Fruit d'une collaboration entre historiens français, britanniques et américains, cet ouvrage établit des liens et des parallèles entre les histoires des mouvements conservateurs et offre un regard nouveau sur les origines de la "révolution conservatrice" des années 1980. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis les conservateurs font aujourd'hui l'objet d'analyses sans cesse renouvelées, au carrefour de l'histoire des idées, de l'histoire culturelle et des sciences sociales ; en France, a contrario, ils sont peu étudiés, en dépit du renouveau de l'histoire politique et des approches transnationales qui donnent de nouvelles manières de comprendre l'évolution des sociétés. Protéiforme et historiquement situé, le conservatisme du XXe siècle se décline au pluriel. L'analyse fine des rapports entre néolibéralisme, réaction et populisme à droite de l'échiquier politique proposée ici ambitionne d'éclairer tant les présupposés idéologiques que les réalisations concrètes qui caractérisent cette "révolution conservatrice".
Dans l'entre-deux-guerres, malgré sa domination politique et électorale écrasante, le parti conservateur britannique vit dans la hantise d'un échec électoral et la crainte d'une hégémonie intellectuelle, culturelle et artistique de la gauche, amplifiée par l'élargissement du suffrage universel. Ashridge Bonar Law Memorial College, fondé en 1929 en réponse au succès de la Fabian Society, a pour objectif de créer une pépinière d'intellectuels conservateurs capables de lutter à armes égales avec la gauche et d'enseigner les principes du conservatisme. Think tank avant la lettre, lieu de recherche et d'enseignement, centre de formation à la citoyenneté, Ashridge College va dès lors jouer un rôle essentiel dans la transformation de l'identité conservatrice ; il contribue notamment à donner forme et sens politiques à la notion de classe moyenne. Ce nouveau conservatisme, associé aux valeurs de la méritocratie, marque la fin de l'exclusivité du paternalisme aristocratique et fournit un contenu intellectuel à l'identité politique conservatrice, même si l'anti-intellectualisme est encore un trait revendiqué par de nombreux dirigeants du parti conservateur actuel. Ashridge College, devenu aujourd'hui l'une des premières écoles de management britanniques, témoigne de la faculté des dirigeants conservateurs à trouver des solutions adaptées aux nouvelles règles du jeu de la représentation politique ; à enregistrer et à accompagner les transformations profondes de la société tout en leur donnant une forme et un langage politiques qui se traduisent par une adhésion de masse.
Il n'y a de véritables histoires que celles qui ont été écrites par les hommes qui ont été assez sincères pour parler véritablement d'eux-mêmes. Cardinal de Retz, Mémoires, cité par Guy Debord, Panégyrique 1, 1989.
Résumé : Le cube magique ou flexicube est un gros cube composé de huit petits cubes qui s'articulent entre eux. Dans ce livre, tu trouveras deux flexicubes à détacher et à monter, sans colle ni ciseaux. Ensuite, à toi de les manipuler dans tous les sens pour faire apparaître de drôles de figures, imaginées par le studio Cheeri. Un jeu de construction et de manipulation pour un effet magique !
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.