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L'Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse
Bonelli Laurent ; Pelletier Willy ; Halimi Serge
LA DECOUVERTE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782707160195
Dans le débat public, les diagnostics alarmistes sur la "crise de l'Etat-providence", et les procès contre l'Etat-redistributeur, ont laissé place à toujours plus d'injonctions à "réformer l'Etat". Cette "réforme de l'Etat" est devenue le point de ralliement des élites (de droite comme de gauche), des décideurs européens, mais aussi des intellectuels les plus écoutés, des journalistes, voire des syndicalistes, comment en témoigne le succès médiatique, en 2000, sous la direction de Bernard Spitz et Roger Fauroux, Notre Etat, devenue la Bible des "réformateurs". Qu'est-ce que recouvre ce programme de "réforme de l'Etat? Comment a-t-il été mis en oeuvre depuis dix ans? Quelles conséquences pour le service public et les usagers? Comment, au quotidien, les fonctionnaires font-ils" avec "? Ce livre s'efforce de répondre à ces questions en mobilisant plusieurs points de vue et leurs expériences, des fonctionnaires, des usagers, des syndicalistes et des chercheurs. Ce livre était nécessaire pour comprendre une révolution silencieuse. Car, si les réformes néolibérales de l'Etat s'effectuent parfois à grand renfort de publicité (privatisation de La Poste, restrictions des budgets de l'hôpital public ou de l'Education nationale), elles sont le plus souvent invisibles, et ne rencontrent que des protestations sectorielles, peu coordonnées, encore moins médiatisées. Elles passent par tel décret, telle directive, telle circulaire, voués à demeurer obscurs et confidentiels, dans certains cas élaborés par des cabinets d'audit privés... La plupart, et parmi les plus structurelles, passent inaperçues, sauf pour ceux qui en affrontent directement les conséquences: disparition des directions départementales des ministères, réorganisation managériale des services publics, démantèlement des statistiques publiques, révision générale des politiques publiques, partenariats public-privé, paupérisation des services publics pour mieux attester de leur inefficacité, ouverture de la concurrence entre public et privé (Poste, ANPE), sous-traitance des missions de service public, précarisation de l'emploi, etc. Au terme de ce voyage dans la" réforme de l'Etat "et ses effets, c'est le paysage des services publics, de nos services publics, que l'on voit silencieusement se dissoudre dans la logique néolibérale."
Réfugiés environnementaux/climatiques, migrants forcés de l'environnement/du climat, migrants environnementaux/climatiques, éco-migrants ? Les termes pour qualifier les personnes forcées de quitter leur lieu habituel de vie en raison d'une dégradation de l'environnement ne manquent pas et reflètent la difficile construction de cet enjeu en tant qu'objet de recherche et problème nécessitant l'intervention des autorités publiques. Ce numéro thématique de Cultures et Conflits revient sur les différents débats qui accompagnent ces questions, en offrant une large place à des chercheurs travaillant en langue anglaise. Nous espérons que cette invitation participera à l'enrichissement et au renforcement de la recherche effectuée en France sur ce sujet, qui reste encore timide.
Ce numéro explore les configurations sociales, historiques et politiques pour comprendre la violence politique. Le passage par la violence en politique n'est pas le résultat d'un "dysfonctionnement" ni d'une "subjectivité pathologique" réservée à des fanatiques, à des individus manipulés ou frustrés. Il s'inscrit dans des configurations sociales qu'il faut étudier dans toute leur singularité, en faisant varier le niveau d'analyse.
Ce numéro porte sur la sociologie politique des "élites transnationales" et interroge ce qui se joue dans la formation de positions dominantes qui se reproduisent d'une génération sur l'autre. Comment circulent les mécanismes qui assurent certains modes de reproduction et comment sont-ils compartimentés ? Comment se traduisent des expériences socio-historiques différentes, mais aussi leurs points de passages obligés, et les dynamiques sociales de diffraction et d'expansion qui leur sont inhérentes ?
Etudiant des cas aussi variés que les banlieues françaises, les camps en Haïti, les sans-papiers à Barcelone, l'intervention militaire de l'OTAN en Libye ou la surveillance des communications en Tunisie, les contributions ici réunies explorent les relations existantes entre domination et autorité, les résistances qu'elles suscitent et la création d'identités et de subjectivités. Ce numéro revient aussi sur le «Tabou chimique et conflit en Syrie» et ses différents enjeux historiques, éthiques et techniques.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.