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Seules les larmes seront comptées
Bianciotti Hector
FOLIO
10,50 €
Épuisé
EAN :9782070384273
Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Peron, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de sa mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
Résumé : Il y a longtemps, Borges me confiait que, d'un roman, il retenait trois scènes, trois passages, en tout et pour tout. Même à la relecture. Ce sont ces moments que j'ai essayé de fixer dans ce livre pour le réduire à l'essentiel, à la blessure des uns et des autres. A la question qui crie après tant d'expériences, et de voyages. Que faisait Dieu avant de créer le ciel et notre terre ? Le dieu qui se créa lui-même et prononça son nom dans un mur de silence, dans la lumière du soleil qui commence à rayonner, quand le rythme déjà devance la parole, et même les syllabes magiques ? Et l'amour ? L'amour qui ne compte pas les temps, qui n'a pas d'âge, qui va ici et là, et fait son travail de papillon... Mais la mémoire devient irréelle. Et si l'on avait confondu l'amour avec le désir - ou simplement aimé le désir ?
Résumé : "Les premières choses que ses yeux ont vues se confondent en une seule, incessante : la plaine qui s'étendait sans la moindre oscillation tout autour de la petite maison de son enfance..."Agencé comme un dictionnaire de secrets ce roman autobiographique est un texte initiatique aux accents borgésiens. Il est aussi un regard du prisonnier vers le soupirail. Et loin de dessécher la petite source, la lucidité qui caractérise l'oeuvre entière de Bianciotti économise ici les forces et dirige le jet vers les grandes eaux du romantisme. Ainsi nous est restitué l'éclat des monuments, des oeuvres de notre Europe grâce à l'intensité d'un regard neuf qui, en même temps, nous éclaire sur l'itinéraire de tant d'écrivains et d'artistes d'Amérique latine dont la France est devenue la patrie d'adoption, et parmi lesquels l'auteur a désormais sa place. Et l'on ne dit rien de l'art avec lequel les figures inclinées du passé d'un homme se redressent comme certaines fleurs, vers les soleils de la mémoire.
Curieuse destinée que celle de l'écrivain: chaque fois qu'il entame un livre, il rêve qu'il sera celui qui va le justifier. En relisant ce choix de chroniques publiées tout au long d'une trentaine d'années, je constate, dans l'oeuvre des écrivains que j'ai réunis, quelque chose de moi-même, très intime, qui s'est dissimulé dans un recoin de mes articles: les livres de ces auteurs sont désormais en moi, de sorte qu'ils se faufilent dans les miens, les enrichissant. Ce n'est pas, ici, une anthologie organisée, mais le contraire: le fruit de nombreuses lectures hétérogènes consacrées à quatre-vingt-sept auteurs, parmi lesquels Walter Benjamin, Jorge Luis Borges, Friedrich Hölderlin, Stig Dagerman, Carlo Emilio Gadda, Joseph Conrad, Vladimir Nabokov, Alberto Savinio, Clarice Lispector, André Pieyre de Mandiargues, Hugo von Hofmannsthal, Rudyard Kipling, Marcel Jouhandeau, halo Calvino, Léon Bloy, Pier Paolo Pasolini, Fernando Pessoa, Nathalie Sarraute, Paul Valéry, Octavio Paz, Rainer Maria Rilke, Oscar Wilde et Flannery O'Connor... Le hasard, le temps et l'érudition des lecteurs, les recherches des étudiants ajouteront à l'occasion leurs points de vue, leurs connaissances, leurs restrictions et, peut-être, un plaisir ravivé de lire et de repenser la littérature.
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n?en ai jamais eu de plus importante ». Il n?a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que GiacomoCasanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d?une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l?art de la séduction. Mais qu?était-il vraiment? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures? Pour aborder Casanova, il faut se garder d?appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui. Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d?une liberté nouvelle, praticien volontaire d?unephilosophie joyeuse et hédoniste.
Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. Surpris d'avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l'artiste accepte néanmoins après avoir entrevu la fille de Jean Le Viste dont il s'éprend. La passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. En élucidant le mystère d'un chef-d'oeuvre magique, Tracy Chevalier ressuscite un univers de passion et de désirs dans une France où le Moyen Age s'apprête à épouser la Renaissance. Tracy Chevalier est américaine et vit à Londres depuis 1984 avec son mari et son fils. Son roman La jeune fille à la perle a rencontré un succès international.
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"