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La logique du corps articulaire. Les articulations du corps humain dans la littérature occidentale
Bolens Guillemette
PU RENNES
19,82 €
Épuisé
EAN :9782868474940
Le corps humain a été mis en récit dans la littérature de façons diverses, offrant chaque fois les signes d'une logique corporelle particulière. Deux logiques corporelles sont mises en regard dans cet ouvrage. L'une nous est coutumière : elle organise le corps en fonction de ses ouvertures, de la peau et du rapport interne-externe. C'est le " corps-enveloppe ". L'autre est la logique du " corps articulaire ". Les descriptions de blessures offrent des indices importants : dans l'Iliade, Énée est atteint à la hanche, précisément à la jonction du fémur et de l'os du bassin ; dans Beowulf, le héros disloque l'épaule de Grendel, causant la rupture des tendons ; dans le Lancelot de Chrétien de Troyes, le chevalier est fendu à la jointure du cou et de l'épaule. Autant de précisions qui montrent que le corps a été pensé à certains moments historiques en fonction de ses articulations, lesquelles étaient perçues comme vitales et signifiantes. La logique du corps articulaire fait jouer un rôle primordial à la mobilité et à la sensation du mouvement. Le héros n'est pas seulement le plus rapide, il est celui dont la capacité sensorielle motrice est la plus grande. Le forgeron divin Héphaistos dans l'Iliade et le dieu Hermès, inventeur du feu dans l'Hymne homérique à Hermès, sont capables de créer grâce à une motricité extraordinaire, hors norme. Cette façon de penser le corps a ensuite disparu avec l'avènement de la dichotomie corps-âme, mais sa trace reste néanmoins présente dans certains textes fondamentaux de la culture occidentale.
Cet ouvrage propose de développer les moyens de rendre compte d'un humour qui relève des dynamiques corporelles en interaction, telles qu'elles s'actualisent dans la lecture d'une oeuvre littéraire. Quand les vécus corporels sont séparés par des siècles et des variations culturelles multiples, comment la littérature nous fait-elle comprendre et rejoindre les sensations dynamiques mises en récit par les auteurs, au point de nous faire rire ? Par delà les fossés historiques indéniables qui nous obligent à la plus grande prudence, existe-t-il des aspects partagés, qui nous permettent d'entendre les vécus corporels dont parlent Rabelais, Cervantès et Sterne à travers les mouvements de leurs narrations ? Cet ouvrage teste deux nouvelles pistes d'analyse kinésique, celle du tempo et celle du dialogue tonique, intégrées à des perspectives narratologiques, cognitives et sociohistoriques.
Liliane Borens doit sa réputation internationale à de nombreux reportages réalisés dans des jardins en France, Italie, Portugal, Allemagne, Suisse et sous des latitudes lointaines (récemment en Afrique du Sud). Elle collabore à la presse française (Mon Jardin & ma Maison, notamment) et allemande (Burda).
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.