects et toutes ses dimensions, depuis l'essor des Etats-nations au début du XIXe siècle jusqu'à la quasi-disparition actuelle des affrontements interétatiques. En deux siècles et demi, l'expérience concrète de la guerre a profondément changé : fin des batailles traditionnelles, utilisation d'armes de plus en plus meurtrières, mobilisation des fronts intérieurs, y compris parfois les femmes et les enfants. A mesure que disparaissait la frontière entre combattants et non-combattants, les civils sont devenus des cibles à part entière des bombardements, blocus, massacres, génocides et épurations ethniques. Sans négliger la stratégie et les chefs de guerre, cet ouvrage explore à parts égales le front et l'arrière, les conflits et leur impact sur les sociétés et l'environnement, la mobilisation des institutions politiques et militaires, de l'économie, des affects et des croyances, ou encore les violences sur les corps et les esprits, en proposant de grandes traversées thématiques de longue durée. Réunis pour la première fois en un seul volume, les meilleurs spécialistes du phénomène guerrier - historiens, historiens de l'art, anthropologues, sociologues ou politistes de huit pays différents - offrent une synthèse sans équivalent, largement ouverte sur le monde, qui fait aussi écho aux questionnements de notre époque : enjeux humanitaires des mouvements de réfugiés, débats éthiques sur les guerres irrégulières et l'utilisation des drones, poussée du terrorisme.
Toute philosophie existante est militante" (La Nature ou le monde du silence) - Loin de constituer un paradoxe pour Merleau-Ponty, philosophie et militantisme se conjuguent au sein de son projet intellectuel. Sans renoncer à l'exigence et la rigueur phénoménologiques, il développe une pensée originale du politique où le philosophe a un rôle à jouer. Philosophie et militantisme sont renvoyés à leur source commune et originaire, l'engagement immémorial en un monde par le corps et la foi qui l'accompagne. Considérant à parts égales philosophie et politique, cet ouvrage entend redessiner les contours de la pensée de Merleau-Ponty à égale distance de l'idéologie de l'idéal militant et de la philosophie de survol désengagée du monde qui l'entoure. Intransigeant, l'effort merleau-pontien le conduit à élaborer une forme neuve d'expression dans ses essais politiques habituellement délaissés par ses commentateurs et ici resitués dans l'économie générale de l'oeuvre. Déconstruisant les figures d'autorité symbolique, le philosophe dévoile les sources vives des institutions. L'empiétement de la philosophie et de la politique, dont Merleau-Ponty interroge le bon usage, fait ainsi de la philosophie un contre-pouvoir permanent. Corps-à-corps avec l'événement, inclassable, la philosophie militante de Merleau-Ponty s'avère riche d'instruction pour le présent de l'action et de la pensée.
Entre politique, droit et éthique, une nouvelle vision doit contribuer à remettre en cause les liens d'une domination délétère qui caractérisent nos rapports avec ce (et donc ceux) qui nous entourent. Le moment est venu de faire monde autrement. L'impression tous les jours plus nette que nous vivons dans un monde diversement abîmé se cristallise particulièrement bien quand il est question d'environnement. En la matière (car c'en est bien une, physique et chimique), les éléments du diagnostic sont, dans leur quasi-totalité, sans appel : climat, biodiversité, eau, air, sols, ressources naturelles... l'avenir paraît bien sombre. La conscience des enjeux et des risques a beau croître, la notion d'environnement est toujours plus fuyante, le sentiment d'impuissance s'intensifiant au rythme de notre consommation vorace du monde. La crise écologique majeure que nous traversons (et qui finira par nous traverser) est pourtant une occasion inespérée d'explorer de nouvelles pistes, notamment celle d'une démocratie écologique prenant appui sur une conception repensée, inclusive et pacifiée, de nos relations avec la Nature. Entre politique, droit et éthique, une nouvelle vision doit contribuer à remettre en cause les liens d'une domination délétère qui caractérisent nos rapports avec ce (et donc ceux) qui nous entourent. Le moment est venu de faire monde autrement.
Christian Sarton du Jonchay, Ernest Wrentmore, Marina Yurlova, Rudolf Höss, Jack Cornwell... Ces jeunes Français, Américain, Russe, Allemand ou Anglais sont nés entre 1899 et 1904 ; ce sont des combattants juvéniles, dont l'historienne Manon Pignot est allée chercher la trace dans les archives d'Europe et d'Amérique du Nord. Bien souvent camouflés, du fait du caractère illicite de leur engagement au sein des armées régulières, trouver ces "ado-combattants" relève du jeu de piste, tant les sources sont parcellaires, dissimulées. L'auteure interroge les raisons comme les modalités de l'engagement de ces adolescents, les obstacles aussi qu'ils ont dû surmonter et la manière, s'ils ont survécu, dont cette expérience de guerre les a marqués. Patriotisme, transgression et filiation, désir d'aventure et désir de guerre... C'est une histoire délicate à écrire, tant elle touche à nos conceptions contemporaines de l'enfance et de l'adolescence. Avec ce travail pionnier, Manon Pignot s'attaque à un angle mort de l'historiographie contemporaine.
Alors que le mot " révolution " sert à vendre à peu près n'importe quoi et n'importe qui, ce livre fort et joyeux montre comment il a été domestiqué par tous les pouvoirs depuis le xixe siècle et comment, en le prenant de nouveau au sérieux là où il veut dire quelque chose, il est possible de renouer avec la puissance et la promesse imaginatives des processus révolutionnaires. Le mot " révolution " se prête désormais à tout. Il sert à vendre des yaourts ou des chaussures aussi bien que les idées de campagne, pourtant très libérales, du président Macron. Il est temps de lutter contre ces détournements. Ludivine Bantigny, spécialiste renommée et engagée de l'histoire des luttes contemporaines, et notamment de Mai 68, montre ici combien les révolutions ont été l'objet d'un intense travail de domestication. Les élites du XIXe siècle se sont montrées obsédées d'en finir avec elles, d'en dompter les élans et d'en effacer les traces. Celles du XXe siècle, en les célébrant, en les commémorant avec faste, n'ont pas cessé de les apprivoiser au point qu'elles n'inquiètent plus personne. Mais arracher le mot à la langue feutrée du pouvoir, qu'il soit économique ou politique, ne suffit pas. Il faut en retrouver le sens en acte. En prenant pour appui les mouvements de lutte contre le capitalisme, comme ceux du Chiapas, ce livre vigoureux libère avec bonheur la force des espérances, des rencontres et des potentialités que font naître les révolutions.
Résumé : Pour sa 8e livraison, Sensibilités interroge les relations que nos sociétés contemporaines entretiennent avec la mort. Qu'elle emporte un être cher ou tue aveuglément, la mort écartèle nos affects et consciences entre des réalités antagonistes que les articles envisagent, chaque fois, à travers des situations incarnées : peau tatouée, vêtement de deuil, minute de silence ou traversée attentive d'un cimetière de quartier, sont quelques-unes des explorations d'un lien aux morts trop souvent pensé, à la suite de Philippe Ariès, comme distancié, médicalisé sinon dématérialisé. Il sera notamment observé comment la chair des vivants souffre de ses morts et montre sa souffrance au regard social pour lui conférer un surcroît de sens. Comment elle se plie à des injonctions de deuil pour accompagner la mémoire des absents, autant que pour retenir en elle les corps disparus.