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La bataille. Du fait d'armes au combat idéologique (XIe-XIXe siècle)
Boltanski Ariane ; Lagadec Yann ; Mercier Franck
PU RENNES
19,00 €
Épuisé
EAN :9782753540293
Après une longue éclipse, l'histoire de la bataille revient en force dans le champ des études historiques. Prenant acte des renouvellements récents de l'historiographie, cet ouvrage se propose de revisiter un certain nombre de batailles qui, sans avoir nécessairement changé la face du monde, n'en constituent pas moins des événements complexes où le politique et le militaire se mêlent étroitement. C'est que la bataille ne résulte pas seulement de la confrontation physique des armes mais aussi du choc des idéaux et des stratégies rivales. Ainsi, du fait d'armes au combat idéologique, le chemin est souvent très court. Plus que de l'événement lui-même (dont la connaissance intime est en général assourdie par le fracas des armes), il sera ainsi surtout question ici des motivations idéologiques des belligérants, de la mise en récit des batailles et de leur exploitation à des fins politiques ou mémorielles. Appréhendée sur la longue durée, du XIe au XIXe siècle, d'Hastings (1066) à Leipzig (1813) en passant par Auray (1364) et Rocroi (1643), la "bataille" apparaît comme le lieu d'un intense investissement militaire, politique, religieux et idéologique. C'est qu'une "bataille" ne se remporte pas seulement sur le terrain militaire, mais aussi et peut-être surtout sur celui des représentations.
Pourquoi, au tournant des XIXe et XXe siècles, observe-t-on tour à tour: le développement du roman policier, dont le coeur est l'enquête, et du roman d'espionnage, qui a pour sujet le complot; l'invention, par la psychiatrie, de la paranoïa, dont l'un des symptômes principaux est la tendance à entreprendre des enquêtes interminables, prolongées jusqu'au délire; l'orientation nouvelle de la science politique qui, se saisissant de la problématique de la paranoïa, la déplace du plan psychique sur le plan social et prend pour objet l'explication des événements historiques par les "théories du complot"; la sociologie, enfin, qui se dote de formes spécifiques de causalité - dites sociales -, pour détermine les entités, individuelles ou collectives, auxquelles peuvent être attribués les événements qui ponctuent la vie des personnes, celle des groupes, ou encore le cours de l'histoire? La raison en est la conjoncture nouvelle que créent de profonds changements dans la façon dont est instaurée la réalité sociale. C'est à l'Etat-nation, tel qu'il se développe à la fin du XIX° siècle, que l'on doit le projet d'organiser et d'unifier la réalité pour une population et sur un territoire. Mais ce projet, proprement démiurgique, se heurte à une pluralité d'obstacles parmi lesquels le développement du capitalisme, qui se joue des frontières nationales, occupe une place centrale. Ainsi la figure du complot focalise des soupçons qui concernent l'exercice du pouvoir: où se trouve réellement le pouvoir et qui le détient, en réalité? Les autorités étatiques, qui sont censées en assumer la charge, ou d'autres instances, agissant dans l'ombre, banquiers, anarchistes, sociétés secrètes, classe dominante, etc.? Ainsi s'échafaudent des ontologies politiques qui tablent sur une réalité doublement distribuée: à une réalité officielle, mais de surface et sans doute illusoire, s'oppose une réalité profonde, cachée, menaçante, officieuse, mais bien plus réelle. Roman policier et roman d'espionnage, paranoïa et sociologie - inventions à peu près concomitantes - sont solidaires d'une façon nouvelle de problématiser la réalité et de travailler les contradictions qui l'habitent. Les aventures du conflit entre ces deux réalités - réalité de surface contre réalité réelle- constitue le fil directeur de l'ouvrage.
De la fin du XVe siècle jusqu'à la chute de la monarchie, la Normandie est la province de France qui compte parmi les plus fortes densités nobiliaires. Sa noblesse est abondante et souvent populeuse. Elle présente de fortes disparités géographiques, entre la Normandie occidentale et la Normandie orientale, et il existe de visibles contrastes sociaux entre les élites aristocratiques et la plèbe nobiliaire qui peuple les campagnes de l'ouest de la province, souvent mise à mal économiquement. Ainsi, on doit parler de noblesses normandes au pluriel plutôt que croire en l'existence d'une noblesse unique, notamment au regard de multiples particularités régionales ou locales, économiques ou politiques, durant les trois siècles qui précèdent la Révolution. La confrontation des recherches historiques récentes présentée dans cet ouvrage permet de montrer la variété des situations que rencontrent ces groupes nobiliaires (en matière d'effectifs, d'implantations géographiques, de densités, etc.), quant à leur condition juridique originale suivant la coutume de Normandie, à leurs positions culturelles et leurs adhésions religieuses.
Le cavalier armé de sa lance triomphe du dragon, mais le monstre de l'hérésie renaît sans cesse et le combat des nobles pour le salut peut paraître sans fin... La défense de l'ordre religieux par les armes est-elle, cependant, une constante de l'identité nobiliaire, comme le laisserait accroire la permanence du mythe de saint Georges dans les représentations ? Le présent recueil, qui rassemble les contributions au colloque international tenu en décembre 2008 à l'université Rennes 2, illustre la diversité des formes d'engagement des nobles pour la foi sur une période cruciale de l'histoire des mobilisations religieuses (XIIIe-XVIIe siècle). Trop souvent reléguée au rang de simple " bras armé " de l'Église, la noblesse a ainsi pris une part active à la défense de la foi, qui ne se réduit pas à la lointaine expérience des croisades contre les infidèles, ni même au seul usage des armes. Aux XIIIe-XIVe siècles, la défense de la foi par la noblesse s'organise dans un cadre encore largement façonné par la papauté, la Chrétienté. Son effacement progressif, dès avant les Réformes religieuses du XVIe siècle, ne fait que démultiplier les possibilités d'implication de la noblesse. Au moment où la pureté de la foi devient aussi l'affaire des États, la noblesse doit reconsidérer sa participation au maintien de l'orthodoxie. De part et d'autres des nouvelles barrières confessionnelles qui s'érigent dans l'Europe des guerres de Religion, les nobles s'efforcent, non sans ambiguïtés, de conjuguer le combat pour la foi, la fidélité au prince et la perpétuation de l'ordre social.
Alors que tout semble promettre la photographie, activité sans traditions et sans exigences, à l'anarchie de l'improvisation individuelle, rien n'est plus réglé et plus conventionnel que la pratique photographique et les photographies d'amateurs. Les normes qui définissent les occasions et les objets de photographie révèlent la fonction sociale de l'acte et de l'image photographique : éterniser et solenniser les temps forts de la vie collective. Aussi la photographie, rite du culte domestique, par lequel on fabrique des images privées de la vie privée, est-elle une des rares activités qui puisse encore de nos jours enrichir la culture populaire : une esthétique peut s'y exprimer avec ses principes, ses canons et ses lois qui ne sont pas autre chose que l'expression dans le domaine esthétique d'attitudes éthiques.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni