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Les raisons de l'infini
Blay Michel
GALLIMARD
17,04 €
Épuisé
EAN :9782070729920
La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l'Univers [... ]. Il est écrit en langue mathématique". La thèse de Galilée opéra une véritable révolution. Alexandre Koyré en a tiré une étude classique sur le basculement de l'Occident, à la Renaissance, d'une conception aristotélicienne d'un espace fini et ordonné selon la perfection graduée des êtres, dans un univers indéfini, ne comportant plus aucune hiérarchie naturelle et uni seulement par l'identité des lois qui le régissent dans toutes ses parties et ses composants ultimes. Ce passage du monde clos à l'univers infini s'opère grâce à la géométrisation de la cosmologie. Michel Blay ouvre le dossier de la mathématisation du monde, de Galilée à Lagrange, de Newton à Laplace, dossier du fondement de notre modernité scientifique : construire une science mathématique de la nature ne vise plus à pénétrer, via la géométrie, la nature et la perfection des choses, mais, bien plutôt, à élaborer un système cohérent d'axiomes, de principes et de concepts reconstruisant les phénomènes de la nature à l'intérieur du seul domaine de l'intelligibilité mathématique. C'est alors que du monde clos naît l'univers mathématique qui est le nôtre, un univers dans lequel Dieu, de Créateur, devient pour d'aucuns une hypothèse qui cesse d'être nécessaire, un univers où l'enchantement de l'harmonie des sphères le cède à la beauté des raisonnements et des postulats.
La modernité, mot d'ordre de notre présent, s'associe-t-elle, comme on l'entend partout, à une liberté inédite dans l'histoire humaine ? Une liberté qui ne connaîtrait plus d'obstacles depuis la chute du mur de Berlin ? C'est cette évidence que questionne cet essai. Revisitant au long du XXe siècle les étapes clés de la construction d'un homme et d'un monde nouveaux en rupture avec tout passé, il renvoie dos à dos toutes les pensées totalitaires, fasciste, stalinienne... ou libérale. Car, qu'est-ce, en effet, que cette liberté qui nous est promise désormais par une société libérale tentée par l'illusion de la fin de l'Histoire ? Aujourd'hui, devant nous, avec nous, se consolide au nom de la liberté et de la modernité un carcan idéologique où chacun, mis dès l'enfance en concurrence avec chacun, est inévitablement voué à une existence esseulée et clôturée. Depuis l'épouvante fondatrice - la Grande Guerre -, se joue, sous couvert d'apothéose de la liberté, une assez sinistre émancipation à rebours qui est aussi éclipse de la raison, et du souci de vérité. Cet essai est donc une critique aiguë et originale de la pensée libérale la plus contemporaine. . . Michel BLAY, Directeur de recherche au CNRS, a publié L'Homme sans repos ( 2002) et La Science trahie (2002) chez Armand Colin.
La diversité des couleurs, ce fait si présent dans la vie de tous, n'a pas manqué de susciter de nombreuses théories. Qualitatives d'abord, dès l'Antiquité ; quantitatives ensuite, avec la philosophie naturelle moderne. Ce livre raconte comment s'est opéré ce basculement : à partir du XVIIe siècle est apparue une conception nouvelle de la lumière et des couleurs, grâce à laquelle on a pu enfin mathématiser et expliquer tant de phénomènes, l'arc-en-ciel n'étant pas le moindre.
Résumé : Qu'est-ce donc que ce monde où l'homme semble sans repos, où les raisons d'être ne sont plus, à maints égards, que des raisons de vitesse ? Comment s'est-il substitué, jusqu'à l'effacer, à l'univers ancien où l'homme, assujetti aux règles divines et aux hiérarchies ontologiques, suivait son chemin sans imaginer prendre de vitesse le mouvement du monde ? Autrement dit, pourquoi et comment faire vite a-t-il pu devenir une fin en soi ? Devenus ce que nous sommes, nous imaginons volontiers que l'empire de la vitesse est sorti tout armé du seul progrès technologique, lui-même amené par le désir " naturel " d'échapper à la contrainte du temps subi ou perdu. Mais en réalité, le concept a précédé le rêve, la subtile raison scientifique a appelé cet aveuglant, exaltant et périlleux changement de monde, dont seul un retour sur le témoignage des artistes et des écrivains nous permet aujourd'hui de prendre la mesure. Le grand mérite de cet ouvrage est de montrer comment, s'agissant d'un trait majeur de notre civilisation, se sont articulés le scientifique et l'extra-scientifique. L'enquête, en soi passionnante, originale par la place qu'elle accorde à ce révélateur majeur qu'est l'évolution des conceptions esthétiques, contribue avec bonheur à nous placer dans la position épistémologique nécessaire pour affronter une autre tâche indispensable : appréhender le jeu contemporain de l'homme et du temps.
Ce Grand Dictionnaire de la philosophie contient plus de 1 100 entrées (notions, courants et doctrines) et 70 dissertations. Oeuvre commune de près de 200 auteurs, dont le travail a été guidé par un comité scientifique et dirigé par Michel Blay, il permet d'appréhender les origines, les développements et les prolongements présents de la réflexion philosophique. Il est rendu compte de la cristallisation progressive des notions fondamentales et des principaux concepts opératoires avec une attention scrupuleuse à l'histoire des idées, notamment aux liens de la philosophie et des sciences. Le jeu de va-et-vient ouvert entre les entrées et une abondante série de textes d'auteurs contribue à la richesse de l'ensemble et témoigne du dynamisme de l'interrogation philosophique en ce début du XXIe siècle. Ce dictionnaire a été conçu pour satisfaire les besoins et la curiosité des étudiants, enseignants et chercheurs, mais aussi du grand public cultivé, conscient que le désir de sens qui l'attire vers la philosophie doit être informé par un savoir constitué, une juste perception des jeux d'influence qui ont mené à la position actuelle des questions et une saisie exacte de la nature des débats et des enjeux. Avec, en fin de volume, des notices consacrées à la vie et l'oeuvre des soixante-deux plus grands philosophes de tous les temps.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.