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Héraclite ou la séparation
Bollack Jean ; Wismann Heinz
MINUIT
39,90 €
Épuisé
EAN :9782707303851
La pensée d'Héraclite s'est séparée à la fois de la spéculation mythologique ou philosophique et de tous les systèmes religieux et sociaux qui l'ont précédée. C'est qu'elle ne cesse de se constituer dans la distance qui sépare, dans le dire, entre le dit et la diction. La réflexion projette sur les choses la contradiction qu'elle abstrait dans la signification. Elle n'y réussit qu'en se situant à l'extérieur, dans ce lieu distinct et factice, d'où apparaissent les différences inhérentes aux manières de dire et de faire. Elle est critique par la référence que toujours elle pose, et par les distinctions qu'elle y établit. Ayant d'abord reçu pour fonction de préfigurer le radicalisme de la pensée sophistique, Héraclite a fini par être assimilé aux métaphysiciens qu'il avait par avance contredits, par être paradoxalement considéré comme le patron de la philosophie de l'Absolu. Tributaire des textes altérés au cours de cette histoire, la philologie du XIXe siècle n'a pu distinguer le "séparé" dans les cultures de l'unification. Même après Hegel, les philosophes n'ont pas percé l'écran que leur opposait la vulgate, armée de l'autorité de la science.
Situant dans l'action de la genèse les quelque cent fragments des Origines, les textes des citateurs et les analyses antiques structurent le poème par leurs indications multiples. Ce matériel, divers, riche, concret et difficile, est présenté et organisé pour la première fois dans une édition critique, accompagnée d'une traduction intégrale et précise.
Résumé : Les mots ont été écrasés. L'interprétation les relève. Le temps irrévocable de l'inscription fixait chaque fois un regard sur l'histoire, le nouveau refus d'un effacement. Le moment promu par l'analyse fait sens, il vit de ce retour : c'est là " sa date ", son deuxième temps. La décision de passer par le détroit du déchiffrement ne date pas moins. La prise de position contre l'effacement est partout plus forte même que les contenus qu'elle défend. L'évacuation préliminaire de l'oubli est la condition sine qua non. L'instant qui se livre dans la singularité d'une expression ou d'une formule survit dans la langue qui reflue vers lui. Le temps en soi dérobe, mais l'écriture n'est, pas emportée comme le reste. Elle s'est dressée dans un autre temps contre ce temps ravisseur, avec des lignes qui se dressent. C'est le sens que prend la droiture des lettres, les verticales du livre. L'inscription sillonne et traverse le temps. La vision quotidienne accède à une autre vue qui se déploie dans un espace ouvert.
Cet essai d'interprétation est issu d'une traduction de la pièce de Sophocle et d'un travail de mise en scène entrepris avec Marcel Bozonnet. La figure d'Antigone a été approchée ces dernières années par différents auteurs à travers la philosophie, la psychanalyse ou même l'anthropologie. Le drame a été adapté et actualisé. Un mythe s'est constitué qui nécessite une étude. Une reconsidération du travail de Sophocle à la lumière d'une recherche approfondie sur le détail du texte et la composition d'ensemble, tel est le but de cet ouvrage. Un regard nouveau sur le sens et la fin du tragique conflit."
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.