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L'homme qui marche
Bichet Yves
MERCURE DE FRAN
16,50 €
Épuisé
EAN :9782715234635
Extrait Je suis un marcheur. J'arpente des sentiers lumineux et ventés, la lisière de nations très anciennes. Je parcours jour après jour le même chemin, sillonnant les pays d'altitude, suivant pas à pas mon bout de frontière Italie-France, au mètre près. J'en connais chaque vallon, chaque torrent, chaque alpage. Je longe cette limite d'un seul côté, jalonnant sans cesse les mêmes crêtes, franchissant les mêmes cols, passant d'un horizon à l'autre : mont Cenis au nord, mont Viso au sud, mont Thabor au centre. Des sommets, des vallées, des alignements de cimes à contourner, des arêtes à franchir... J'en explore les pentes et les parois, les lacs, les arbres et les cailloux, les tournants, les mamelons. C'est comme une peau. J'ai l'impression de suivre une ancienne séparation douce et affaiblie... Je frôle, je foule, je déroule ma vie entière sur ce bout de frontière inusable. Je suis le marcheur d'un seul chemin... Robert Coublevie, ancien pion au lycée agricole d'Embrun (Hautes-Alpes), chemineau par passion et par mélancolie, pauvre par obligation, endurant par devoir, cocu par négligence, arpenteur et fuyard. Il bruine. Cela fait une semaine que le temps est couvert, qu'il pleuviote par intermittence. Malgré tout j'avance sur la Ligne. Je marche entre les bancs de brume sans penser à rien, en suivant ma limite, en lui rendant hommage en quelque sorte. Ce sentier ne délimite plus grand-chose depuis que l'Europe a supprimé les frontières. Je l'arpente au mètre près. Je ne le franchis jamais. Ma femme m'a quitté il y a cinq ans. Depuis, je me contente de suivre un bout de chemin que l'Europe a aboli. L'Europe a supprimé aussi les idéaux, les rêves, les utopies... Reste le fric, auquel plus personne ne croit chez nous, les marcheurs, les petits soldats du quotidien... Il y a belle lurette que les chemineaux ne s'intéressent plus aux cahots financiers de ce monde. A l'amour ou l'amitié parfois, quand on croise quelqu'un, qu'on partage un casse-croûte, qu'on aide à porter un sac ou un souvenir... Le plus souvent, il ne se passe rien. On troque trois mots contre un itinéraire, des paroles rares, précieuses, qui restent mais qui ne pèsent jamais. Je parcours mon sentier immergé dans la beauté omniprésente. Toute cette beauté, Elia et moi, on la boit des yeux... On la scrute, on la célèbre. On avance entre deux pays que plus rien ne sépare sinon de vieilles bornes en pierre, des blockhaus, des casemates à demi enterrées et puis ce sentier paisible, gorgé d'eau ces temps-ci, qui serpente d'un nuage à l'autre. Elia, c'est ma petite chienne, une sang-mêlé, bâtarde de bouvier et d'épagneul breton. Pauvre Elia... Ses oreilles raclent le sol, impossible de les remonter, elles attrapent tout ce qui traîne, la boue, les chardons, les tiques. Parfois, pour lui faciliter la vie, je les rassemble et fais un noeud avec. Ça ne la gêne pas, mon Elia, de se balader avec ce noeud de peau au sommet du crâne, deux gants de toilette repliés l'un sur l'autre, un vrai oeuf de Pâques. Elle trottine ardemment derrière moi. Elle connaît tous les baisers humains.
Mai 1968. La révolte gronde partout en France. Notamment à Lyon où se tient une grande manifestation qui va mal tourner. Au moment où le cortège des étudiants tente de rejoindre celui des ouvriers en grève, un camion fonce sur les forces de l'ordre et percute le commissaire Lacroix, qui mourra à l'hôpital. C'est le premier mort de mai 68. Pour Mila et Théo, venus manifester ce jour-là, c'est le début d'une autre histoire... "Ils voulaient en finir avec la prudence, réinventer une forme de grâce qui mettrait le vieux monde à genoux. Ils croyaient au miracle des peaux. Ils étaient amoureux et tapageurs. Seul importait le tumulte des vies nouvelles se profilant après les bourrasques de mai. Ballottés entre désir de liberté et nostalgie du chaos, ils crurent un instant au mirage de la radicalité". Yves Bichet.
Premier volet d'un triptyque consacré au mystérieux personnage que fut la papesse Jeanne : la destinée hors du commun d'un jeune androgyne qui accéda au trône de saint Pierre à la fin du premier millénaire. Une grande épopée amoureuse à une époque où la conquête du pouvoir politique se confond avec l'hégémonie religieuse, entre procès en sorcellerie, épidémies de peste, massacres d'innocents et évangélisations forcées... Un grand roman théologico-amoureux mêlant odeurs de soufre et d'encens. Du même auteur : La Part animale ; Le Nocher ; Les Terres froides.
Rome. IXème siècle. Jeanne - Jean de Rhénanie - a vieilli. Elle est devenue la personne de confiance du pape Serge II. Tout ou presque repose sur ses épaules tandis que la guerre se prépare entre musulmans et chrétiens d'Occident. Elle veille aussi sur les enfants convoqués régulièrement pour partager la couche de Serge II, adipeux et malade, et qui cherche quelque réconfort auprès d'eux. Ces enfants, dans un rituel émouvant et troublant, décoreront minutieusement et avec innocence le corps du vieillard avec une profusion de fleurs, pour mieux se libérer du mal qu'il leur a fait. Ces mêmes enfants qui, plus tard, devenus les nouveaux maîtres de Rome, protégeront à leur tour Jeanne. L'Eglise compte sur l'appui des armées de l'empereur Lothaire commandées par Odon, l'ancien judex de Rhénanie, qui sait que le conseiller du pape est une femme... Odon assoiffé de vengeance, qui mutile la compagne d'Attale le Turc, Lenka, "figure de guerre mutique à la proue des navires barbares". Après le pillage des sanctuaires chrétiens et la mort de Serge, Léon IV, le nouveau pontife, fait reconstruire les murailles de Rome. Mais la Ville Eternelle va subir un nouveau désastre et être inondée. Jeanne, reconduite dans ses fonctions sous Léon IV, continue à vivre secrètement son amour avec dom André dont la fin du bannissement est annoncée, et désire un enfant de lui. Leurs ennemis guettent le moment de les débusquer. Qui sauvera Rome ? Qui sauvera Jean de Rhénanie, devenu pour quelques mois Jean VIII, épuisé par la barbarie des hommes davantage que par le poids de l'enfant qu'elle porte ?
Résumé : " J'ai vendu des violettes séchées avec mon frère Bernard, j'ai chassé les vipères, j'ai connu les jupons puants de l'institutrice, exploré le reposoir de Sainte Apollonie. J'ai sabordé la fête des Rogations et relancé la chasse aux salamandres avec les copains arabes. J'ai en un premier amour à vous dégoûter du coup de foudre. La foudre, la vraie avait déjà éclaté. Celle qui sabre les épaules aimées, marque les seins neufs et prometteurs, volatilise les colliers de naissance. J'ai aussi connu un garçon qui parlait aux animaux. Mais lui est parti... " Yves Bichet, l'auteur de La Part animale et du Nocher, évoque ici une bouleversante initiation à l'amour.
Johnston Reginald F. ; Thimonier Christian ; Peyre
C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier auprès de l'Empereur : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston décrit également le mariage de l'Empereur, et d'autres scènes privées auxquelles il lui fut donné d'assister ou de participer. Il nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient jounaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.
Résumé : Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible. Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l'imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s'inquiète, s'agace, glisse de l'incertitude à l'obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d'une histoire d'amour ou bien une illusion qui se brise ? Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d'aimer et signe aussi un roman d'amour intemporel sur l'éveil du désir, l'attente, le doute, le ravissement.
Nos manuels d'histoire ne nous en citaient qu'une réplique, de loin en loin. On brûlait alors d'en savoir davantage, d'entendre toute la séance, d'y être. Nous y sommes : voici les procès-verbaux authentiques, officiels et intégraux des grandes audiences du Tribunal révolutionnaire. Documents inestimables, ils restituent toute une époque, dans son tragique presque quotidien, dans ses peurs et ses faiblesses, dans sa grandeur aussi. Ils redonnent également vie aux hommes et aux femmes de premier plan de ce temps : Robespierre et Danton, les Girondins et Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday et d'autres encore. Rien de plus pathétique ici que la froideur sèche du compte rendu : elle nous installe, si l'on peut dire, en direct avec les accusés, comme à la lecture du reportage d'un envoyé spécial sous la Terreur.
Socialiste convaincu, John Reed (1887-1920) débarqua à Petrograd à l'automne 1917 pour rendre compte des bouleversements politiques de la Russie post-impériale. Parce que sa qualité de correspondant américain lui donna accès aux cercles les plus divers et qu'il joignit au sérieux de l'exposition des faits la volonté de donner un contour palpable à la foule des insurgés, il dressa un tableau incroyablement vivant des événements qui permirent aux bolcheviks de s'emparer du pouvoir. Publié pour la première fois en France en 1927, ce témoignage historique exceptionnel est également une grande leçon de journalisme.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.