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Repolitiser l'insécurité. Sociographie d'une ville ouvrière en recomposition
Boucher Manuel ; Mucchielli Laurent
L'HARMATTAN
30,50 €
Épuisé
EAN :9782747574006
Face aux incertitudes d'un monde hyper-moderne, face à la globalisation, à l'accroissement du processus d'individuation et à l'affirmation des valeurs individualistes, le thème de l'insécurité intéresse l'ensemble de la population et au premier chef les responsables politiques chargés de coordonner les actions sociales, politiques et économiques favorisant la cohésion et l'ordre dans les territoires dont ils ont la charge. En effet, apporter une réponse concrète à la demande sociale de sécurité représente un enjeu électoral fort. Ainsi, depuis de nombreuses années, un débat politico-médiatique fait rage entre une multitude de protagonistes institutionnels, politiques, associatifs, et intellectuels qui s'affrontent sur l'idée que pour combattre la délinquance, la violence et l'insécurité il est plus opportun, soit d'opérer une politique plus répressive, soit de développer une politique plus préventive. C'est dans ce contexte sulfureux que Manuel Boucher décide néanmoins de dépasser les querelles politiciennes en menant une enquête sociologique de terrain au sein d'une commune moyenne de tradition ouvrière afin d'étudier les questions d'insécurité dans un territoire en proie à la désindustrialisation : comment reconstituer un espace social en voie de dissociation sans pour autant sombrer dans "l'hystérie sécuritaire" ? Ce livre décapant est donc le résultat d'un travail sociographique sans concession. D'une part, il montre, les enjeux du traitement politique des questions de la délinquance, des incivilités et de la tranquillité publique et, d'autre part, au-delà de l'élaboration d'un cadre d'analyse, propose des logiques d'action pour re-politiser et re-conflictualiser l'insécurité civile et sociale.
Dans une nouvelle ère, celle de la mondialisation économique et de la construction européenne, n'est-il pas temps que la production de la recherche dans les organismes de la formation et de l'intervention sociales contribue au dépassement de l'hétéronomie du champ social ? Au-delà de l'identification des acteurs de la recherche, peut-on penser son organisation afin qu'elle soit reconnue comme un espace fondamental de construction de connaissances en capacité d'influencer réellement la conception et la mise en oeuvre des politiques sociales ? L'organisation de la recherche dans le champ social ne constitue-t-elle pas une garantie pour que le travail social ne soit pas simplement un instrument au service de l'ordre mais de la régulation sociale ? Dans un contexte de régionalisation, quelles pourraient être les perspectives de consolidation de la fonction de recherche au sein de l'appareil de formation des professions sociales ? Quels liens établir entre les professionnels de la recherche, les formateurs, voire des formateurs-chercheurs ? Quelles articulations concevoir avec d'autres structures plus classiques de recherche (université, CNRS, sociologie professionnelle, etc.) ? Qu'en est-il de l'étude critique des sciences dans les cursus de formation des travailleurs sociaux ? Plus fondamentalement, n'est-il pas désormais nécessaire pour le travail social de constituer une discipline académique autonome qui favorise la re-conflictualisation du champ social face aux risques d'instrumentalisation ? L'ensemble de ces questions a été abordé lors d'une journée d'étude organisée par l'Association des chercheurs des organismes de la formation et de l'intervention sociales (ACOFIS). Cet ouvrage en constitue les Actes. L'Association des chercheurs des organismes de la formation et de l'intervention sociales agit pour la promotion de la recherche en vue de contribuer à la transformation sociale.
Dans un contexte de "retour du religieux" et de remise en cause de la laïcité de la part d'anti-mouvements culturels et politico-religieux, les éducateurs et pédagogues sont questionnés : doivent-ils réaffirmer la laïcité associée au modèle d'intégration républicain ou bien le réinventer en fonction de nouvelles réalités sociodémographiques et politiques ? Comment s'y prennent-ils pour lutter contre les formes de hiérarchisation des victimes qui conduisent aux processus de racisation et de déshumanisation ? Comment interviennent-ils pour combattre les phénomènes de séparation culturelle et communautaire ? Comment les professionnels sociaux et éducatifs agissent-ils pour prévenir les phénomènes de radicalisation, de violence religieuse et politique ? Outre un discours incantatoire : "intégrez-vous ! ", sur quelles ressources s'appuient-ils pour maintenir le lien social et faire société ? En définitive, les acteurs sociaux et éducatifs sont enjoints de trouver des solutions pour faire vivre le principe de laïcité, autrement dit, faire vivre ensemble des sensibilités plurielles dans une société aujourd'hui fragmentée d'un point de vue social, politique et culturel. Sans confondre l'"excuse sociologique" avec la mobilisation des sciences sociales pour comprendre des phénomènes complexes et sensibles, cet ouvrage tente de développer les capacités de réflexion et d'action des professionnels du champ social et éducatif, acteurs clés de l'émancipation laïque.
Face aux " peurs de la jeunesse " et aux turbulences sociales au sein des quartiers défavorisés, dans un contexte de décentralisation, de politique de la ville et de lutte contre le sentiment d'insécurité, l'espace de la régulation sociale est en recomposition. Nous assistons à la multiplication des acteurs de la " socialisation du risque " (intervenants sociaux, élus, médiateurs, policiers, acteurs associatifs laïcs et confessionnels...) devant répondre efficacement à l'exclusion de masse, aux incivilités et à la violence urbaine. L'hypothèse centrale de ce livre est que, face à la " nouvelle question sociale ", nous n'assistons pas à la décomposition de l'intervention sociale et au désengagement de l'Etat dans les quartiers d'habitat social mais bien plutôt à la diversification des modes d'intervention et des logiques d'action d'une multitude d'acteurs favorisant la recomposition de la régulation sociale, voire un processus de contrôle social renouvelé. Ainsi, grâce à une étude de terrain poussée au cour de deux sites de l'agglomération rouennaise (Canteleu et les Hauts-de-Rouen) désignés comme prioritaires par les pouvoirs publics, cet ouvrage identifie qui sont les intervenants sociaux agissant dans les quartiers populaires et compare finement leurs logiques d'action dans toute leur complexité (solidarités, concurrences, conflits...). Par ailleurs, ce livre révèle qu'au-delà des différences statutaires, des contextes historiques de leur apparition, les acteurs canoniques et émergents de la régulation sociale sont des promoteurs du contrôle social, mais que certains d'entre eux sont aussi des acteurs de l'émancipation individuelle et collective favorisant la construction du sujet. En définitive, contrairement aux idées reçues, ce travail ethnographique passionnant montre que l'espace de la régulation sociale n'est pas un monde froid peuplé d'agents dociles dont la mission est de civiliser des " barbares incontrôlés " mais qu'au contraire, il s'agit d'un espace turbulent, conflictuel et plein de vitalité entre une pluralité d'acteurs dont le principal intérêt est leur hétérogénéité.
Les transformations sociale et économique d'inspiration néolibérale et le traitement sécuritaire des inégalités sociales réinterrogent les modèles de protection et d'action sociales développés durant le vingtième siècle. Aux avant-postes de ces métamorphoses, les acteurs sociaux courent alors le risque de s'inscrire dans un espace "social-sécuritaire" tourné principalement vers la recomposition du contrôle social au détriment du renouvellement de leurs capacités d'émancipation. Pour éviter de sombrer dans un pessimisme favorable au développement d'une pensée catastrophiste et réactionnaire hostile à tout mouvement, les acteurs de l'intervention sociale doivent donc s'armer intellectuellement s'ils veulent identifier et comprendre les nouvelles questions sociales et culturelles et ainsi renouveler leurs pratiques sans renier les valeurs humanistes émancipatrices intrinsèques du "travail social". Dans cette perspective, cet ouvrage collectif rassemblant d'éminents spécialistes du champ social et politique a une double ambition: faire une sorte d'état des lieux des connaissances produites sur les questions sociales et culturelles contemporaines; montrer que la production de la recherche et sa valorisation dans le champ de l'intervention sociale peut permettre à cet espace hétérogène de sortir de l'hétéronomie. Les contributions et points de vue proposés dans ce livre constituent une ressource pour toutes celles et ceux qui souhaitent comprendre pour mieux agir et participer ainsi à la construction d'une société d'individus libres et solidaires à la fois.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.