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Empédocle. Tome 1, Introduction à l'ancienne physique
Bollack Jean
GALLIMARD
14,25 €
Épuisé
EAN :9782070725571
A la recherche de l'un des deux poèmes perdus d'Empédocle, Les Origines, on découvre l'épure d'un système le plus rigoureusement fidèle au regard que l'homme du Vème siècle jeta sur lui-même. La cosmologie d'Empédocle ordonne l'espace et comprend les règnes où se mouvait cet homme, et où il se pensait. L'oeuvre se déchiffre, en se recomposant, à travers différentes lectures : la critique des philosophes et l'interprétation des médecins, des poètes et des grammairiens, étayant les fragments qui nous restent et que présentent les volumes suivants ; elle nous livre ses contenus enchevêtrés : une ontologie, une physiologie, une linguistique. Bien que l'on parvienne à retrouver les correspondances précises, les textes, qu'une analyse patiente restitue, conservent la fermeture qui fait que la réflexion s'y arrête et s'y enferme.
Le commentaire reprend tous les mots des fragments et analyse tous les contextes qui nous ont livré des vers d'Empédocle, dans leur signification propre et pour les éléments empédocléens qu'ils contiennent. Il étudie la matière des vers et situe les mots dans la tradition littéraire, s'attachant à élucider l'expression méthodiquement hermétique. On rencontre et on traite, sur ce chemin, les grands thèmes de la philosophie et de la science antiques, dans leur histoire, avant et après Empédocle. Grammaticale et critique d'un côté, analytique et comparative de l'autre, cette investigation ne se propose pas seulement d'ajouter de nouvelles connaissances ; elle rassemble, dans la cosmogonie et dans la zoogonie, les éléments d'une interprétation du monde, dont l'arrangement exprime toutes les relations existantes.
Résumé : Les mots ont été écrasés. L'interprétation les relève. Le temps irrévocable de l'inscription fixait chaque fois un regard sur l'histoire, le nouveau refus d'un effacement. Le moment promu par l'analyse fait sens, il vit de ce retour : c'est là " sa date ", son deuxième temps. La décision de passer par le détroit du déchiffrement ne date pas moins. La prise de position contre l'effacement est partout plus forte même que les contenus qu'elle défend. L'évacuation préliminaire de l'oubli est la condition sine qua non. L'instant qui se livre dans la singularité d'une expression ou d'une formule survit dans la langue qui reflue vers lui. Le temps en soi dérobe, mais l'écriture n'est, pas emportée comme le reste. Elle s'est dressée dans un autre temps contre ce temps ravisseur, avec des lignes qui se dressent. C'est le sens que prend la droiture des lettres, les verticales du livre. L'inscription sillonne et traverse le temps. La vision quotidienne accède à une autre vue qui se déploie dans un espace ouvert.
Jean Bollack (1923-2012) a été professeur de littérature et d'histoire de la pensée grecque à l'université de Lille; il a également enseigné dans les universités de Berlin, de Vienne, de Genève, de Princeton et à l'École normale supérieure à Paris. Il laisse une oeuvre considérable, tant dans le domaine grec, où il a renouvelé l'étude des présocratiques et de la tragédie, que dans celui de la littérature de notre temps, française ou allemande, où il s'est intéressé à l'écriture de la modernité et en particulier à Paul Celan, à Baudelaire et à Mallarmé.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.