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Antonin Artaud ou la fidélité à l'infini. Edition revue et augmentée
Bonardel Françoise
PG DE ROUX
32,00 €
Épuisé
EAN :9782363710772
Un être "abyssal et lumineux", disait d'Antonin Artaud (1896-1948) un de ses contemporains. Des abîmes explorés par le "suicidé de la société" n'a-t-on pas déjà tout dit ? Nul destin ne fut il est vrai plus cruel que le sien, mais peu de vies aussi intenses en dépit de la maladie, d'une exaltation avoisinant souvent la folie, et d'un internement qui dura neuf ans. De la lumière irradiant ses écrits par contre il reste d'autant plus à dire qu'on ne la sépare pas de l'ombre d'où elle tient son éclat à nul autre pareil. Ni les blasphèmes ni les reniements dont est ponctuée cette oeuvre hors du commun n'en altèrent l'unité et le chant profond. Aujourd'hui intégralement publiés, les écrits d'Artaud montrent l'insistance d'une unique préoccupation: comment guérir la vie, malade de ses doubles vampiriques ? En remettant les formes contrefaites au creuset pour en extraire les forces encore vives, n'a cessé de répondre Artaud. Mais c'est dans les Cahiers de Rodez qu'est engagé le terrible corps à corps d'un homme seul avec Dieu et sa Création, qui allait donner au "corps" artaudien sa puissance de frappe et sa jubilation. Nul besoin d'évoquer la folie pour en entendre le message, adressé aux hommes d'un temps qui est plus que jamais le nôtre.
Résumé : Un texte inédit d'Alexandra David-Neel consacré à Milarépa, yogi-poète tibétain du XIe siècle. Au-delà de la biographie de cette figure tutélaire du renoncement et de la libération intérieure, l'auteure nous fait découvrir des paysages grandioses mais aussi les moeurs et croyances tibétaines. On pensait tout savoir de la vie, de la personnalité et des écrits de l'intrépide Alexandra-David Neel (1868-1969), exploratrice et " reporter orientaliste ", mais aussi dans ses jeunes années journaliste, cantatrice, militante anarchiste et féministe. On connait moins bien par contre le " tempérament d'anachorète ultra-radical " qu'elle disait être le sien, et qui la rattachait spirituellement au yogi-poète Milarépa (XI°s.) ainsi qu'à la vie érémitique dont il est au Tibet la figure emblématique ; une vie que la voyageuse, moins tournée vers l'ascèse rigoureuse que vers l'étude, a elle-même menée dans les monastères et ermitages himalayens chaque fois, et aussi longtemps, que les circonstances le lui permettaient. Résidant en 1912 au Sikkim ou elle rencontre ermites et érudits, elle écrit une Vie de Milarepa restée jusqu'à ce jour inédite, et qui s'inspire de l'hagiographie tibétaine traduite en anglais par Lama Kazi Dawasamdup. Abandonné on ne sait trop pourquoi, ce projet éditorial qui lui tenait à coeur et l'occupa jusqu'en 1916, était censé apporter aux Européens un peu des paysages grandioses qu'elle contemplait, mais aussi des moeurs et croyances tibétaines qu'elle découvrait alors avec un mélange d'intérêt ethnographique et de rejet. Vagabondant comme elle, adepte d'une " mystique " libérée de tout formalisme religieux, Milarépa restera la figure tutélaire confortant la vision qu'elle se faisait du renoncement, et de la libération intérieure qu'on en peut attendre.
Officiellement disparue de la scène culturelle occidentale depuis l'âge des Lumières, l'alchimie est abordée ici en tant que "gestualité opérative" commune à tous les "hommes d'oeuvre" modernes désireux de maintenir un espace intermédiaire entre ciel et terre, religion et philosophie.
Résumé : Alexandra David-Neel s'impose toute sa longue vie aux croyances et pratiques d'ordre magico-religieux parfois les plus extravagantes, tout en déplorant la crédulité de leurs adeptes occidentaux ou orientaux. Son visage en Orient qui dure quatorze ans lui permet de s'aventurer au-delà des limites géographiques et psychiques admises en Europe. Les magiciens et mystiques rencontrés au Tibet incarnent à ses yeux les deux aspects, populaire et intellectuel, d'un entraînement spirituel incomparable aux pratiques religieuses occidentales. Alexandra David-Neel, philosophe et mystique, se sera toujours efforcée de comprendre ce qui se joue derrière des croyances et des comportements en apparence absurdes.
Dire qu'elle a traversé tous les régimes politiques de la Ve République et donne une image de la "femme française" serait un cliché journalistique ; certes, nous sommes, elle et moi, des corps français qui donnent de la voix, ou qui donnent voix, elle avec sa voix propre, moi dans le propre de cette voix qu'est l'écriture, mais la France dans laquelle nous vivons est fantômatique. Contrairernen t d Depardieu, Huppert n'a pas de corps"politique" : là encore, elle ne dit rien, ne parle pas, se contente de montrer en quoi un corps, un visage, une voix sont un paysage universel dans sa francité fantasmée ou regrettée." Cette superbe méditation sur Huppert, troublante et intemporelle, dessillera plus d'un regard...
Ecrire mes Préludes. Et pourquoi pas avec, le "roman" de mes Préludes... Qui est la victoire du combat contre la maladie. Malgré mes réticences, mes pudeurs aussi. Ce livre-là, George ne peut pas l'écrire à ma place. Toute ma vie enfermée en vingt-quatre chapitres. Mon calvaire... Mes bonheurs et ses sensations aussi. Comme une vie entière recomposée." Ainsi Frédéric Chopin écrit-il, sous la plume inspirée de Jean-Yves Clément, ce "faux journal" qui retrace son voyage avec George Sand de Majorque à Nohant, entre février et juin 1839. Le " roman des Préludes"? C'est son roman. Cela pourrait être celui de quiconque transpose sa vie dans son art.
Les marins dénouent les cordes qui nous relient à la terre ferme. Ils courent pieds nus, le bas de leur galabeya coincé entre leurs dents, d'une bitte d'amarrage à une autre. Ils s'interpellent, des rires fusent, des noms, Ashraf, Mohammed. Ils jettent les bouts sur le pont. Le petit remorqueur auquel nous sommes attachés ronronne, la corde entre les deux bateaux se tend, nous nous écartons de la rive. [...] Nous quittons Esna. [...] Les deux voiles latines, rayées rouge et blanc, s'ébrouent, se gonflent d'air, grandissent encore. Le cordage qui nous relie au remorqueur est lâché. [...] Le voyage sur le Nil commence." Et le roman de remonter aux sources mêmes du récit... Gaia l'Ardéchoise grandie au coeur d'un village de pierre sombre, très jeune prise par le désir de voyager. Luis le brillant avocat new-yorkais, né au Mexique. Leurs chemins qui se croisent pour se nouer à Gurnah. Le début d'une formidable aventure humaine, portant témoignage à la fois fies soubresauts de l'histoire contemporaine et de l'indéfectible charme de l'Egypte.
Comment se transforme-t-on en Chinois virtuel, penché en permanence sur son smartphone ? Comment devient-on Charlie ? Comment peut-on être Kim Kardashian ? Tantôt rebelle consentant, hurlant en boucle des slogans préenregistrés, façon karaoké, tantôt icône de la Toile, incarnation d'une success story qui prolifère sur les réseaux sociaux sans qu'on sache pourquoi au juste. C'est l'histoire d'une contagion, d'une lobotomisation générale, que nous raconte Jean-Louis Kuffer avec une rare et insidieuse férocité, dans le sillage de Philippe Muray ; célébrant la cour des miracles qui se croit à la pointe de l'humanité et illustre notre prétendue prospérité, avec ses auteurs-cultes, plasticiens de génie, polémistes au petit pied, parvenus, charlatans et bouffons de tout poil.