Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Généalogies fabuleuses. Inventer et faire croire dans l'Europe moderne
Bizzocchi Roberto ; Los Santos Lucie de ; Fournier
ULM
28,40 €
Épuisé
EAN :9782728804351
Quels intérêts d'ordre pratique se cachent derrière les nombreuses histoires généalogiques publiées au début de l'âge moderne? Ces généalogies fabuleuses attribuent aux dynasties régnantes et aux familles nobles des origines tellement illustres et si éloignées dans le temps qu'elles en apparaissent ridicules et incroyables. Or, dans le cadre d'une histoire des origines des peuples et des pays, ces généalogies sont également diffusées dans des textes dont l'ambition est certes de légitimer et de célébrer, mais tout autant d'élaborer un discours historique, même s'il semble bien étranger à notre écriture de l'histoire. Ce livre étudie les présupposés intellectuels et la mise en oeuvre scientifique de l'historiographie généalogique. Il passe en revue un certain nombre de thèmes propres à la production de l'âge moderne; il en examine les origines dans l'Antiquité classique et chrétienne; il confronte cette production à la critique érudite et aux idéologies religieuses et politiques de l'époque. En tentant de comprendre la signification d'une historiographie différente de la nôtre - dans son déploiement logique comme dans sa matrice chronologique -, Roberto Bizzocchi nous suggère aussi de nous livrer à une autocritique prudente. Est-il certain, en effet, que notre propre quête de la vérité historique obéisse toujours à une rationalité à toute épreuve?
Comment l'incorporation des ancêtres, qu'elle soit matérielle ou symbolique, peut-elle participer de l'identité du "moi" sans envahir le corps et l'âme de l'individu qui les porte ? La question des origines travaille en profondeur le processus de construction identitaire que ce soit à l'échelle des individus ou à l'échelle collective. Le rapport à l'ancestralité, comme chaîne de relation entre le passé et le présent, peut alors s'articuler au paradigme généalogique qui imprègne de nombreuses sociétés, pas seulement les sociétés "premières" - même si c'est sur ce terrain que les anthropologues ont d'abord investi cette notion - mais aussi les sociétés occidentales. La pensée de ce lien a une histoire savante et génère des pratiques sociales, qui impliquent les conceptions historiques de l'hérédité, de ses représentations et de son rôle dans la construction de l'individu en société. Le point de départ de notre réflexion porte ici sur la nature des récits généalogiques en tant que configurations narratives de l'identité des acteurs sociaux, du Moyen Age à l'époque contemporaine. Cet ouvrage, ouvert à l'interdisciplinarité dans un souci diachronique de contextualisation du rapport aux ancêtres, cherche ainsi à comprendre comment l'ancrage de l'individu dans des existences passées peut être approprié par le sujet historique, à l'interface de l'économie psychique et de la vie sociale.
Il a existé, à la fin du XIXe siècle, une autre voie que la colonisation brutale mise en oeuvre par les grandes puissances européennes. Celle du dialogue et de l'échange. Pierre Savorgnan de Brazza, explorateur français d'origine italienne, l'a empruntée en tissant lors de ses expéditions des liens de confiance et d'amitié avec le peuple téké sur la rive droite du fleuve Congo. Plus de cent ans plus tard, le réalisateur Clemente Bicocchi, venu filmer le mausolée controversé érigé en mémoire de Brazza, "l'ancêtre blanc", découvre cette histoire exceptionnelle et se laisse embarquer dans un rocambolesque périple. Grâce à une bonne dose d'autodérision et de patience, il découvrira les bruits de la forêt, le goût des larves de palmier, les chants des griots et la fierté d'être devenu, le temps d'un séjour, "le Blanc du roi".
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.
Les seize textes réunis dans ce volume visent à aborder l'histoire des pouvoirs dans l'espace français au cours des deux derniers siècles du Moyen Age de façon à la fois variée et précise : historiographie, iconographie, lexicographie, approche quantitative des phénomènes, étude voire édition de textes didactiques et de documents d'ordre diplomatique ou administratif... Les différentes méthodes appliquées par les historiens récents du fait politique reçoivent ici application et illustration. Les exposés synthétiques voisinent à dessein avec les enquêtes menées autour d'une controverse ou d'une péripétie particulière. Figurent aussi bien les conceptions et les représentations des pouvoirs que les mécanismes qu'ils utilisent et les pratiques auxquelles ils ont recours. Sans doute le pouvoir des rois de France, sa nature, son exercice, occupent-ils la première place mais les réactions individuelles ou collectives de leurs sujets, leurs attentes et leurs craintes ont largement retenu l'attention, tandis que se trouve souligné le rôle déterminant des princes, qu'ils appartiennent ou non à la maison de France. Indissolublement liées, quelques questions majeures se posent à propos du royaume de France à la fin du Moyen Age : quels pouvoirs ses souverains étaient-ils en mesure d'exercer ? Quel type de gouvernement s'efforçaient-ils de promouvoir ? Quels contre-pouvoirs, quel autre modèle les princes pouvaient-ils ou souhaitaient-ils leur opposer ? A ces interrogations, des éléments de réponse sont fournis, à partir d'approches originales.