Que font les personnes, les corps et les techniques en termes de dynamique de genre ? En quoi et comment les personnes et les corps instaurent-ils, avec les techniques, de nouvelles relations de genre ? Que fabriquent véritablement les corps en fonction de leurs assignations respectives et de quelle latitude les personnes disposent-elles pour s'en détacher ou les réinventer ? Jusqu'à récemment, la plupart des revues francophones traitant des techniques semblent avoir fait preuve de peu d'intérêt pour le genre ; la littérature anglophone comprend quant à elle de remarquables synthèses qui voient essentiellement dans les techniques des instruments de reproduction de la domination masculine. Or, il s'agit peut-être là d'une vision occidentale à la fois des rapports de genre, du phénomène technique et de leurs relations. Ce numéro de Techniques&Culture, coordonné par des chercheuses et chercheurs formés à l'anthropologie, à l'histoire et à la sociologie, regroupe des travaux s'intéressant à ce que le genre fait aux techniques et à ce que les techniques font au genre.
Résultat de longues recherches ethnographiques, cet ouvrage permet de montrer dans sa complexité la vie actuelle d'un des peuples papous d'une vallée de l'intérieur de la Nouvelle-Guinée. Ce peuple vit un quotidien d'activités et de techniques traditionnelles, habite un univers social de relations particulières et complexes et enfin s'exprime dans un monde largement habité par la magie, l'interdiction, la crainte de l'invisible et les manières de traiter avec lui. Le texte (bilingue: français/anglais) est d'une lecture fluide. Il est plus explicatif que littéraire et donne une sorte de vision panoramique de la société Agra et de son fonctionnement, excluant de manière volontaire tout ce qui pourrait paraître commentaire racoleur du regard occidental (celui de l'ethnologue) sur une société primitive. Il rejette assez vivement certains documentaires existants qui ont donné une image fausse de ces populations ou parfois même ont fabriqué de toute pièce un modèle quasiment préhistorique de «monde premier». Les photographies qui composent la plus grande partie de l'ouvrage sont absolument magnifiques et créent un rapport privilégié, presque envoûtant avec cette société. Elles sont accompagnées de commentaires pertinents et suffisamment explicatifs pour emmener le lecteur de plus en plus loin dans l'approche de cet univers agricole et forestier si particulier.
Il faut com-mu-ni-quer! Le leitmotiv reste plus que jamais d'actualité pour la majorité des entreprises. Finies les années folles, les années « fric » et par là même la confusion des missions (informer ou communiquer) et des fonctions. Le secteur s'est passablement assagi tout en conservant la passion et la créativité qui le caractérisent.La logique de la mondialisation, le développement du marketing direct, l'apparition de nouveaux médias, comme internet, ont conduit les acteurs de la communication et du marketing à se constituer en réseaux ou à se concentrer en grands groupes mondiaux.Ce guide présente les nombreuses possibilités qui s'offrent à vous dans l'un ou l'autre de ces secteurs, en agence, en entreprise, au sein d'une collectivité locale, en institut ou bien même en free lance. Vous y trouverez également toutes les informations, du BTS au master en passant par les écoles spécialisées. Le carnet d'adresses vous permettra de prendre contact directement avec les lieux de formation et les organismes professionnels.
Résumé : Ce guide offre un panorama complet des métiers de la mode. Il inventorie chaque profession en précisant les formations et les diplômes pour y accéder. Enrichi de nombreux conseils et témoignages de professionnels, ce livre fournit tous les outils pour s'orienter en toute connaissance dans cette voie passionnante et exigeante.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.