Dans les cités marseillaises, on continue d'observer le même ballet, de l'approvisionnement dans de discrets sacs en plastique à la gestion des ressources humaines — guetteurs avec talkies-walkies, vendeurs munis de sacoches, superviseurs et gérants de terrain faisant leurs rondes. Pour autant, si le deal marseillais n'a cessé de se développer, c'est bien parce qu'il s'est adapté à la répression tout en intégrant les lois les plus débridées du capitalisme, du premier au dernier maillon. Pendant plus de trois ans, Coralie Bonnefoy, Benoît Gilles et Clara Martot Bacry, journalistes à Marsactu, média d'investigation indépendant, ont mené une enquête panoramique sur la drogue à Marseille. Faisant parler vendeurs et acheteurs, policiers et juges, détenus et habitants, ils mettent au jour comment la deuxième ville de France est devenue à la fois un épicentre et un laboratoire du trafic de stupéfiants - ainsi que de sa répression. Ils montrent aussi combien le commerce de la drogue reflète un monde inégalitaire jusqu'à l'outrance, où la quête de l'argent autorise tout, y compris la violence la plus extrême.
Dans un village des Caraïbes, la légende d'un trésor disparu vient bouleverser l'existence de la famille Otero. A la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l'ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l'héritière de la plantation de cannes à sucre, qui rêve à d'autres horizons. Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité se plaît à détourner les ambitions et les désirs...
Les moyens de communication les plus puissants et les plus modernes offrent au mensonge, désormais s mécanisé ', des possibilités susceptibles de le rendre à peu près irrésistible. Les mots sont plus que jamais capables de se transformer en armes meurtrières, au pouvoir de destruction quasiment illimité. Pendant les années de la guerre, les plumes ont été trempées dans le sang, et les épées dans l'encre. Des Derniers Jours de l'humanité (1922) à Troisième nuit de Walpurgis (1933), l'écrivain et satiriste autrichien Karl Kraus n'a cessé de démonter les techniques visant à s'emparer des esprits pour écraser et détruire l'humanité. Le philosophe Jacques Bouveresse revient ici à ses analyses pour les confronter au monde actuel. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, par laquelle on augmente la tolérance des peuples au mensonge et à la brutalité, accuse ses adversaires des atrocités qu'on commet, et fait croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants contemporains.
Les femmes socialistes de tous les pays instaurent une journée des femmes. Elle aura lieu tous les ans et son objectif premier sera l'obtention du droit de vote, revendication à porter dans le contexte général de la condition féminine. La journée des femmes sera internationale et puissamment orchestrée. Fidèle amie de Rosa Luxemburg, Clara Zetkin (1857-1933) fut députée, journaliste et enseignante, et combattit notamment le patriarcat, le féminisme bourgeois, la Première guerre mondiale, Staline et le nazisme. Elle est l'initiatrice de la Journée internationale des femmes, qui continue de mobiliser chaque année, le 8 mars. A travers une courte biographie, des lettres, des discours de sa main et des textes de Rosa Luxemburg, Louis Aragon, Henri Barbusse ou encore Angela Davis, rassemblés par Florence Hervé, journaliste et spécialiste de l'histoire du féminisme en Allemagne et en France, se dessine le portrait d'une précurseure qui a durablement marqué le féminisme international.
Les significations attribuées au mot "communiste" sont plus diverses que jamais. Il renvoie à une histoire tragique pour les peuples et les communistes eux-mêmes, et est même associé, dans le cas de la Chine, à un acteur central de la mondialisation capitaliste. Mais il reste aussi, pour beaucoup de celles et ceux qui le revendiquent, associé à l'idée d'une alternative au capitalisme, visant à l'égalité sociale et à l'instauration d'un pouvoir politique effectivement exercé par le plus grand nombre, non monopolisé par les élites sociales. Au-delà de ceux qui l'ont pensé ou dirigé et dont on a retenu les noms, le Parti communiste français est aussi le fruit de l'engagement de nombreux anonymes, adhérents, sympathisants ou militants, femmes se revendiquant ou non du féminisme ou encore travailleurs immigrés engagés dans les luttes anticoloniales. Cette histoire, qui commence au congrès de Tours en 1920 et traverse un siècle en France, est aussi la leur. Entre immenses espoirs et profonds découragements, Julian Mischi, sociologue et politiste, notamment auteur de Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010) et de Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Editions Agone, 2014), relate ici une tentative unique de promouvoir les classes populaires.
Quelque part en banlieue parisienne, une jeune fille grandit entre disputes et manque d'intimité, complicités inattendues et rares fêtes, discipline stricte et incompréhensions à l'école. Redoutant la violence qu'elle voit monter en elle, elle décide d'apprivoiser les mots. Ce sont eux qui lui permettront de tracer sa route, mais aussi de construire un lien enfin solide avec les siens.