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L'aumônerie militaire française (1914-1962)
Boniface Xavier
CERF
15,00 €
Épuisé
EAN :9782204066600
Comment, avec la séparation des Églises et de l'État, l'aumônerie militaire, qui est une instance religieuse, a-t-elle sa place dans l'armée, une institution publique? Comment aussi, en s'exprimant au nom d'Églises prêchant un esprit de paix, l'aumônerie peut-elle être présente auprès des soldats qui préparent la guerre ou qui combattent? Les prêtres, les pasteurs et les rabbins ont éprouvé, dans leur service quotidien au sein de l'armée, l'importance de ces questions. Le demi-siècle étudié, de 1914 à 1962, marqué par de nombreux conflits, en a souligné l'aspect dramatique. Cet ouvrage retrace l'histoire de l'aumônerie militaire, celle de son édification institutionnelle, de son intégration progressive dans les structures de l'armée, de ses missions pastorales, mais aussi celle de ses enjeux politiques, éthiques ou théologiques. L'aumônier assure un accompagnement religieux des soldats, à la caserne et sur le champ de bataille. Or sa présence cautionne indirectement la mission des militaires et justifie la guerre. Mais elle permet aussi le rappel de certaines règles morales. Ainsi, par sa place originale, l'aumônerie militaire est à la croisée des Églises et de l'État, de la guerre et de la paix.
L'armée française a longtemps entretenu des relations particulières avec l'Eglise catholique et la République. A partir des années 1880, les républicains se lancent dans une politique de laïcisation des institutions publiques, y compris militaires, qui se caractérisera par la modération des réformes des opportunistes (de 1879 à 1898), puis par la profonde méfiance des radicaux à l'égard des militaires (de 1899 à 1914), surtout après l'affaire Dreyfus vue comme le révélateur d'une mythique "alliance du sabre et du goupillon". Dans cet ouvrage riche et éclairant, Xavier Boniface se penche sur les relations triangulaires de l'armée, de l'Eglise et de la République aux prises avec les mutations, tensions et crises politiques de cette période charnière précédant la Grande Guerre. A travers de grands dossiers - de l'adaptation de l'aumônerie militaire à l'affaire des fiches, en passant par le service militaire imposé aux séminaristes ou le maintien de l'ordre par l'armée lors de l'application des lois laïques -, l'auteur dépeint les difficultés des militaires à accepter le nouveau régime et son système de valeurs jusqu'à l'Union sacrée de 1914.
Biographie de l'auteur Xavier Boniface, agrégé et docteur en histoire, est professeur d'histoire contemporaine à l'université du Littoral Côte d'Opale (Boulogne-sur-Mer). Ses recherches croisent les relations entre les Eglises et l'Etat, l'histoire politique et culturelle du fait militaire, ainsi que les rapports entre guerres et religions. Il a notamment publié L'Armée, l'Eglise et la République (1879-1914) (Nouveau Monde/DMPA, 2012), L'Aumônerie militaire française 1914-1962 (Ed du Cerf, 2001), et co-dirigé Les Chrétiens, la guerre et la paix, de la Paix de Dieu à l'esprit d'Assise (PUR, 2012).
La Grande Guerre déchira l'Eglise catholique qui, dans les deux camps, usa des mêmes références bibliques et arguments théologiques pour justifier le conflit. Dans les diocèses occupés, le face à face de militaires et de civils, de laïcs et de prêtres ennemis a entretenu des représentations de l'autre interdisant tout véritable dialogue. Le clergé y a été confronté à des situations morales et religieuses inédites. Dans l'épreuve, il prit des engagements originaux, croisant charité et résistance. Dans ces mêmes diocèses, le clergé allemand, formé d'aumôniers militaires catholiques et protestants visités par leurs prélats, s'occupait des troupes, voire aussi des communautés locales sans pasteurs. A la fin du conflit, tous s'interrogèrent sur la manière de renouer le dialogue entre frères ennemis. Les diocèses en guerre ont été le cadre de relations religieuses complexes, entre solidarités confessionnelles et occupation militaire.