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Maurice Blanchot. Partenaire invisible
Bident Christophe
CHAMP VALLON
19,00 €
Épuisé
EAN :9782876734968
Disons-le simplement: Maurice Blanchot, né en 1907, est l'un des plus grands, l'un des plus rares écrivains du vingtième siècle. Affirmation que ce siècle s'est trop souvent employé à traduire en légende - ou en procès. Selon l'inévidence de mythologies tenaces, Blanchot aurait été le grand absent, le fantôme invisible, l'auteur illisible d'une ?uvre tout abstraite, un homme littérairement terrifiant, politiquement impur. Nul mieux que lui, pourtant, n'aura interrogé ce qu'il en est de la présence, de la visibilité, de la lisibilité, de la vitalité, de la culpabilité et de la possibilité de l'écrivain. Par ce travail, par ce combat, Blanchot aura fasciné et exalté les plus grands créateurs contemporains de formes et de pensées (de formes de pensées), à commencer par ses deux amis les plus intimes, Emmanuel Levinas et Georges Bataille. A son tour il reviendra à cet essai d'interroger la présence, la visibilité, la lisibilité, la vitalité, la culpabilité et la possibilité du biographique, dans une vie et dans une ?uvre, dans une vie faite ?uvre, une vie soutenue des affrontements les plus extrêmes avec la mort. Cette vie à l'?uvre s'adresse d'abord à notre savoir: que pouvons-nous en penser ensemble - et jusqu'où? Elle s'adresse ensuite à notre responsabilité: quelle forme d'attention et de discrétion requiert-elle, quelle sensibilité infinie à la limite du témoignage impossible impose-t-elle? Ecrire ce mouvement incessant de l'écriture à la vie, de la vie à l'écriture, à la place du tiers, dans l'attention toujours portée au nom de l'autre, suivant ici le mouvement qui, par la littérature et dans l'amitié de Robert Antelme, fait advenir la responsabilité à elle-même, la soumet à une reconnaissance illimitée tel est au moins, de cette biographie, l'essai.
Résumé : " Reconnaître ? Prédication flottante, évasive. Elle décide pourtant des destins singuliers (on reconnaît un enfant, un mort), des destins collectifs (on reconnaît un Etat, une langue, un peuple), des rapports éthiques (on reconnaît une erreur), des événements métaphysiques (on reconnaît un dieu, une vérité). Quel est précisément ce " on " de la reconnaissance, ce sujet indéfini qui semble préexister à la relation comme au sujet qui l'accomplit et à l'objet qui la reçoit ? Quel mystère entoure l'acte de reconnaître, et pourquoi la question se pose-t-elle, de nos jours plus que jamais ? Comment un besoin minimal de reconnaissance peut-il venir à s'exercer ? Quel mouvement secret emporte l'art et la littérature pour donner un autre retentissement à ces questions ? " Dans son parcours du mouvement infini de la reconnaissance, ce livre rencontre les ?uvres de Maurice Blanchot, Robert Antelme et Gilles Deleuze. Blanchot, parce qu'il explore notre désir de reconnaissance toujours déçu, jamais atteint, à l'?uvre dans toute littérature ; Antelme, parce que l'expérience des camps l'a rendu un jour non reconnaissable aux yeux des plus proches et qu'il en a fait la matière du texte le plus célèbre sur le sujet " l'espèce humaine " ; Deleuze enfin, parce qu'il a. exploré la voie joyeuse, insaisissable, de toute ?uvre de reconnaissance dans la pensée humaine. Ces trois auteurs n'avaient jamais, à ce jour, encore été associés dans un même texte critique.
Résumé : Bernard-Marie Koltès (1948-1989) a laissé l?image d?un homme souriant, éternellement jeune, à l?énergie romantique et au destin tragique. Il a multiplié les rencontres et les voyages, s?est intéressé tant au roman, au cinéma et à la peinture qu?au théâtre. Dans les années 80, son compagnonnage avec Patrice Chéreau, tout récemment disparu, a forgé sa reconnaissance internationale. Il aimait les acteurs et a obtenu de Jacqueline Maillan comme d?Isaach de Bankolé, d?Yves Ferry comme de Maria Casarès, qu?ils interprètent ses pièces. Pourtant, son sens de l?amour, homosexuel ou amical, ne s?est jamais départi d?un sentiment de profonde solitude. Au programme, cette année (2014), des concours d?entrée aux Écoles Normales Supérieures d?Ulm et de Lyon, Dans la solitude des champs de coton met aux prises un dealer et un client dans de longs monologues croisés, qui se coupent et s?accélèrent à mesure qu?ils s?approchent d?un dénouement sans résolution. Ce numéro s?engouffre dans les méandres d?une pièce sur laquelle Patrice Chéreau sera revenu trois fois, livrant en autant de mises en scène des interprétations toujours plus profondes et séduisantes.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.