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La Sibylle
Bessa-Luis Agustina ; Debecker-Bardin Françoise
GALLIMARD
19,35 €
Épuisé
EAN :9782070253920
Au nord-ouest du Portugal, dans ce domaine de la Vessada qui, depuis deux siècles, appartient à la même famille d'agriculteurs, les Teixeira, ce sont les femmes qui, devant l'indolence et les rêves d'évasion que nourrissent les hommes, assurent le lourd héritage des travaux de la terre. C'est vrai en particulier vers la fin du XIXe siècle, lorsque la propriété à l'abandon doit être prise en charge par Joaquina Augusta, Quina, une adolescente frêle et inculte de surcroît, mais qui participe aux plus rudes tâches de la campagne aux côtés des ouvriers. Tandis que sa soeur et ses frères se préparent à échapper au milieu rural. La lucidité de Quina, qui est rusée et chicaneuse, et son sens de la repartie lui valent ce surnom de sibylle sous lequel elle ne tarde pas à être reconnue et admise dans la bonne société, où l'on admire cette paysanne qui joue à merveille les conseillères, prodiguant des sentences de visionnaire sur un ton badin et sachant, à l'occasion, prier avec des mots où résonne comme une antique sagesse. Restée célibataire, endurcie par la lutte, haïe et admirée par les membres de sa famille, une passion étrange l'unit sur le tard à un enfant qui grandira sous son aile, une sorte de simple d'esprit au visage d'ange, attaché à sa protectrice comme un chien à sa maîtresse.
Résumé : Les dialogues éblouissants du film de Manoel de Oliveira, Party, sont écrits par la grande romancière portugaise Agustina Bessa-Luís. LEONOR : Je ne sais pas ce que vous m'avez fait l'après-midi de la garden-party. Je ne vous aime pas mais, parce que vous m'aimez je suis à votre merci... IRENE : Vous allez voir ce qui vous attend. Ce monsieur, à côté de vous, c'est un vicieux. Votre mari est un raté. Ce monsieur à côté de vous, c'est un escroc. Votre mari n'est que riche. Ce monsieur à côté de vous, est un vaniteux, il dit qu'il vous aime. Votre mari vous aime et ça lui donne de la chance auprès de toutes les femmes. Un homme qui a cette chance met tout le monde d'accord.
Il avait épousé Maria Pascoal dans le but de cultiver ce qu'il y a de plus pénible dans une alliance. L'amour qui les réunissait était à la limite, presque, de l'indifférence, et cela le rendait plus fort que toutes les passions embellies de brillants prétextes, comme la beauté, la richesse et le talent. Et pourtant, c'était cette femme qui avait écrit le livre fameux que Léon avait dû revêtir comme un gant. C'est elle qui l'avait appelé Un chien qui rêve, et rien ne lui convenait mieux. Sauf dans les rares moments où il semblait bondir et gémir de joie, il restait immobile, mi-éveillé, mi-somnolent, poussant de temps en temps de petits grognements, comme s'il poursuivait une proie trop rapide et difficile". Un chien qui rêve ou le manuscrit volé... Léon Geta excelle dans l'indolence et l'égocentrisme. Léon ne prête guère attention aux goûts de sa femme, Maria, pour la vitesse et la solitude. Elle meurt en laissant un manuscrit qu'il s'approprie et avec lequel il connaît un succès inattendu. A la mort de Maria, l'indifférence qu'il lui portait se change en fascination car "l'amour livre ses batailles dans la mémoire et non dans les faits présents". Récit prétexte à un tableau de l'âme humaine, ce texte est fulgurant de justesse. Agustina Bessa-Luis dessine la complexité des rapports amoureux et avec sa lucidité habituelle, elle met à jour, grâce à son écriture lumineuse, la course de chacun après la vérité.
La famille Nabasco, de grands bourgeois portugais, prétend posséder depuis des générations un exemplaire - bien que non signé - de La Ronde de Nuit de Rembrandt.Ce tableau présente des ambiguïtés (comme celui d'Amsterdam) qui permettent à Martinho Nabasco, le dernier descendant et protagoniste du roman, de faire des parallèles avec sa vie et celle de ses ancêtres. La Ronde est la scène sur laquelle il projette ses non-amours (ou ses désamours), ses aventures (si on peut appeler ça comme ça), ses peurs, jusqu'à se fondre dans le tableau (une sorte de folie).Ainsi la Ronde (le vrai tableau ou sa copie, mais exacte) devient source d'interrogations du type : que fait là Saskia (la femme de Rembrandt) ? Est-ce un ange ou vient-elle d'un autre monde? Et une fois réinterprétées à la lumière du regard de l'autre et de celui - non dit, mais toujours présent - de l'auteur, ces interrogations deviennent des états de roman à travers les ébauches de réponse que Martinho apporte à force de regarder le tableau et de l'associer à sa vie. On retrouve aussi, évidemment, le capitaine Cocq, qui, dans le tableau, s'en va peut-être à la guerre. Il est l'occasion d'interrogations sur l'autorité, la loi (qu'Agustina Bessa-Luís trouve toujours dictatoriale), sur la vie publique et la vie intime.L'ouvre que les Nabasco possèdent finit par être détruite par une femme jalouse, par des aléas de la vraie vie donc, et Martinho meurt d'avoir perdu la source de sur-vie qui éclairait son être.Et le roman est un rapport entre ce que Rembrandt a peint, et qui dépasse la commande du tableau, et ce que Martinho déchiffre et qui finalement le dépasse lui-même.C'est en observant minutieusement le tableau, en le rêvant aussi, qu'Agustina Bessa-Luís crée un roman, qui, lui aussi, dépasse le rapport avec le tableau.Agustina Bessa-Luís est née dans la région du Douro en 1922. elle a à son actif plus de 70 romans, ainsi que des pièces de théâtre, des chroniques, des nouvelles. Son dialogue avec le grand cinéaste Manoel de Oliveira est à l'origine de plusieurs films, soit inspirés de ses romans soit de scénarios originaux. Elle est l'auteur, entre autres, du Principe de l'incertitude, de L'Ame des riches et de La Sibylle.
Alfreda a tout : elle est belle et élégante, elle a reçu une éducation raffinée, elle est riche et intelligente. Elle s'interroge sur les principes qui depuis de longs siècles régissent l'Occident. Alfreda est mue par une curiosité constante qui devient méditation sur le monde et ses mythes. Femme, principe de toutes choses, Alfreda cherche. Et elle trouve, en partie, avec des révélations sur la Vierge Marie, dont ellepense qu'en tant que femme riche, ayant reçu une éducation semblable à la sienne, elle devrait lui apparaître à elle et non à de petits bergers incultes incapables de poser les bonnes questions. Agustina Bessa-Luis, avec son immense connaissance des choses et sa curiosité personnelle, se lance avec audace dans une révision de la mythologie chrétienne, telle que les hommes l'ont forgée au fil des siècles, telle que notre histoire a bien voulu la construire. A travers le regard de l'héroïne sur un monde trivial, qui est finalement celui que nous avons à offrir, se cache le besoin de créer des dieux et de se rebeller contre eux. L'Ame des riches est la deuxième partie de la trilogie commencée avec Le Principe de l'incertitude. Principe de remise en cause des vérités soi-disant acquises mais dont l'analyse pertinente de l'auteur transcende de beaucoup les cadres géographiques et culturels et atteint pleinement nos réalités existentielles.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.