Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Bernard-Marie Koltès, Généalogies
Bident Christophe
PUBLIE NET
19,40 €
Épuisé
EAN :9782371775275
Visage rimbaldien, destin romantique, culture sur les marges, écriture de l'affrontement : tout a prêté, en un temps "fin de siècle" de réaction, de démenti et de disparition, à cette édification soudaine d'un mythe dont un homme et une oeuvre, surtout, éprouvent d'infinies difficultés à se démettre. Brutalement, sous les diverses formes de l'indexation au répertoire, de l'héritage, du recyclage, l'oeuvre fut récupérée au nom édulcoré de sa révolte même. Curieusement, alors qu'il est ainsi adulé par le public théâtral, les comédiens et les metteurs en scène, les étudiants, les jeunes, en France et encore davantage à l'étranger, l'auteur reste plutôt ignoré du milieu proprement littéraire. L'étonnante étanchéité contemporaine de la pensée et de la scène n'explique pas tout. De ce clivage entre le mythe et l'ignorance, il importe de finir rapidement. Contrer la rareté du livre critique et l'abondance spectaculaire des revues (leur côté parade), désenclaver l'oeuvre de Koltès d'une analyse presque exclusivement dramaturgique (ou d'une approche outrancièrement testimoniale), en élargir le champ référentiel, en faire valoir la tension poétique et la portée philosophique, permettre ainsi une ouverture de la lecture, toujours propice à la diversification des créations scéniques, telle est donc l'ambition avouée de cet essai.
Depuis plusieurs siècles, les grands débats de société ont eu pour pivot la relation entre marché et organisation. Marx aborde le capitalisme en termes de structure, comme l'instrumentalisation de la rationalité marchande par la marchandisation de la force de travail. Mais c'est en termes de tendance historique qu'il en vient à l'organisation, à partir du développement de la grande entreprise. Il la décrypte comme une autre sorte de rationalité, qui finira par échapper aux capitalistes et fournira, après l'abolition de la propriété privée et du marché, le tissu même du socialisme. Mais la théorie de Marx comporte deux insuffisances. D'abord, sur l'analyse du pouvoir. La lutte de classe est une lutte entre trois pôles et non pas deux : la classe populaire, la classe dirigeante et la classe capitaliste. Ensuite, sur celle du territoire. Comprendre les "régimes d'hégémonie", c'est comprendre comment le jeu de luttes et d'alliances entre ces trois pôles s'articule avec le système-monde. La théorie proposée ici fait tenir ensemble des concepts venus notamment de Marx, Gramsci, Foucault et des recherches sur la globalisation. Elle tente de formuler une théorie de la société et de l'histoire modernes visant à identifier la nature du néolibéralisme et son impact sur les conditions d'existence, les pratiques et les perspectives des êtres humains d'aujourd'hui.
Résumé : Bernard-Marie Koltès (1948-1989) a laissé l?image d?un homme souriant, éternellement jeune, à l?énergie romantique et au destin tragique. Il a multiplié les rencontres et les voyages, s?est intéressé tant au roman, au cinéma et à la peinture qu?au théâtre. Dans les années 80, son compagnonnage avec Patrice Chéreau, tout récemment disparu, a forgé sa reconnaissance internationale. Il aimait les acteurs et a obtenu de Jacqueline Maillan comme d?Isaach de Bankolé, d?Yves Ferry comme de Maria Casarès, qu?ils interprètent ses pièces. Pourtant, son sens de l?amour, homosexuel ou amical, ne s?est jamais départi d?un sentiment de profonde solitude. Au programme, cette année (2014), des concours d?entrée aux Écoles Normales Supérieures d?Ulm et de Lyon, Dans la solitude des champs de coton met aux prises un dealer et un client dans de longs monologues croisés, qui se coupent et s?accélèrent à mesure qu?ils s?approchent d?un dénouement sans résolution. Ce numéro s?engouffre dans les méandres d?une pièce sur laquelle Patrice Chéreau sera revenu trois fois, livrant en autant de mises en scène des interprétations toujours plus profondes et séduisantes.
Roland Barthes ne s'est pas d'abord intéressé à la question de la théâtralité. Il n'en est pas non plus devenu à proprement parler un théoricien. Mais il a poussé la réflexion au-delà des catégories, des champs et des objets attendus. Il s'est d'abord intéressé au théâtre. Au théâtre joué, organisé, monté et au théâtre des signes que se donne une pratique pour exister, se transformer et se faire reconnaître. L'analyse des pratiques a commencé avec la littérature; elle s'est poursuivie avec le théâtre et la mythologie. C'est dire que Barthes ne pouvait interroger du théâtre que le théâtre, un redoublement qu'il lui est arrivé de nommer la théâtralité. C'est dire aussi que cette théâtralité se trouve partout. Se trouve-t-elle partout identique à elle-même? Autrement dit, la théâtralité est-elle indifférente au support qu'elle modalise? Peut-on en donner une définition exclusive? Quel est l'enjeu, quelle est la fonction, quelle est la valeur de son application obstinément hétérogène? Quel concept déterminé du théâtre présuppose-t-elle? Quel apport à la réflexion esthétique fournit-elle?
Fenêtres sur le monde, de Raymond Bozier, est d'abord paru chez Fayard en 2004. Depuis, ce livre est devenu un classique pour les animateurs d'ateliers d'écriture. L'immense force de ce livre, c'est son grand écart : d'un côté, après le11 septembre2001 et l'attentat du World Trade Center, notre rapport à la ville bascule. C'est la nappe sous-jacente, qui unifie les37 fenêtres de Bozier. Parce qu'elles sont listées, dans la table des matières qui ouvre le livre. Ce sont celles que nous portons chacun : ce qu'on voit de la cuisine, ce qu'on voit de la salle où on enseigne, ce qu'on voit de cette chambre de hasard, ou de cette salle de réunion au ministère le jour que. Mais le pare-brise de la voiture, sur le trajet du matin, est aussi une fenêtre. Et les photos sur le mur, au-dessus de la table de travail. Et l'espace urbain, il nous donne quoi à voir : vitrine d'une cafétéria de supermarché, ça ne nous choque pas dans un film, et on ne saurait s'en saisir en littérature ? A sept ans de la parution initiale, Raymond Bozier complète, augmente, révise. Le texte que nous présentons ici est inédit en partie, édition neuve. Nous mûrissons chacun dans l'intérieur de chantiers qui deviennent des chantiers-vie. Alors la version numérique devient l'expression de ce chantier. Un livre essentiel pour les chantiers-ville d'aujourd'hui. A vous, pour le prolonger, de faire l'inventaire de vos propres37 fenêtres ?
Nous restions tous massés à distance du cercueil de verre, silencieux, guettant les pulsations sourdes de ce gros coeur invisible qui se dilatait jusqu'à emplir tout l'espace, comme un énorme muscle prêt à faire éclater les vitres. Dans le monde tourmenté de l'art contemporain, l'homme en vue s'appelle Joseph B. Schneeball. Ses productions controversées divisent autant qu'elles fascinent : détournements de tableaux célèbres en farces pornographiques, culte de la domination, femmes exposées dans des installations spectaculaires, tout y passe. Sous le vernis des oeuvres, la mort est partout. Mais lui, où est-il ? Et qui ? Au fil d'une enquête minutieuse et documentée, une étudiante qui prépare sa thèse sur ce "Faune" inquiétant s'apprête à lever tous les interdits. Se révèle alors un roman d'une grande sensibilité sur la création de l'abjection doublé d'un dédale parmi les oeuvres les plus troublantes qu'a pu produire l'art conceptuel ces dernières années. Réécriture du célèbre conte comme récit d'aujourd'hui, Le Faune Barbe-bleue est la clé d'une énigme et d'une danse avec la mort que ne cesse de mener depuis des siècles toute notre histoire de l'art.
Résumé : Qui est Robin Sonntag ? Informaticien au sein d'une société secrète, il oeuvre à sauvegarder les savoirs de l'humanité via un réseau d'algorithmes répartis sur des millions d'ordinateurs et d'appareils domestiques. Qui est Alice Barlow ? Celle que Robin ne parvient pas à oublier, et qu'il ne veut pas souiller de sa virilité toxique. Ne pouvant couper aucun pont avec elle dans ce monde hyperconnecté, une idée lui est venue : celle de détruire Internet pour ne plus avoir de lien, même potentiel, avec elle... Dans ce roman d'un nouveau genre, capable à la fois de faire chanter les protocoles régissant les réseaux immatériels et suivre le cheminement des données giclant de câble en câble, Joachim Séné réalise dans l'écosystème littéraire ce que tout un chacun expérimente en ligne : il fait oeuvre de navigation. Dystopie au présent, L'homme heureux synthétise le meilleur et le pire du web encapsulés sous la forme d'un roman à flux tendu qui "écrit les âges sombre du futur avec des bâtons de bergers étrusques".
Aucune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays de l'utopie n'y figure pas. - Oscar Wilde 1830, 1848, 1871, 1905, 1917... les révolutions et révoltes populaires se sont succédées pendant un siècle. Portés par une volonté de conquêtes sociales, d'une transformation profonde de la société et par l'espoir de voir leurs idées triompher, des auteurs engagés dans différents courants progressistes ont imaginé l'avenir des révolutions qu'ils vivaient ou qu'ils souhaitaient : à partir de théories ils projettent les lecteurs dans une ère nouvelle, un âge d'or à venir. Les sept textes réunis dans Demain, les Révolutions ! témoignent de la diversité des points de vue, des courants et des moyens de réaliser la révolution annoncée. Ces disciples de Saint-Simon et de Charles Fourier, socialistes et anarchistes, communards et anarcho-syndicalistes rêvent de voir le monde changer de base. Dans ces utopies et anticipations révolutionnaires, une nouvelle société se dessine : plus juste, plus fraternelle, plus égalitaire. Si ces espérances ne se sont pas toutes réalisées, elles contiennent des buts à atteindre qui sont toujours d'actualité, elles portent en germe l'émancipation du genre humain et le désir d'un avenir radieux. L'utopie n'est pas une illusion, elle est un idéal ; elle n'est pas une chimère, elle est un projet. Si, comme l'écrivait Victor Hugo, "l'utopie est la vérité de demain" , hier comme aujourd'hui, avec tous les Jean Misère, continuons de bâtir des cités idéales, de chanter le temps des cerises et, demain, le soleil brillera toujours ! Présentation de Philippe Ethuin.