Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Correspondance. 1908-1938
Binswanger Ludwig ; Freud Sigmund
CALMANN-LEVY
31,35 €
Épuisé
EAN :9782702123744
Ludwig Binswanger (1881- 1966) est l'une des figures les plus attachantes de la psychiatrie et de la philosophie. Assistant de Bleuler, il passe sa thèse sous la direction de Jung et dirigera, comme son grand-père, son père, puis son fils, le sanatorium Bellevue de Kreuzlinger, auquel Freud adressait ses patients. Quand Ludwig Binswanger rend visite à Freud pour la première fois, en mars 1907, il a vingt-six ans, Freud cinquante et un. Cette rencontre, détendue et rapidement familière, donnera naissance à une correspondance de près de trente années, d'une intensité émotionnelle constante, quelle que soit la fréquence de leurs échanges. Freud accompagne le cheminement intellectuel du jeune Binswanger avec un intérêt tout paternel, une tolérance pleine de respect, et parfois aussi un scepticisme et une critique aimable. Il apprécie l'érudition, le tact et la fidélité de Binswanger. Sans doute espérait-il que celui-ci introduise la psychanalyse à l'Université et dans la psychiatrie traditionnelle. Il sera déçu. Binswanger ne s'engagera jamais directement dans le mouvement psychanalytique. Peu à peu, il s'ouvre à la philosophie de Husserl, Dilthey et Heidegger, et essaie de donner une base philosophique à la psychanalyse. Il crée une psychiatrie inspirée de la phénoménologie, la "Daseinanalyse". A la phénoménologie comme "science de l'esprit", Freud lui oppose la psychanalyse comme science des pulsions. L'enjeu est de taille, mais il n'est qu'un aspect de cette correspondance. Contrairement à la relation qui se terminera de manière si tragique entre Freud et Jung, l'amitié de Freud et Binswanger ne se démentira jamais. L'intimité de leurs échanges, leur proximité dans les événements tragiques, font de ce recueil un document bouleversant. A la différence de tant d'autres, vous n'avez pas permis que votre développement intellectuel, qui vous a soustrait de plus en plus à mon influence, détruise aussi nos relations personnelles, et vous ne pouvez pas savoir le bien qu'une telle finesse procure à l'âme, écrivait Freud à Binswanger le 11 janvier 1929.
Résumé : L'oeuvre du psychiatre Ludwig Binswanger (1881-1966) reste mal connue dans l'aire francophone. Elle illustre pourtant une rencontre entre la psychiatrie et la philosophie d'un intérêt exceptionnel. Créateur de "l'analyse existentielle", inspirée de Martin Heidegger, Binswanger met en oeuvre une approche phénoménologique de la folie qui s'attache à en saisir la signification de l'intérieur et à faire ressortir ce qu'elle éclaire de la condition humaine. Le Cas Ellen West est extrait du recueil intitulé Schizophrénie, paru en 1957, qui regroupe cinq études destinées à explorer chacune un aspect fondamental de l'expérience schizophrénique. Deux autres de ces études ont été traduites en français, Le Cas Suzanne Urban et Le Cas Lola Voss. Ce qui donne son relief fascinant au Cas Ellen West, c'est la capacité d'auto- observation et d'autodescription dont fait montre la jeune femme. Rarement aura-t-on pu entrer à ce point dans l'intimité de ce que Binswanger caractérise comme "l'évidement de la personnalité" du processus schizophrénique. Au-delà du savoir clinique, cette étude se lit comme un document qui fait entrer le lecteur au coeur de l'univers de la folie.
Résumé : "Le monde ainsi rétréci aux limites d'un "théâtre du délire" est un monde inquiétant et guignolesque, inquiétant par le fait même que les meneurs de jeu restent complètement dans les coulisses." LUDWIG BINSWANGER.
En 1918, Aby Warburg est frappé d'une crise de psychose aiguë : il croit être responsable de la défaite de l'Allemagne et menace sa famille avec un revolver. En 1921, il arrive à la clinique Bellevue où exerce Ludwig Binswanger. Il en sortira en 1924, guéri, après avoir prononcé, la célèbre conférence sur Le rituel du serpent devant les patients de la clinique. Pour la première fois sont réunis ici le dossier clinique rédigé par Binswanger, les lettres et les fragments autobiographiques de Warburg, la correspondance des deux hommes. Ces textes offrent un témoignage poignant de l'hospitalisation de Warburg dans cette étrange institution. Leur portée dépasse l'histoire, car ils permettent de poser une question fondamentale : qu'est-ce que guérir ?
Au coeur des paysages magiques de l'Emilie Romagne, un roman lumineux sur le réinvention de soi et le pouvoir malicieux de l'amour. Eddie, 35 ans, vit seule à Montmartre, dans un minuscule appartement où il lui faut grimper sur une chaise pour tenter d'admirer le dôme du Sacré Coeur Orpheline à seize ans, elle s'est construit une vie de détachement et d'invisibilité, pour tenir le malheur (et le bonheur) à distance. Un jour, un notaire au charmant profil d'aigle ébouriffé, lui annonce qu'elle est l'unique légataire d'un très vieil italien et l'héritière d'une ferme en ruines dans la région de Parme, en Emilie Romagne. Alors qu'elle n'y a jamais songé, Eddie ressent soudain l'envie de fuir Paris, sa vie monotone, de découvrir ses racines. Et coup de tête ou coup de poker pour séduire le charmant notaire, elle décide de s'envoler pour l'Italie. En partant à la découverte de ce mystérieux héritage et en plongeant dans cette merveilleuse région italienne, elle n'imagine pas combien le cours de son existence va se trouver chamboulé. Dans les paysages magiques de l'Emilie Romagne, un roman lumineux et réjouissant sur la réinvention d'une vie et la puissance de l'amour
Début du xxe siècle, dans le pays nantais. A l'ombre des arbres centenaires du parc du château de Malavielle, Cécile grandit entourée de femmes : sa grand-mère, qui tient les rênes du domaine, sa mère, une douce bourgeoise effacée, sa grande soeur, qui se destine à la vie monacale. Protégée, trop peut-être, la jeune fille a tout pour être heureuse, jusqu'au jour où elle se décide à poser des questions sur les hommes de la famille. De son père, on lui dit qu'il est mort dans un incendie à Paris, de son grand-père, qu'il était inconséquent et qu'il aurait disparu après avoir honteusement ruiné Malavielle. Mais Cécile ne trouve aucune photo, aucune trace tangible de leur existence. Quand elle s'entête, sa grand-mère l'expédie dans un internat accueillant la jeunesse dorée nantaise, où elle subit quotidiennement rebuffades et humiliations. Révoltée, Cécile fugue et débarque seule à Paris, bien décidée à éclaircir le mystère de ses origines. Avec sensibilité et réalisme, Eric Le Nabour brosse le portrait bouleversant d'une jeune femme forte et fragile aux prises avec sa famille pour conquérir son droit au bonheur.
Dissuasion, subversion, persuasion : quelles stratégies pour sauver la paix ? Raymond Aron propose ici l'une des analyses les plus pertinentes des rapports de force de la Guerre froide, et qui, au-delà de la chute du mur de Berlin, sont perpétués par la possession de l'arme nucléaire par quelques puissances militaires.Tout est là : si une seule bombe nucléaire dégage la même puissance que l'ensemble des bombardements sur l'Allemagne nazie en 1944, "le changement quantitatif entraîne une évolution qualitative". La guerre n'a plus le même aspect : l'analyse théorique montre des puissances qui définissent leurs tactiques politiques dans la sécurité précaire des rapports de force ; les conflits s'inscrivent dans un monde fini, où ceux qui ne peuvent dissuader doivent s'abriter derrière un "grand frère".Pour lecteurs motivés, cette géopolitique de la guerre est une réflexion sur le devenir de l'humanité dans des États souverains qui se définissent avant tout par un jeu de rapports de force. --Mattieu Reno