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Je suis fou de toi / Le grand amour de Paul Valéry
Bona Dominique
GRASSET
22,45 €
Épuisé
EAN :9782246853879
Extrait Un petit homme fragile Un petit homme, fragile et décharné, sonne à la grille d'une maison, dans le quartier d'Auteuil. Ses fenêtres allumées éclairent à peine la rue déserte. Façade et volets gris, toit d'ardoise, sur deux étages, jardin sans feuilles de l'autre côté du mur, pareil silence est assez rare à Paris pour qu'il le remarque. Quatre heures de l'après-midi, ce 6 février 1938 : la nuit commence à tomber. Une lumière d'hiver plombe le décor. Le petit homme, vêtu d'un pardessus sombre, sonne au battant de fer. Épaules voûtées, l'air fatigué, usé déjà, Paul Valéry n'est pas un vieillard, mais sa jeunesse est loin. Teint cireux, taches sur les mains. Son élégance donne le change. Il a encore ce pas de fantassin qui fait l'admiration de ses amis. Par coquetterie, il évite d'utiliser une canne, bien qu'on le lui recommande. Il ne veut pas avoir l'air vieux, et surtout pas aujourd'hui. C'est le chapeau à la main qu'il se présente à la grille. Il vient ici pour la première fois : 11 rue de l'Assomption. 16e arrondissement. Une adresse élégante, mais discrète. A l'écart de ces hôtels particuliers de l'aristocratique boulevard Saint-Germain ou de la luxueuse place des États-Unis, dont il est l'hôte recherché, l'atmosphère est ici plutôt provinciale : surgie dans un parfum d'herbe mouillée et de mousse hivernale, c'est même la campagne à Paris ! Le calme, en particulier, lui paraît insolite, il en a perdu l'habitude. Il est dépaysé. Une douceur inattendue lui caresse le nez, la moustache, et lui ferait presque monter les larmes aux yeux. A soixante-six ans, il poursuit toujours le même rêve. Un rêve impossible : atteindre la paix qui se refuse, paix du corps et de l'âme, paix de l'esprit qui peine à se réconcilier. Vivre enfin tranquille, à son âge, beaucoup y sont parvenus. Pas lui. La sérénité, malgré ses efforts, lui est refusée par un démon qui s'acharne à lui trouver toutes sortes de tâches et d'obligations : il ne sait pas dire non. C'est l'engrenage du succès, la rançon de la gloire. Au moment de sonner ici, il a la nostalgie d'un temps où il avait le temps. Son agenda déborde de rendez-vous. Son existence, dès cinq heures du matin, est réglée par une discipline sévère. Chaque minute compte pour ce travailleur inlassable, qui est aussi un incorrigible mondain. Ses heures ne sont jamais creuses. Il écrit : des livres, des préfaces, des discours, des articles et, quand il en a fini avec la litanie des contrats, il noircit des pages et des pages de cahiers personnels. Il a pris l'habitude de noter pour lui-même les étapes de sa pensée et d'observer sans relâche le mécanisme de son cerveau : il se regarde pensant. Il parle aussi beaucoup devant des auditoires captivés par son langage de mage. Car il sait être foudroyant de clarté pour expliquer des choses abstraites et les mettre à la portée du premier venu. Mais il peut aussi se montrer ésotérique - un vrai chaman - à propos des choses les plus simples. A mi-chemin de la poésie et de la philosophie, cet intellectuel s'est fixé pour but d'avancer toujours davantage sur le chemin de la connaissance. Cogito ergo sum. Décoré des plus hautes distinctions de la République, professeur au Collège de France qui a créé pour lui la chaire de poétique, académicien, inscrit sur les listes du Nobel qui tarde un peu à consacrer son oeuvre, c'est un grand personnage. Le grand personnage de la IIIe République. On s'arrache sa présence aux colloques, aux conférences, mais aussi dans les salons où il apporte son prestige et les pépites d'une conversation éblouissante. Sommité et causeur hors pair, il se pourrait pourtant que la gloire dont il aime tant le parfum, en ce moment, lui pèse : il la préférerait avec quelques années de moins. Lui sera-t-elle utile, cette gloire, pour être aimé comme il le souhaite, peut-être une dernière fois ?
Août 1914. Dans un joli chalet du 16e arrondissement, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Il y a Marguerite Moreno, la comédienne ; Annie de Pène, la chroniqueuse et "presque soeur" ; Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma. Ces quatre femmes libres qui portent les cheveux courts et délaissent le corset, n'oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Elles vont vers l'être aimé, quel qu'il soit. Au coeur de l'histoire, sanglante et sauvage, elles affirment leur personnalité, leur amitié et leur insoumission. Un récit sensible, nuancé. Des mondes enfouis surgissent. C'est fascinant. Marie-Françoise Leclère, Le Point. Portraits vivants, sens des destinées, refus de l'exhaustivité. Une biographie non conventionnelle, à l'image de ses héroïnes. Marie-Laure Delorme, Le JDD. La biographe semble être une envoyée spéciale revenue d'un reportage. Bernard Morlino, Le Magazine littéraire.
Écoutez-moi bien. Il ne faut pas rester assise au balcon. Il faut participer ! Il faut vivre !"Romancière et biographe passionnée, Dominique Bona dévoile avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire : Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette...Elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d'embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d'eux une histoire intime et fascinante.4e de couverture : Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d'écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité. Romain Gary, Berthe Morisot, Gala Dalí, Stefan Zweig, Camille Claudel, Colette : elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d'embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d'eux une histoire personnelle. Si elle convoque avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire, c'est elle que l'on découvre, sous le masque que tout écrivain s'impose, dans cette autobiographie d'une biographe passionnée.Notes Biographiques : Académicienne, Dominique Bona est l'auteure de romans et de biographies, parmi lesquelles Romain Gary (prix de la biographie de l'Académie française), Stefan Zweig, Berthe Morisot ou Clara Malraux. Elle a reçu le prix Interallié avec Malika et le Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ebène.
Qui est Gala ? Une femme de l'ombre, plus qu'une compagne pour les hommes illustres dont elle a accompagné la vie, une muse destinée à révéler à chacun sa vérité propre. Gala est une lionne, possessive, autoritaire, dominatrice. Pour ses amants au coeur d'enfant, elle est une mère ; en elle, Éluard comme Dali puiseront une sorte d'air vital, puissant, sans lequel ils ne seraient pas devenus les artistes que nous connaissons. Pourtant, Soupault la surnomme "la Gale", Peggy Guggenheim la décrit comme "la plus antipathique des femmes"... Une biographie pour découvrir qui elle est vraiment. Du même auteur : Romain Gary ; Berthe Morisot.
Pourquoi elle ?Pourquoi une biographie de Jacqueline de Ribes ?Je ne m'étais intéressée jusque-là qu'à des vies dont l'art était le coeur battant. Des vies dont l'essentiel fut de peindre, écrire ou sculpter.C'est sa propre vie qui est l'oeuvre de Jacqueline de Ribes. Une vie qu'elle a magnifiée, sublimée, mais qui garde à mes yeux sa part de mystère.Quelle femme et quels secrets se cachent derrière la légende de papier glacé ?Figure de la jet-set des années soixante. L'un des "Cygnes" préférés de Truman Capote et de Richard Avedon. Amie d'Yves Saint Laurent et de Luchino Visconti. Elle est devenue une icône du style et un symbole de l'élégance française. Une reconnaissance mondiale illustrée, en 2015, par une magistrale exposition au Metropolitan Museum de New York. Son visage a été projeté en pleine lumière sur l'Empire State Building.Ce destin, qui voit s'achever l'ancien monde et apparaître de nouveaux codes, des innovations stupéfiantes, j'ai tenté d'en déchiffrer l'énigme.D. B.Notes Biographiques : Académicienne, Dominique Bona est l'auteure de romans et de biographies, parmi lesquelles Romain Gary (prix de la biographie de l'Académie française), Stefan Zweig, Berthe Morisot ou Clara Malraux. Elle a reçu le prix Interallié avec Malika et le Renaudot pour Le Manuscrit de Port-Ebène.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
« Ne perdez point ces précieux moments : la beauté passe, le temps s'efface, l'âge de glace vient à sa place, qui nous ôte le goût de ces doux passe-temps. Profitez du printemps de vos beaux ans, aimable jeunesse : profitez de vos beaux ans. Donnez-vous à la tendresse. » Sur Molière (1622-1673), on a tout dit et on ne sait presque rien. Ses manuscrits ont disparu, les lieux qu'il a habités ont été détruits, sa tombe même est incertaine. Qui a-t-il épousé, sa fille ou la soeur de sa bien-aimée, Madeleine Béjart ? Quelles furent ses relations avec son père, grand bourgeois de Paris dont il brisa le rêve de dynastie ? Quels étaient ses rapports avec Louis XIV, roi secret qu'il faisait danser sur scène ? Molière, effacé à la ville, truculent sur la scène, était avant tout un homme de théâtre : acteur, directeur de troupe et auteur.
Résumé : Le nom d'Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Mort le 2 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy, il est l'auteur d'une oeuvre plus ample - correspondance, nouvelles, poèmes, chroniques et critiques - sur laquelle s'appuie Ariane Charton, nous donnant une image très vivante d'un écrivain marqué par son enfance campagnarde. Ami de Jacques Rivière. Alain-Fournier veut trouver la présence du monde au fond de l'âme et ne jamais la disjoindre de son idéal. Rêvant d'être marin "pour faire des voyages". affirmant "se jouer du monde avec la moindre de ses pensées", il ne voulait pas créer des personnages "moraux ou sympathiques, mais d'abord penser à les faire vivants".
« N'allez pas croire que j'aie foi en une amélioration prochaine de l'humanité, ce visqueux monstre aux mille têtes. Mais ne s'améliorera-t-elle pas, l'humanité, que si l'on cesse de lui répéter qu'elle a emprunté quelque voie mystérieuse, alors qu'elle ne fait vraisemblablement que s'entortiller autour de son propre axe ? Allez, l'"illusion" fait partie intégrante de la mixture magique de l'existence. »Né à Vienne, Stefan Zweig (1881-1942) a peut-être souffert de sa trop grande renommée qui l'a mis à l'écart du monde littéraire. Cet écrivain tourmenté et secret, acharné de travail, a élaboré une oeuvre multiple entre nouvelles, romans, biographies et théâtre. Ce voyageur qui se décrivait avant tout comme un Européen a vu ses deux autres identités d'humaniste et de pacifiste voler en éclats dans l'horreur du monde nazi. Réfugié au Brésil, il se donnera la mort avec sa femme en 1942.
Résumé : "Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix". Qui est Homère ? A-t-il seulement existé ? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui ? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon ?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.