L'actuelle cathédrale d'Amiens, dont la reconstruction a commencé en 1220, il y a 800 ans, est souvent présentée comme un "joyau" ou un "chef d'oeuvre" de l'art gothique. Ces appréciations témoignent de son rayonnement, qui se mesure aux échelles locale, régionale, nationale voire européenne, et qui s'inscrit dans de multiples registres, depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours. Ainsi, la cathédrale est célébrée par des écrivains, chantée par des poètes, fréquentée par des pèlerins venus vénérer l'insigne relique du chef de saint Jean-Baptiste. Elle est aussi un modèle du point de vue de son architecture et de sa construction. Elle est enfin le siège d'un pouvoir spirituel et temporel, celui des évêques et des chanoines, avant que de nouveaux enjeux politiques, civiques, touristiques et patrimoniaux s'en emparent. La cathédrale d'Amiens rayonne ainsi auprès de ceux qui y prient, la regardent, s'en inspirent ou la pensent, à travers l'imaginaire, l'art ou l'histoire.
Beirnaert Michel ; Boniface Xavier ; Cassan Audrey
Dans le cadre du Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, créé par Jean-Marie Mayeur et Yves-Marie Hilaire, ce livre fait partie de la série des ouvrages régionaux. Après l'Alsace, la Bretagne, Lille-Flandres, Lyon - Lyonnais - Beaujolais, le Limousin, la Savoie, ce onzième volume intitulé Arras. Artois - Côte d'Opale, présente un département-diocèse qui recouvre les anciens territoires de l'Artois, du Montreuillois, de l'Audomarois, du Boulonnais et du Calaisis. Une introduction, rédigée par plusieurs collaborateurs, rappelle d'abord les traits généraux de l'histoire du diocèse d'Arras à travers les deux derniers siècles en distinguant cinq grandes périodes, marquée chacune par des mutations notables - l'une d'elles concernant les deux guerres mondiales qui ont ravagé ce territoire. Cette introduction se tourne ensuite vers les minorités protestante, juive et musulmane et précise enfin l'oeuvre des nombreux missionnaires issus du diocèse qui ont évangélisé une partie du monde. Rédigé par vingt collaborateurs - universitaires et archivistes - sous la direction de quatre d'entre eux ce Dictionnaire contient 686 notices individuelles et - nouveauté dans cette série - 22 notices thématiques. Dans un diocèse où les ecclésiastiques ont été fort nombreux pendant cent cinquante ans, les notices individuelles se répartissent à peu près par moitié entre clercs et laïcs, militants d'action catholique, hommes et femmes d'oeuvres, syndicalistes, politiques, combattants et résistants chrétiens. Avec les indications biographiques contenues dans les notices thématiques, ce sont près de 850 personnes recensées.
En confrontant les archives (municipales, départementales, nationales, diocésaines et militaires des différents pays belligérants) avec toute une littérature d'interprétations (poèmes, romans, récits, correspondances, témoignages), Chantal Dhennin-Lalart élabore le récit d'une histoire sociale, économique et culturelle du sud des Weppes (Nord de la France) pendant la Grande Guerre. Cette démarche est complétée par l'étude de l'inscription de la Grande Guerre durant tout le XXe siècle jusqu'à aujourd'hui : qu'en reste-t-il, 20 ans après, 60 ans après, 100 ans après ? La Grande Guerre est visible dans les paysages et l'environnement géographique autant que dans les souvenirs familiaux réactivés.
Sur des vitraux d'églises réalisés après 1918, des anges couronnent des soldats, des aumôniers soutiennent des combattants. A leur manière, ces figures évoquent les représentations de nature religieuse des peuples engagés dans la Grande Guerre, qui se caractérisent par leur extrême diversité, de la foi encadrée par une Eglise jusqu'aux superstitions, en passant par des formes de religion populaire. La notion de foi peut même être appliquée, dans une perspective sécularisée, à la patrie et à la victoire, porteuses de formes de religiosité. Quelle place la religion occupe-t-elle alors chez les acteurs du conflit ? C'est la question à laquelle cet ouvrage collectif cherche à répondre : y a-t-il une "religion de guerre", qui irait jusqu'à une "guerre de religions", ou bien seulement des religions en guerre qui s'adaptent au conflit ? Cette question entend dépasser l'approche institutionnelle, traditionnelle, centrée sur les positions des Eglises face à la guerre. Elle englobe en revanche le sacré, qui exprime une sorte d'élévation symbolique, permettant de dépasser les épreuves du conflit, de légitimer celui-ci et de donner sens aux sacrifices, d'où des formules comme "l'union sacrée" ou "la voie sacrée".
Biographie de l'auteur Xavier Boniface, agrégé et docteur en histoire, est professeur d'histoire contemporaine à l'université du Littoral Côte d'Opale (Boulogne-sur-Mer). Ses recherches croisent les relations entre les Eglises et l'Etat, l'histoire politique et culturelle du fait militaire, ainsi que les rapports entre guerres et religions. Il a notamment publié L'Armée, l'Eglise et la République (1879-1914) (Nouveau Monde/DMPA, 2012), L'Aumônerie militaire française 1914-1962 (Ed du Cerf, 2001), et co-dirigé Les Chrétiens, la guerre et la paix, de la Paix de Dieu à l'esprit d'Assise (PUR, 2012).
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.